De drame en drame, aucune lecon apprise

The content originally appeared on: Le Nouvelliste

Il n’est pas exagere de dire qu’Haiti est loge a l’enseigne des catastrophes. Ces jours-ci, c’est le departement du Sud-Est, notamment la ville de Jacmel qui est frappee de plein fouet par des catastrophes. Le week-end ecoule il y a eu un accident meurtrier de la route causant des morts et des dizaines de blesses dans le rang d’une bande de rara. Meme si un accident reste un accident, rien ne dit qu’il ne pourrait pas etre evite s’il y avait un meilleur controle du transport en commun ou encore si les autorites chargees des vies et des biens dans le pays avaient responsabilise les compagnies ou individus qui choisissent de se lancer dans le transport en commun.

Les Jacmeliens ne finissent pas de pleurer les morts du week-end ecoule ou de soigner les blesses, ils se sont reveilles le mardi 19 avril avec l’incendie du marche public de la ville. Une bonne partie du marche Beaudrouin, le plus grand marche public de la ville, est emportee par les flammes. On sait qui dit incendie de marche public signifie pertes enormes pour le secteur informel, pilier de notre economie. Cela signifie aussi des annees de dure labeur perdue pour des familles, des emplois directs et indirects perdus dans un pays ou le chomage est roi. Derriere l’incendie du marche public, on doit aussi voir l’augmentation de la pauvrete.

La catastrophe de ce mardi n’est pas la premiere du genre dans le pays. L’incendie de nos marches publics est recurrent. Cela n’empeche qu’il nous prend au depourvu a chaque fois. Nos sapeurs-pompiers sont rarement a la hauteur. Quand ils ont le camion, ils n’ont pas d’eau. Aujourd’hui encore, les sapeurs-pompiers etaient sur place, mais impuissants.

Selon les informations disponibles, des millions de gourdes etaient depensees sous la seconde administration de Rene Preval pour construire le marche. Le tresor public, dans un contexte de crise economique, va devoir trouver des fonds pour rehabiliter cette infrastructure publique et assister les victimes. L’argent que l’Etat n’avait pas dispose pour doter la ville de Jacmel d’un service de pompier digne de son nom, il va devoir le trouver pour reparer les degats de l’incendie.

Le pays ne finit meme pas encore de dresser le bilan du drame de mardi, qu’un petit avion qui reliait Port-au-Prince/Jacmel s’est ecrase a Carrefour mercredi apres-midi. Des Jacmeliens qui revenaient de l’etranger sont parmi les victimes. Le pire dans tout ca, l’instance chargee de controler le transport aerien dans le pays rapporte que l’appareil n’avait pas de licence pour transporter des passagers payants. Voila un autre drame qui pouvait etre evite.

Si le pays n’a appris aucune lecon des catastrophes precedentes, il n’est pas trop tard pour le faire. Les drames de cette semaine doivent rappeler a nos autorites qu’il y a des responsabilites qui marchent avec leurs postes.