Au gre des jours

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Pour le rire, la belle blague. Un bavard qui denoncait tout. Aujourd’hui au pouvoir, interroge sur son silence, reponse : on ne parle pas la bouche pleine. On a beaucoup, presque tout enleve a ce peuple, jusqu’au droit au pain et a une vie paisible. Mais il garde son humour.

Pour l’horreur, dans les quartiers sud de Port-au-Prince, la mort bat des records d’horreur. Bouger, c’est mourir.

Pour le pouvoir de facto, rentrer de l’argent a tout prix. Ajouter s’il le faut a la pauvrete.

Parce qu’il faut parler, a <> des politiques expliquent pourquoi ils ont fait alliance avec Ariel Henry. Helas, ils ne parlent qu’a leurs oreilles. Un brave medecin confie qu’il voulait le poste de ministre de la Sante. Mais Ariel Henry a choisi quelqu’un d’autre. On suppose que la formation politique representee par ce medecin devra se contenter d’autre chose. Ah, lorsque l’on oublie ce que parler veut dire.

Pour l’histoire : la detestation de la Constitution de 1987 par les avides de pouvoir. Quels crimes n’a-t-elle pas commis cette malheureuse constitution ! De quoi n’est-elle pas responsable ? Elle est coupable meme de s’etre fait violer encore et encore par les gouvernements successifs. On sait bien, sexisme et vice politique ici se confondent, que la premiere responsable du viol est la victime… qui l’aura bien cherche. On a besoin d’aller vite et la Constitution de 87, c’est trop de social et de democratie.

Pour l’odeur, un air de mise en place. Les premiers deplacements dans l’administration publique. Il faut operer les changements qui assureront le controle des zones d’influence et des mecanismes du pouvoir. On se prepare deja a gagner a l’avance si jamais viennent des elections…

Pour les loisirs, la queue devant les stations d’essence. On pouvait aller a la plage, au theatre, au bal, chez un ami. C’etaient les loisirs ordinaires de vies tres ordinaires. Les temps changent et l’on a les loisirs qu’on peut. Aujourd’hui, l’une des principales sorties c’est de faire la queue devant les stations d’essence. Cheri kote ou prale ? M pral fe gaz.

Pour protester. Des institutions culturelles qui decident de ne plus convier le public a des activites artistiques et culturelles. La chose passe inapercue. Pourtant le geste est fort. Peut-on inviter les gens a un spectacle et apprendre le lendemain qu’un tel et une telle ont ete kidnappes a leur sortie du spectacle ? Ce semblant de normalite, chacun continuant de se livrer a ses activites, alors que vivre est devenu impossible, est honteux. Il faut exiger du pouvoir des mesures de securite. Les interpeller. Leur interdire le repos, la gloriole, le quant-a-moi pendant que dehors on kidnappe, on tue.

Pour revenir au rire, nous n’aurons dans ce travail d’interpellation les voix hier audibles de ceux qui ont aujourd’hui la bouche trop pleine pour parler. Tant pis pour eux. Le silence aussi est parlant.