Crise russo-ukrainienne, la note s’annonce salee pour Haiti

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Haiti est un pays d’importation. En 2021, l’on a atteint un niveau record au niveau des importations. Avec le cout des produits qui tendent vers le haut, tout indique que les exportations vont continuer a augmenter en devise. Avec l’invasion de la Russie en Ukraine, certains economistes croient que la situation sera encore plus corsee. Ces deux pays sont les piliers dans certains produits comme le ble, lequel est a la base de plusieurs autres produits tres consommes en Haiti comme les pates alimentaires. Avec le cout du petrole qui s’annonce encore plus a la hausse, si les sanctions s’intensifient sur le petrole russe vers l’Europe, on doit s’attendre, de l’avis des panelistes, a des impacts vraiment nefastes sur l’economie haitienne, en particulier sur les conditions de vie des menages.

Depuis le debut de l’annee, le prix de la farine a ete ajuste de 30%. Le prix des produits derives ont suivi cette meme tendance. Et l’on n’etait pas encore a l’invasion. Aujourd’hui, l’inflation atteint un niveau tres eleve au point que d’aucuns predisent des emeutes de la faim pour cette annee si la situation ne s’ameliore pas, et l’on annonce une augmentation de plus de dix dollars sur la tonne de ble. Dans de telles conditions, cela rien n’augure de bon.

Selon le president directeur general de Haiti Efficace, l’on est encore sur la vague d’inflation d’avant-crise. Si cette situation persiste, ajoute-t-il, l’on doit s’attendre a des niveaux d’inflation qui atteindraient du jamais vu dans le pays. <>, a-t-il rencheri.

Ainsi, il faut s’attendre au pire. Au moment du dernier ajustement des prix des produits petroliers, le baril s’echangeait a 70 dollars sur le marche international. Pour le debut du mois d’avril le prix est deja superieur a 100 dollars. Ce qui sous-tend qu’un ajustement est a l’horizon, et vu les engagements du pays envers le Fonds monetaire international, cela devient une obligation que les prix soient revus a la hausse. Mais avec ou sans ajustement, la note s’annonce salee pour le pays car les impacts ne seront pas moindres dans un cas comme dans l’autre.

Pierre Marie Boisson affirme qu’il ne fait aucun sens que l’Etat continue de subventionner les produits petroliers. Aujourd’hui, selon les chiffres avances par l’economiste Etzer Emile, l’alimentation occupe 59% du revenu des menages haitiens et Pierre Marie Boisson avance que le transport est l’un des postes qui mobilisent une part importante du revenu des menages a 14%. Si le gouvernement ne subventionne pas les produits petroliers, ce poste va sans nul doute occuper une part plus importante dans le budget des menages et s’ils sont subventionnes, les impacts seront encore plus corses sur le cout des autres produits.

Dans ce cas, poursuit l’economiste, la subvention ne resoudra rien. La subvention aggravera la situation des conditions de vie de la population. En 2021, poursuit-il, 30 millions de gourdes, soit un tiers des recettes de l’Etat, etaient canalisees vers la subvention des produits petroliers. Ce qui avait cause des deficits budgetaires importants et des impacts negatifs sur le taux de change, et donc, sur le prix des produits. <>, soutient-il.

Pierre Marie Boisson croit, par ailleurs, que l’application de la loi serait la meilleure posture a adopter, ce qui ne constituera pas non plus un remede. La loi du 9 mars 1955 dispose que les prix des produits petroliers a la pompe doivent etre reajustes chaque fois qu’il y a une variation de prix d’une marge +/- 5% sur le marche international. Mais l’on n’est pas encore la. Toujours est-il que tous les scenarios dependent de l’amplification des sanctions a l’encontre de la Russie touchant le petrole vers l’Europe. Dans ce cas de figure, prevoit l’economiste en chef de la SOGEBANK, les prix de tous les produits petroliers vont s’augmenter.

Plus encore, l’offre mondiale sera deduite de la production russe. Avec la guerre, le cout des assurances va etre egalement a la hausse. Ainsi, selon les previsions, le baril pourrait atteindre jusqu’a 170 dollars americains. Dans une telle situation, l’exode massif serait la seule alternative a des millions d’Haitiens, lesquels ne pourront pas manger a leur faim.