Ces ecoles en territoires controles par des gangs

<>, repond dans un curieux melange de fierte et de tristesse Marie Rosela Hollant, directrice de cet etablissement qui accueillait 300 eleves, du kindergarten au fondamental. Enseignante depuis le deluge, quand on payait <> par mois sous Jean-Claude Duvalier, Marie Rosela Hollant a du fuir a cause de la guerre des gangs a Martissant. <>, se souvient-t-elle, <> et particulierement nostalgique depuis la rentree des classes le 21 septembre dernier.

<>, confie Marie Rosela Hollant, qui est en manque de son metier, de ses eleves. Son ambition de delocaliser l’ecole s’est heurtee a un probleme de taille: l’argent. <>, confie l’educatrice, qui evoque le drame d’autres ecoles condamnees a fermer leurs portes.

Le lycee national de Cite Soleil, au coeur des zones de combat entre deux gangs, est tout simplement ferme depuis l’annee academique 2019-2020, explique son directeur, Olga Merci. Il y a un mur sur la route menant a ce lycee qui accueillait jusqu’a 1500 eleves. <>, explique M. Merci, qui ne <> le lycee.

Il y a un projet d’amenagement d’un espace au lycee de Duvivier pour accueillir les eleves. Mais pour le moment, rien ne s’est materialise dans la glaise du reel. Le lycee de La Saline, depuis le tristement celebre massacre de La Saline en novembre 2018, n’a pas pu abriter ses eleves. <>, revele son directeur Ralph Vladimir Rameau. Entre-temps, les eleves, obliges de vivre comme ses squatteurs, avec la stigmatisation inherente a ce statut, ont eu plusieurs adresses. Mais depuis peu, le secondaire et au lycee Toussaint, a la rue St-Honore, la section fondamentale est a Delmas 3, au local de l’ecole nationale Republique du Canada, detaille M. Rameau, directeur du lycee de La Saline.

Sur la liste des 478 inscrits pour le secondaire, seulement 72 sont venus a l’ecole. On compte moins d’une centaine pour les eleves du fondamental. Les problemes economiques, les changements d’adresse provoques par l’insecurite, la peur des parents … sont parmi les raisons de cette faible frequentation, indique M. Rameau, qui ne sait pas quand il pourra regagner les locaux de son lycee. <>, explique cet enseignant, la passion chevillee au corps, resolu d’avancer.

Au lycee Pierre Eustache Daniel Fignole Canol Anelas est ferme au poste. Le lycee, sis a Delmas 6, non loin de l’ancien fief de Jimmy Cherizier, alias Barbecue, chef du G-9, fonctionne actuellement avec 20 a 25 % de son effectif. Les journees, comme aujourd’hui, sont rythmees par des tirs a l’arme automatique. <>, temoigne Canol Anelas.

Autour de l’etablissement, l’educateur voit un retour timide de la circulation, un etau qui tendrait a se desserrer peu a peu. Il y en a ces enseignants qui esperent, il y a d’autres, comme le directeur du lycee de Grand-Ravine, qui forcent le destin. En partenariat avec cette commission de la societe civile qui fait la navette pour arracher la paix entre gangs rivaux, William Vertu planifie avec foi la reouverture des classes.

<>, explique M. Vertu, qui negocie des couloirs securises pour permettre aux enseignants de venir au lycee de Grand-Ravine, fief de Ti Lapli. <>, assure le directeur du lycee de Grand-Ravine, qui note l’engouement de certains parents. Ils viennent retirer les listes de fournitures scolaires, souligne William Vertu, qui appartient a cette petite armee d’enseignants souvent seuls au front dans cet effort d’eduquer des enfants de quartiers precaires controles par des gangs….

Roberson Alphonse