Attendons la facture

The content originally appeared on: Le Nouvelliste

Depuis le d?but de la semaine, le pays conna?t des jours tristes. Un peu partout dans le pays des sc?nes de pillage se d?roulent. Institutions publiques et priv?es, organisations caritatives, ?tablissements scolaires, entreprises commerciales de toute taille… sont pill?s ou incendi?s.

R?volution pour certains, r?glements de compte et manifestation de la haine sociale pour d’autres, les ?v?nements de cette semaine, qui confirment davantage la faillite de l’Etat, mettent Ha?ti sous les projecteurs. Ils confirment que le pays est comme un bateau ivre en pleine mer. Le capitaine du bateau et ceux qui l’accompagnent ne se soucient gu?re du sort des passagers. Pas un mot d’un responsable depuis le d?but des troubles.

En d?cidant d’ajuster les prix du carburant, le Premier ministre Ariel Henry savait que le pays allait s’embraser ou il devrait le savoir. Il s’est quand m?me aventur? sans prendre de pr?cautions et sans se pr?parer ? faire face aux cons?quences.

Depuis la d?cision d’officialiser l’ajustement des prix du carburant ? la pompe, le gouvernement se tait face aux violences de la rue. Ceux qui r?vaient de voir le pays ? feu et ? sang sont servis sur un plateau en or. Eux aussi se taisent.

La communaut? internationale qui, semble-t-il, n’avait rien appris du g?nocide rwandais nous a soigneusement aid?s ? arriver ? ce carrefour. L’Organisation des Etats Am?ricain (OEA), sans langue de bois, l’avait r?cemment reconnu.

Rien ne pr?dit la fin de la violence aveugle que le pays connait depuis le d?but de la semaine. Les entit?s qui constituent les forces vives de la nation ont br?l? leurs ailes ou sont emport?es par la crise quand elles ne sont pas une partie du probl?me.

On ne compte plus les notes ou appels du secteur priv? des affaires et des diff?rentes ?glises du pays ainsi que les accords sans lendemain paraph?s par les partis politiques. Aujourd’hui, le pays n’a ni opposition constitu?e, ni institution forte capable de faire entendre la raison ? quiconque.

Nos amis de la communaut? internationale ? travers le Core Group et le Bureau int?gr? des Nations-Unies se sont clairement positionn?s en faveur du chaos. Face ? un tel tableau, il est difficile, voire impossible de pr?dire comment les ?v?nements en cours vont se terminer.

Une seule certitude, la facture sera sal?e. On sait aussi que ce sont les plus pauvres qui vont la payer. Sauf si les autorit?s ha?tiennes et leurs alli?s, ceux qui d?tiennent les richesses du pays et la communaut? internationale d?cideraient de regarder le pays avec d’autres lunettes.

R?agir ? cet article

Please enable JavaScript to view the comments powered by Disqus.