? Caf? Lompr?, les Petits Fr?res de Sainte-Th?r?se cr?ent et pr?servent l’espoir dans le coeur des paysans

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Une ?cole primaire en structure m?tallique, un centre professionnel, une cassaverie, une boulangerie, une minicentrale hydro-?lectrique et un syst?me d’adduction d’eau potable : c’est l’int?ressante infrastructure sociale, ?ducative dont dispose Caf? Lompr?, petit village situ? pr?s de Trouin, sur la route de Bainet, aux confins de la commune de L?og?ne. Tout visiteur attentionn? s’?tonnera du grand foss? entre cette zone d’acc?s difficile et le reste de la paysannerie ha?tienne, lequel est g?n?ralement d?pourvu de tout. Ici, le minimun est assur?. Pourtant, rien ne joue en faveur de cet hameau situ? ? plus de trois heures de route de Port-au-Prince. Pour y acc?der, il faut bifurquer ? droite, sur la route de l’Amiti?, au carrefour Saint-?tienne, longer Trouin et attaquer hardiment la route cahoteuse conduisant ? Bainet. Avant d’arriver ? Trouin, des montagnes presque nues forment l’essentiel d’un paysage d?solant. Apr?s ce quartier, se succ?dent savanes herbeuses et collines de bosquets touffus avec en contre-bas une rivi?re serpentant une ?troite vall?e. On d?bouche sur Caf? Lompr? au terme d’un virage au sommet d’une pente abrupte d?voilant un petit plateau luxuriant. Une couverture v?g?tale appr?ciable y maintient une fraicheur constante. La proximit? des services de base sus-cit?s et la douceur de la temp?rature rendent la vie assez agr?able et conf?rent au petit village un cachet de oasis.

Pourtant, Caf?-Lompr? n’a pas toujours ?t? un paradis. Il y a environ quarante ans de cela, la zone consistait essentiellement en une grande savane r?serv?e ? l’?levage de boeufs et de cabris, selon un riverain septuag?naire, Joarius Delerme. Sa transformation est li?e selon ses d?clarations, ? l’arriv?e d’une mission des Petits Fr?res de Sainte-Th?r?se, congr?gation autochtone catholique oeuvrant dans les zones recul?es et pauvres du pays. <>, a-t-il rapport?.

La transformation de l’environnement ambiant fut donc le premier objectif que s’?taient fix? les premiers religieux, arriv?s ? Caf?-Lompr? . Aujourd’hui, les r?sultats sont patents. <>, a expliqu? fr?re Jean-Claude Saint Juste, ancien Sup?rieur g?n?ral de la congr?gation et pionnier de plusieurs missions, dont celle de Caf? Lompr?.

Le changement graduel planifi? sur le long terme

Une fois l’objectif de transformation de la nature atteint, les fr?res ne se sont pas arr?t?s en si bon chemin. Ils entreprirent sa valorisation ainsi que de ceux qui y vivent. Des citernes familiales furent construites pour recueillir l’eau de pluie, laquelle est utilis?e ensuite pour les besoins m?nagers et l’arrosage. Une ?cole primaire fut fond?e et l’encadrement des paysans se poursuivit avec l’introduction de nouvelles cultures, la g?n?ralisation de certaines pratiques agricoles innovantes telles le greffage et le marcottage. <>.

La centrale hydro?lectrique alimente l’?cole primaire, la maison des religieux, l’?glise, la station de pompage du syst?me d’adduction d’eau potable, des lampes publiques, le centre professionnel. Ce dernier regroupe une section d’arts m?nagers et de cuisine, des sections de menuiserie et de ferronnerie. La Section menuiserie, bien ?quip?e, a une bonne c?te au niveau national. <>, a ajout? fr?re Guerrier. Des riverains utilisent la boulangerie pour produire et commercialiser du pain moyennant une allocation mensuelle de 7000 gourdes. <>, a poursuivi le religieux. La cassaverie fonctionne selon le m?me principe, selon les d?clarations de ce dernier. Pour l’eau potable, chaque famille paie 5 gourdes le seau de cinq gallons. Le m?tre cube co?te 250 gourdes aux usagers. Ces frais permettent de p?renniser les activit?s de la mission dans la zone.

Une approche int?gr?e cr?atrice d’autonomie

La communaut? de Caf? Lompr? jouit d’une certaine autonomie. Celle-ci est aussi le fruit du travail des religieux. <>, a ajout? le fr?re Guerrier. Aussi, dans le village, l’impl?mentation et la p?rennisation des services de base d?coulent-elles de cette d?marche de valorisation de l’environnement et de la personne humaine. Tous les services existants fonctionnent gr?ce au financement local. <>, a d?taill? le religieux.

Un mod?le ? renforcer et ? dupliquer

La minicentrale hydro-?lectrique de Caf? Lompr?, quant ? elle, est un mod?le du genre. Elle fournit 40 kilowatts d’?lectricit? au village hyponyme et celui de Viala, voisin, mais situ? dans la commune de Grand-Go?ve. Toutes les composantes de la centrale hydro?lectrique et la station de pompage d’eau potable ont ?t? mont?es sur place et des techniciens locaux assurent le suivi. Ces deux infrastructures se trouvent au fond d’un ravin entour? de pentes escarp?es de plus de 400 m?tres de hauteur. Pour y acc?der plus facilement, les constructeurs avaient am?nag? un treuil sur voie ferr?e ? traction m?canique, aliment? au d?but par une g?n?ratrice. Le treuil, fruit de l’ing?niosit? de l’un des coop?rants luxembourgeois, fonctionne encore et sert de relais entre la station de stockage et la centrale hydroelectrique pour transporter hommes, mat?riel et outils. L’aller et le retour durent quatorze minutes. << Ce projet pourrait servir d'exemple pilote ? l'installation de centaines de minicentrales hydro-?lectriques et des stations de pompage d'eau potable dans les milieux ruraux ha?tiens. Mais l'?tat ne s'y int?resse gu?re.

Chaque ann?e, de nombreux visiteurs viennent ici pour appr?cier le travail des concepteurs du projet et tenter de le dupliquer. Le feu pr?sident Jovenel Mo?se fut l’un des plus c?l?bres excursionnistes ? fouler le sol du village. Toutefois, ses promesses d’aide envers la communaut? de Caf? Lompr? n’ont pas ?t? suivies d’effet . L’?tat devrait soutenir la communaut? Caf?-Lompr? et les fr?res pour renforcer le travail accompli jusqu’ici et cr?er de nouvelles opportunit?s >>, a souhait? Genel Louis-Jeune, guide et technicien ?lectrom?canique. ? ce niveau pourtant, le constat est navrant. Aucune des composantes du projet de Caf? Lompr? ne b?n?ficie du support des autorit?s. << Nous avons essay? d'obtenir quelques nominations au niveau de l'?cole primaire et du centre professionnel. Sans r?sultats. Pourtant l'Institut national de formation professionnelle (Infp) nous demande r?guli?rement de recevoir des stagiaires au niveau du centre.

L’Etat ne nous fournit aucune aide. Ce sont les paysans et les fr?res qui assurent tant bien que mal le fonctionnement de tout >>, a conclu fr?re Guerrier. Fort heureusement, l’indiff?rence de l’?tat ne semble pas affecter la d?termination des missionnaires. Ceux-ci, ? la lumi?re de leurs d?clarations, restent attach?s ? leur mission hautement humaniste. Dans certains moments critiques du projet, la mission de Caf? Lompr? comptaient 10 missionnaires. Actuellement, quatre fr?res font de leur mieux pour assurer l’essentiel. <>, a promis le Fr?re Jacques Rosalva, actuel Sup?rieur-G?n?ral des Petits Fr?res de Sainte-Th?r?se, dans un ?lan passionn?.

Les Petits Fr?res de Sainte-Th?r?se sont une communaut? religieuse autochtone de l’?glise catholique d’Ha?ti, fond?s en 1960 par le feu p?re Louis Farn?se Louis Charles, natif de la Croix-des Bouquets. Elle compte 95 membres et a implant? des missions dans les zones les plus inaccessibles et pauvres du pays, notamment ? Belle Fontaine, Cornillon Grand Bois, Beau-S?jour, Cap-Rouge, Palmiste-?-Vin, Brossard, Port-Salut, Ile-?-Vache, Rivi?re Froide, Papaye (Hinche), Laguamite, Carice, Saut-d’Eau, Verrettes et San Pedro (R?publique dominicaine) Elle commercialise la cassave, le miel, le vin et des liqueurs. Elle offre en outre ses services dans l’?ducation, la formation professionnelle, dans le domaine de la sant?, l’accompagnement des paysans et des jeunes. Il faut dire que le point fort de la congr?gation tourne autour des activit?s reli?es ? la terre : reboisement, production agricole, r?tention d’eau, etc. Leurs actions sont orient?es par la devise inspiratrice de leur fondateur : <>. P?re Louis Charles est en processus de canonisation par l’Eglise catholique.

Quesnel Durosier

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