BNC, entre modernisation et financement des MPME

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Des id?es pour le d?veloppement

La Banque nationale de cr?dit (BNC) vient de lancer un nouveau programme d’information et de sensibilisation intitul? <> sur les r?seaux sociaux. Pour le premier ?pisode, la pr?sentatrice Winnie Ropissard a re?u Eddy Ph?b?, cadre ? la direction du cr?dit pour la pr?sentation du programme Pro-cr?dit. Celui-ci vise ? financer les entreprises d?di?es ? la production, ? la transformation et aux services. Lanc? en 2013, ce programme ambitionne d’augmenter le nombre relativement faible d’entrepreneurs ayant acc?s au cr?dit ainsi que le nombre d’entrepreneurs ayant acc?s aux services bancaires. En ce sens, il tend ? faciliter l’inclusion financi?re des m?nages et des micros, petites et moyennes entreprises (MPME).

Le montant des pr?ts peut aller de 15 000 gourdes ? cinq millions de gourdes sur une p?riode de 13 ? 36 mois, sans exiger de garantie formelle. La paperasse administratives, qui limite tr?s souvent l’octroi des pr?ts, est r?duite ? sa plus simple expression, indique Eddy Ph?b? tout en pr?cisant que la BNC n’exige pas trop de documents. La banque commerciale d’?tat permet aux entreprises qui n’ont pas de patentes d’acc?der quand m?me au cr?dit, moyennant une promesse formelle de se r?gulariser dans le plus bref d?lai. Le service est accessible dans toutes les succursales de la BNC ? travers tout le territoire national.

Puisqu’il favorise l’acc?s des MPME aux cr?dits, Pro-cr?dit am?liorera leur performance ?conomique, leur productivit? et leur rentabilit? financi?re. Il contribuera aussi ? la formalisation de ces MPME. Parmi les entreprises ?ligibles, Eddy Ph?b? cite en exemple des usines ? glace, des bar-restaurants, des studios de beaut?, des cliniques priv?es de sant? ou des blanchisseries. Il peut s’agir ?galement d’acquisition, de montage et d’installation d’?quipements de production, d’achat de mati?res premi?res ou d’augmentation de fonds de roulement.

Pro-cr?dit vise aussi et surtout les microentreprises. Cela peut ?tre une microentreprise qui utilise l’arachide pour la transformer en beurre d’arachide (mamba) ou le manioc pour produire de la cassave, ou encore la peau de chad?que pour pr?parer la confiture ou la gel?e. Il peut aussi financer l’achat de moulin de pistache (arachide) ou l’achat de pistache ou les deux afin d’agrandir la taille de l’entreprise. <>, se r?jouit M. Ph?b?. La BNC, poursuit-il, finance ? la fois les ?quipements et le mat?riel, leur renouvellement et leur r?novation. Dans le cadre de ce programme, la BNC offre un taux d’int?r?t imbattable, affirme le cadre de la Direction du cr?dit sans vraiment le chiffrer.

Pour ?tre ?ligible, les entreprises et leurs propri?taires doivent satisfaire aux crit?res suivants :1) ?tre majeur 2) avoir au moins un an d’activit? 3) faire partie des trois secteurs cibl?s ? savoir : la production, la transformation et les services 4) avoir un compte ? la BNC. Les secteurs privil?gi?s rentrent dans un cadre plus large de facilitation de la cr?ation d’emplois.

Quels financements pour quelles MPME ?

Intervenant ? la 12e ?dition du Sommet international de la finance en avril 2022 autour du th?me <>, le pr?sident du Conseil d’administration de la BNC, Raoul Pierre-Louis avait abord? le sous-th?me : Quels financements et pour quelles MPME ? <>, a-t-il mentionn? d’entr?e de jeu.

<>, argue M. Pierre-Louis.

Il en veut pour preuve l’enqu?te du Centre de facilitation des investissements (CFI) r?alis?e en 2018 qui d?montre que sur les 1919 entreprises sond?es tombant dans la cat?gorie des PME, 81% avaient un statut d’entreprise individuelle et 39% seulement ont ?t? enregistr?es au minist?re du Commerce et de l’Industrie (MCI). Ces r?sultats signifient que tr?s peu de ces PME sont l?galement constitu?es. De plus, moins de 20% disposent d’un compte bancaire, ce qui rend difficile l’intervention des banques commerciales, d’autant plus que l’absence d’un syst?me d’information efficace emp?che d’appr?cier les activit?s r?alis?es sur une p?riode donn?e.

Malgr? les besoins de financement tr?s importants constat?s, tr?s peu d’interventions ont pu ?tre r?alis?es par les banques commerciales ha?tiennes. Ces besoins de financement s’?levaient ? plus de deux milliards de dollars am?ricains, soit pr?s de deux fois l’?quivalent du total de financement distribu? par le syst?me bancaire ha?tien au 31 d?cembre 2021, rappelle M. Pierre-Louis. Selon les donn?es rapport?es par les institutions financi?res ha?tiennes au Bureau d’information sur le cr?dit (BIC) de la Banque de la R?publique d’Ha?ti (BRH), seulement 3% des emprunteurs sont des entreprises et le montant qui leur est accord?? repr?sente 65,79% du montant total de pr?t octroy??.

D’apr?s les informations fournies en novembre 2021 par la Banque mondiale sur le poids du secteur informel dans les ?conomies en d?veloppement, la <>.

Le programme Pro-cr?dit de la BNC aide donc ? stimuler la cr?ation de richesses en favorisant le d?veloppement des MPME et la cr?ation d’emplois. Il finance les besoins en capitaux des MPME, partout o? elles se trouvent. Faut-il rappeler que toutes les grandes firmes multinationales ?taient pass?es par l’?tape MPME.

Le processus de modernisation se poursuit

Dans le cadre de son processus de modernisation et de digitalisation de ses op?rations, la BNC a entrepris des travaux d’am?nagement de plusieurs plateformes num?riques afin de mieux rendre disponibles ses produits et services. Ce processus facilitera davantage l’inclusion des MPME dans le syst?me financier ? travers tout le territoire national. Le slogan est clair : en tout temps, partout, quels que soient le service et le produit (en anglais : Any Time, Any Where, Any Device (ATAWAD)).

Parmi les produits technologiques et services offerts par la BNC, M. Pierre-Louis cite : les distributeurs automatiques de billet et les guichets automatis?s de banque; les produits de d?p?t, d’assurance et d’?pargne-retraite pour les employ?s des entreprises; les financements appropri?s ? leurs besoins de tr?sorerie; les cr?dits par signature pour la d?livrance de cautions d’exploitation et de march? ainsi que les cr?dits ? moyen et long termes pour financer la croissance des entreprises et les investissements.

<>, s’enorgueillit M. Pierre-Louis. <>, a-t-il avou?.

Le pr?sident du conseil d’administration de la BNC se fait sien les cinq recommandations g?n?rales produites par la Banque mondiale ? l’intention des responsables publics des pays ?mergents et en d?veloppement pour juguler les impacts n?gatifs du d?veloppement du secteur informel sur l’?conomie.

Ces recommandations s’?noncent comme suit : 1) opter pour une approche globale, puisque l’?conomie informelle, qui traduit un sous-d?veloppement g?n?ralis?, ne peut pas ?tre trait?e isol?ment 2) adapter les mesures au contexte national, les causes de l’informalit? ?tant tr?s variables 3) renforcer l’acc?s ? l’?ducation, aux march?s et aux financements, pour permettre aux travailleurs et aux entreprises du secteur informel d’atteindre un niveau de productivit? suffisant pour rejoindre l’?conomie formelle 4) am?liorer la gouvernance et le climat des affaires pour favoriser le d?veloppement de l’?conomie formelle 5) rationaliser les r?gimes fiscaux pour r?duire le co?t de l’activit? formelle et promouvoir la formalisation de l’informel ? travers un m?canisme incitatif efficace.

La BNC, promet M. Pierre-Louis, <>. Il se dit conscient du r?le de banque commerciale de l’?tat assign? ? la BNC et prend ? coeur la mission qui lui a ?t? confi?e, celle d’accompagner <>. ? tous les citoyens, tous les propri?taires des MPME et des grandes entreprises qui ne sont pas encore clients, M. Pierre-Louis les invite ? faire l’exp?rience BNC.

Thomas Lalime

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