Assassinat du president Moise : Les Etats-Unis cherchent a garder secrets les liens entre le FBI, la DEA et des suspects

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La justice americaine a decide de nommer un agent de securite du ministere americain de la Justice pour gerer et presenter uniquement au juge federal Jose Martinez des <>, classees <>, afin de proteger le travail d’infiltration d’anciens informateurs du gouvernement americain soupconnes d’avoir complote l’assassinat du president haitien, Jovenel Moise, a rapporte le Miami Herald, 28 avril 2022.

Si l’ordonnance de protection dans l’affaire de Miami peut contribuer a eviter aux forces de l’ordre americaines de se retrouver dans l’embarras ou de reveler ce qu’elles ont pu savoir sur les menaces pesant sur la vie de Moise avant son assassinat, elle ne contribue pas a ameliorer l’image des Etats-Unis en Haiti, ou des questions persistent sur ce que les responsables americains savaient du complot d’assassinat, selon cet article. Les liens de certains suspects emprisonnes avec la DEA et le FBI continuent d’alimenter les soupcons quant a l’eventuelle implication de ces agences, ce que ces dernieres ont dementi, peut-on lire dans l’article du Miami Herald.

La decision des Etats-Unis de proteger des preuves classifiees intervient alors que l’affaire separee en Haiti est au point mort : le mandat du quatrieme juge d’instruction a expire sans qu’aucune accusation formelle n’ait ete portee contre l’un des quelque 40 suspects toujours emprisonnes a Port-au-Prince des mois apres l’assassinat du president haitien en juillet dernier.

Mais l’un des suspects qui n’est pas en detention est Arcangel Pretel Ortiz, considere par la Police nationale d’Haiti comme “l’un des cerveaux” du complot d’assassinat du president. Pretel, un Colombien dont les liens avec l’armee de son pays natal remontent aux annees 1990, serait un ancien informateur du FBI – une relation potentiellement embarrassante pour les autorites americaines, selon l’article du Miami Herald, soulignant que la decision de la justice americaine signifie que l’affaire penale americaine pourrait devenir encore plus secrete aux Etats-Unis et laisser une serie de questions sans reponses.

La decision de Martinez pourrait froisser les legislateurs americains. Plus tot cette annee, ils ont approuve une nouvelle politique pour Haiti qui, entre autres, exige que le Departement d’Etat leur fournisse des informations sur l’enquete americaine en cours sur l’assassinat du president. Le president Biden a signe la loi le mois dernier dans le cadre du projet de loi omnibus sur les depenses.

Un observateur juridique familier de l’affaire americaine a declare qu’il pensait que les procureurs et les agences federales cachaient des preuves potentiellement embarrassantes au nom de la “securite nationale”.

<>, a declare l’observateur, qui n’a pas voulu etre identifie.

Pour l’instant, aucun juge haitien n’a ete designe pour faire avancer l’affaire et, en raison de l’implication potentielle d’Haitiens tres en vue, beaucoup craignent de s’en charger.

<>, a declare un ancien juge d’instruction haitien, qui n’a pas souhaite etre identifie en raison de la nature sensible de l’affaire. L’ex-juge a dit qu’il craint que les Etats-Unis utilisent l’ordonnance de protection “pour donner une couverture a certaines personnes”.

<>, a declare le juge. <>.

L’avocat de Reynaldo Corvington, Samuel Madistin, a decrit une reunion presumee dans une lettre de cinq pages l’ete dernier, apres que son client a ete arrete dans le cadre du complot avec son gendre.

La delegation de six personnes qui aurait rendu visite a Corvington et pretendues etre des representants du gouvernement americain comprendrait James Solages, un ancien agent d’entretien du comte de Palm Beach qui a quitte son emploi pour travailler pour le Counter Terrorist Unit (CTU), une societe de securite de la region de Miami, et Joseph Vincent. Egalement haitien americain, Vincent etait autrefois un informateur de la DEA ayant la reputation de se faire passer pour des agents federaux americains en Haiti, selon le Miami Herald.

Madistin, selon le Miami Herald, a declare que la decision du juge americain de classer certaines informations secretes est “anti-democratique”.

<< La justice est un pilier de la democratie et en matiere de justice, lorsqu'un crime a ete commis, la premiere obligation de l'Etat est de retablir la verite", a declare Madistin. "C'est la chose la plus importante".

Madistin, qui a revele l’histoire dans la lettre de cinq pages peu de temps apres l’arrestation de son client, aimerait savoir plus sur la relation que Vincent et d’autres informateurs avaient avec les autorites americaines, et sur ce qui aurait pu motiver un recit apparemment aussi farfelu. Mais en vertu de l’ordonnance de protection des Etats-Unis dans l’affaire du tribunal federal de Miami, il ne le saura peut-etre jamais.

<>, a declare Me Madistin.

Madistin craint que la decision de mettre sous scelles des informations classifiees dans l’affaire de Miami ait des repercussions negatives en Haiti, ou les Etats-Unis exercent une influence politique considerable et ont participe a la reconstruction d’un systeme judiciaire dysfonctionnel.

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