Concert de Paques de l’orchestre philharmonique Sainte-Trinite

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Roland Leonard

Les souvenirs, les effusions et les larmes faisaient partie integrante du grand concert de Paques, donne a l’hotel Karibe, le dimanche 10 avril, par l’orchestre philharmonique Sainte-Trinite, et dedie a la memoire du pere David Cesar, son celebre directeur, de regrettee memoire.

Dirige par le chef d’orchestre Pierre Leroy, l’OPST, accompagnant et soutenant en premiere partie les chorales Petits chanteurs de Sainte-Trinite et paroissiale de la cathedrale de Sainte-Trinite, a brille en deuxieme partie du programme dans l’execution de deux pieces symphoniques : l’une du compositeur haitien Dickens Princivil, <>, et l’autre de Tchaikovsky, <>.

Le programme etait presente par M. Miguelite Maxime, prenant la parole par intermittence pour annoncer les morceaux, introduire l’eveque Zache Durachin et un pretre, passer la parole a Pierre Leroy, et interpeller pathetiquement le defunt dans une adresse, une lettre.

-Le concert –

Le pere David Cesar, violoniste, etait un specialiste du viola ; aussi, pour honorer sa memoire et en prelude au vrai programme, on a ecoute le concerto en sol majeur pour quatre violas de Georg, P. Teleman (1681-1767), en quatre mouvements : Adagio, Allegro, Grave, Allegro. Quatre violistes ont interagi dans un jeu d’appels et reponses, d’echos et d’imitations, de soutien mutuel au cours de l’execution : Rolande Dha Jean, Bikenson Despagne, Dorothy Adolphe, Jonathan Perodin.

L’Adagio, mouvement lent, est bref. Le premier Allegro met en relief les jeux d’appels, reponses et imitations. Le Grave, majestueux et lent, souligne des parties harmonisees et dure assez longtemps pour notre contentement. Le dernier Allegro, comme par effet de symetrie, est aussi concu en appels, reponses et imitations. Les quatre violistes furent chaleureusement applaudis.

La premiere partie du programme est introduite apres les mots d’accueil et de bienvenue de l’annonceur. Trois chants sacres, executes par les chorales unifiees avec l’accompagnement de l’OPST au premier plan de la scene :

Le <>, mis en musique vers 1864 par le compositeur francais Gabriel Faure (1845-1924), age de 19 ans, et arrange pour orchestre par Jeanne G. Pocius.

Il y a eu, pour introduire, une courte partie d’orchestre, suivie du chant majestueux de la chorale, avec ses nuances allant du <> au <> sans lesquelles l’oeuvre n’aurait pas de saveur. L’espace d’un moment, nous avons songe au choeur <> qui l’avait dans son repertoire.

Legers commentaires de flute. C’est beau. Tout simplement beau.

– <> de W. A. Mozart (1756-1791) met en vedette et en relief la voix de la soprano Valerie Brutus, surfant sur ce texte latin court, mais avec beaute et expression. Elle commence <> puis augmente l’intensite au fur et a mesure par un <>. La soliste est ensuite relayee par le choeur. Le soutien de l’orchestre est tres leger au cours du chant.

<> extrait de la cantate numero 147 de Johann S. Bach. (1685-1750), et arrange pour orchestre par Charles J. Roberts, boucle cette premiere partie avantageant les chorales. Il y a alternance reguliere des parties et commentaires d’orchestre, et des chants de la chorale.

On connait l’air instrumental celebre revenant comme un refrain. La chanson populaire y a meme mis des paroles. Discrete partie de flute vers la CODA.

Apres un entracte de dix minutes, on etait reparti pour la seconde partie du concert, non sans des temoignages et des paroles de gratitude, des eloges a la memoire du defunt pere David Cesar. Moments d’intenses emotions, de sanglots reprimes et meme de pleurs, exprimant l’affection de ses amis et collaborateurs. L’annonceur Miguelite Maxime lut sa lettre a David, adresse pathetique au musicien parti le 10 juin 2021. On remet un bouquet a la veuve presente dans l’assistance, Mme Evangeline H. Cesar.

On execute la piece orchestrale <> du compositeur Dickens Princivil, present dans la salle, assis au premier rang en face du presentateur.

C’est un mouvement lent. Les violons et les cordes expriment des valeurs longues, soutenues, avec une flute, un peu plus mobile arriere-plan, mais pas trop. Le morceau est dedie a sa femme et rappelle une experience tragique du musicien.

On presente des fleurs a la violiste Rolande Dha Jean, et on est pret pour boucler le programme avec une piece fetiche du pere David Cesar <>. OP. 31, du compositeur russe Pyotr Ilych Tchaikovsky (1840-1893). Petit speech de Pierre Leroy. Sanglots, Emotions. Remise de la baguette du defunt mari, chef d’orchestre, a sa veuve. Execution de la piece magnifique soulignant les bois, les vents et les percussions dans des accents guerriers. On a comme l’impression d’une charge militaire en pleine bataille.

Dissonances et chromatismes, percussions tres accusees. C’est un tonnerre d’applaudissements qui acclame l’orchestre a la fin. On reprend la derniere partie de la piece. Mme Evangeline H. Cesar, accompagnee de Pierre Leroy, montent aussi sur l’estrade pour un geste final de direction avec la baguette de David, son feu epoux.

Beau dimanche ! Beau concert ! ! Beau soleil !

Roland Leonard