Analyse des causes et consequences des grandes crises economiques

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La crise des subprimes (2008)

La crise financiere de 2008 trouve son origine aux Etats-Unis suite a la crise des <>. Cette derniere est une crise immobiliere qui tire son origine dans les innovations financieres mises en place par les Institutions financieres internationales (IFI) (Plihon, 2009). Apres les attentats du 11 septembre, la Reserve federale (FED) a decide de diminuer son taux directeur, donnant ainsi la possibilite aux banques commerciales de creer plus de monnaie. Des montants massifs de capitaux ont ete rapidement transferes vers le marche immobilier. Une situation qui entraine la hausse des prix de l’immobilier, engendre une situation de richesse et encourage la consommation.

Il est important de souligner la mauvaise repartition des revenus puisqu’hormis le secteur agricole, le salaire moyen augmente de moins de 1% entre 1973 et 2006 contrairement a la productivite qui enregistre des taux de croissance excedants 80% (Hein, 2011). La hausse de la consommation des menages entraine forcement celle de l’endettement.

Avec l’emission directe de titres, les entreprises peuvent se rendre facilement sur le marche financier, ce qui a incite les banquiers a creer beaucoup plus d’instruments financiers et diminuer du coup l’utilisation de leurs fonds propres. Avec la hausse des prix, les menages a faible revenu decident d’emprunter aupres des banques afin d’investir dans l’immobilier. Les credits etant de mauvaise qualite, arrives a un certain moment, ces menages se trouvent dans l’impossibilite de rembourser leurs prets, d’ou la crise.

Les consequences de cette derniere sont plutot catastrophiques. Sur le plan alimentaire, certaines puissances agricoles ont decide de limiter leurs exportations, ce qui a entraine des emeutes de faim… On a enregistre un ralentissement des activites economique, une situation inflationniste et une hausse du taux de chomage. Ce dernier s’etait chiffre a hauteur de 8,3% en 2012, soit un doublement comparativement a celui de 2008 (Plihon, 2009). Il faut souligner, contrairement aux pays developpes, un renforcement de l’economie des pays du BRICS. Nous avons assiste a une baisse de 2,7% et de 4,2% du PIB des USA et de l’Union europeenne respectivement en 2009 (Konvitz, 2020). On a estime a hauteur de 2 800 milliards de dollars etatsuniens les pertes au prix du marche des titres toxiques, ce qui a engendre la faillite de certaines banques et le dysfonctionnement du marche interbancaire.

Comme elements de solutions, les banques centrales ont finance le systeme bancaire a hauteur de 330 milliards de dollars (Cavallaro, 2021). Le Tresor etasunien a achete un total de 750 milliards d’actifs toxiques. Certains etats (Irlande, France et Allemagne) ont garanti tous les depots effectues par les menages. Une politique budgetaire expansive a ete mise en place afin de relancer la consommation et diminuer la recession. A titre d’exemple, un transfert de 168 milliards de dollars vers les menages etasuniens a ete realise et les entreprises francaises ont ete subventionnees a hauteur de 11 milliards d’euros.

Parallelement, un assouplissement des politiques monetaire caracterise surtout par une baisse des taux directeurs de certaines banques centrales est a souligner. Les taux directeurs de la Banque centrale europeenne (BCE) passent de 4,25 a 0,75% entre 2008 et 2013 respectivement. Des taux de 0% ont ete appliques par la FED en 2013.

Suite a cette crise, nous avons assiste a une remise en question du neoliberalisme et a la monte du neo-keynesianisme, caracterise surtout par une hausse des depenses publiques. Les altermondialistes soulignent la necessite d’avoir une forte intervention de l’Etat en vue de resoudre le probleme de la dependance vis-a-vis du marche international. Il s’est avere que la famine n’est plus une question de disponibilite, mais un probleme d’accessibilite, d’ou la remise en question de la mondialisation (Plihon, 2009). Il y a certes la monte de l’interventionnisme, le liberalisme etant tellement enracine qu’il reste le paradigme dominant.

La crise economique de 2020

A cause de la guerre commerciale entre les USA et la Chine, les previsions de croissance ont ete constamment revisees a la baisse depuis 2019. Parallelement, la chute des cours du petrole entraine par la guerre petrolier entre l’Arabie Saoudite et la Russie en 2020 contribue a l’aggravation de la situation, en impactant negativement le commerce et la croissance mondiale. Avec la crise sanitaire, la quasi-totalite des gouvernements ont impose un confinement, fragilisant ainsi le fonctionnement des entreprises. Suite aux previsions de mauvais resultats de ces dernieres, certains traders ont decide de vendre massivement leurs titres financiers ce qui a contribue a diminuer leurs cours.

Certains auteurs dont Konvitz (2020) stipulent que la mise en place de mauvaises politiques publiques suite a les crisse de 2008 doit etre consideree comme l’une des causes fondamentale de cette crise. Il semble que des pressions ont ete exercees sur certains Etats afin de limiter leurs depenses d’investissements et reduire leurs deficits. Ces dirigeants n’ont pas investi les montants necessaires au renouvellement des infrastructures sanitaires, limitant ainsi leurs capacites de reaction necessaires au controle de la crise sanitaire.

Cette crise engendrait une tension entre sante et travail puisque les menages etaient en difficulte de choisir entre <> ou <>. La reduction massive de la mobilite des personnes, des capitaux et des marchandises a contribue a un ralentissement du commerce mondial. Nous avons assiste a une baisse de 5,4% de la production industrielle des USA seulement en mars 2020 et 22 millions etasuniens ont perdus leurs emplois. Dans cette meme lignee, le PIB chinois a enregistre une contraction de 6,8% et certaines entreprises sont tombees en faillite (Cavallaro, 2021). Le tourisme, le transport aerien et l’industrie sportive sont frappes de plein fouet et, bien qu’il fut toujours positif, au debut de cette crise, le taux de croissance economique mondiale ne representait que 50% de son niveau de 2008.

La pousse vertigineuse du taux de chomage influence la hausse des depenses (allocations chomages) et la baisse de recettes des gouvernements. Certains Etats ont faits des transferts massifs vers les menages afin de soutenir la demande de consommation. Nous avons assiste a une hausse du protectionniste et des mesures sanitaires qui contraignent le libre-echange. Une fois de plus, cette crise vient de renforcer la position des neo-keynesianismes. Ce qui est plu interessant, c’est la mise en oeuvre de nouvelle forme de travail (teletravail). Ainsi, il devient important que les travailleurs maitrisent certains outils informatiques pouvant leur faciliter dans la realisation de leurs taches a domicile.

Conclusions

Notre objectif etait de presenter les causes et consequences de quatre grandes crises economiques qui ont secoue l’economie mondiale et entraine la remise en question de certains paradigmes. La totalite de ces crises trouvent leurs origines dans les inegalites de repartition des richesses. Contrairement aux revenus des capitalistes, les salaires ne suivent pas le rythme de croissance de l’economie et de la productivite du travail. Or, c’est le salaire des travailleurs qui est utilise pour acquerir les biens produits. Si la hausse du PIB n’est pas suivie par une augmentation de salaire, il y aura une crise de surproduction ; causee par une insuffisance de la demande.

Par ailleurs, les capitalistes investissent beaucoup dans le secteur financier dont le retour sur investissement est tres eleve. Et, la quasi-totalite des crises economiques trouve leurs origines dans l’affaiblissement et le desequilibre du systeme financier international.

Avant 1929, le liberalisme etait le paradigme dominant contrairement a l’apres-crise ou il a ete substitue par le keynesianisme. Ce dernier a ete remplace, a son tour, par le monetarisme (neoliberalisme) apres la crise des annees 70. Au cours des annees 1980, on a assiste a une nouvelle forme du keynesianisme, d’ou l’existence de deux paradigmes dominants de nos jours.

Documents Consultes

Cavallaro, N. (2021, 19 mars). Les grandes crises economiques : comment les Etats ont fait face aux grandes crises economiques et comment prevenir la prochaine ? (Memoire de master, Universite Grenoble Alpes). Gestion et management. https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03151170

Hein, E. (2011). Redistribution, desequilibre mondiaux et crise economique et financiere : plaidoyer pour un new deal keynesien. Journal international de recherche syndical, 3(1) 57-81

Konvitz, J. (2020, juillet). Changements de paradigme. Fondation pour l’innovation politique. https://www.fondapol.org/app/uploads/2020/10/etude-fondapol-josef-konvitz-changements-de-paradigme-2020-24-07.pdf

Plihon, D. (2009, 20 avril). Une crise globale et systemique vers un nouveau paradigme. https://www.aef.asso.fr/publications/rapport-moral-sur-l-argent-dans-le-monde/rapport-moral-2009/une-crise-globale-et-syst-eacute-mique-vers-un-nouveau-paradigme

Ernson AUGUSTIN, Economiste

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