CFEF et EFACAP delaisses par l’Etat haitien, alerte Jacques Ronald Jean

A l’emission Focus Marketing sur radio Ibo (98.5 fm), l’education a ete au centre des discussions le samedi 2 octobre 2021. Invite de Claude Bernard Celestin, Jacques Ronald Jean, enseignant et conseiller pedagogique au niveau de l’Ecole fondamentale d’application centre d’appui pedagogique (EFACAP), a fait la radiographie des EFACAP dans le pays et de l’unique Centre de formation pour l’ecole fondamentale (CFEF).

Sans langue de bois, M. Jean a montre clairement que les EFACAP et le CFEF sont ni plus ni moins jetes aux oubliettes par le ministere de l’Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) alors qu’au depart, il s’agissait de deux institutions dont l’objectif a ete d’offrir une education de qualite accessible a tous.

CFEF et EFACAP, une application du plan national d’education et de formation

Selon Jacques Ronald Jean, le CFEF et l’EFACAP resultent du Plan national d’education et de formation (PNEF). Selon le conseiller, le PNEF a prevu la mise en place d’un Centre de formation pour l’ecole fondamentale dans chaque departement du pays. Conformement au plan, les CFEF auraient pour mission de former des enseignants de qualite pour les differents EFACAP dont il devait en avoir une par commune.

<>, a confie le conseiller pedagogique de l’EFACAP. La duree de la formation au CFEF a ete au depart de 5 ans, soit deux annees de tronc commun, une annee de specialisation et deux annees de probation, a-t-il souligne. La premiere promotion a ete lancee en juin 1999 avec l’objectif de former des enseignants pour l’ecole fondamentale.

Conformement au PNEF, a ajoute M. Jean, les enseignants formes au CFEF devaient travailler dans les EFACAP qui constituent un reseau d’ecoles de reference. Pour chaque EFACAP, a fait remarquer l’enseignant, il existe une Ecole fondamentale d’application (EFA). Celle-ci est appelee a servir d’exemple-referent pour les autres ecoles du reseau. Chaque ecole dispose d’un Centre d’appui pedagogique (CAP) qui represente un centre de ressources destine a recevoir les enseignants en formation et assurer un reseau avec les ecoles alentours. Pour chaque EFACAP, il faut compter trois conseillers pedagogiques, un directeur de l’EFA, un directeur du CAP et un coordonnateur de l’EFACAP, a precise M. Jean.

Le PNEF definit ainsi l’EFACAP : <> Normalement, en termes infrastructurels, chaque EFACAP devrait disposer de neuf salles de classe, d’un batiment administratif, du CAP, de dortoir, de laboratoire d’informatique, de cuisine, de bibliotheque…

Des structures au bord du gouffre

<>, a deplore Jacques Ronald Jean a l’emission Focus Marketing.

S’il fallait en avoir une par commune, seules trente-neuf EFACAP existent dans tout le pays actuellement. Un seul CFEF, celui de Port-au-Prince, a ete mis sur pied. Cependant, la situation s’apparente au drame pour ces structures qui se retrouvent pratiquement au bord du gouffre. Le CFEF dont le local est a Martissant est rendu sans domicile fixe (SDF) a cause des affrontements entre bandes armees rivales dans la zone.

Depuis 2009, le ministere de l’Education nationale traite les EFACAP en parents pauvres, a denonce M. Jean. <>, a denonce celui qui est egalement secretaire general du Centre d’appui pedagogique pour la transformation de l’education en Haiti (CAPTEH).

Cette structure est constituee de cadres issus des CFEF qui entendent jumeler leurs competences et energies en vue de sauvegarder les EFACAP. Le CAPTEH entend continuer a former les enseignants des differents EFACAP en vue du renforcement de leur capacite. La structure est meme devenue membre du reseau culturel de l’ambassade de France, a revele Jacques Ronald Jean. <>, a-t-il assure, en lancant un appel aux partenaires internationaux ayant contribue a la mise en place des EFACAP de venir en soutien au MENFP en vue de renforcer les EFACAP.