Des anciens collaborateurs du pr?sident Jovenel Mo?se formulent une proposition de sortie de crise

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Pour sortir durablement de la crise multidimensionnelle ha?tienne

Comme en 1986, comme ? chaque changement de gouvernement depuis deux si?cles, le pays, depuis 2021 et l’assassinat du pr?sident Jovenel Mo?se, retrouve sa dynamique habituelle faite de crimes crapuleux, de prise de contr?le du territoire par des gangs arm?s, de destruction institutionnelle, de d?capitalisation ?conomique et sociale acc?l?r?e et d’appauvrissement massif des populations. La pr?sence des Nations Unies et l’?volution des moeurs politiques surtout depuis le d?mant?lement de l’arm?e n’ont pas facilit? la t?che ? ceux qui voudraient prendre le pouvoir par d’autres moyens que par des ?lections r?guli?res, normales. Deux courants d’id?es ?mergent des strat?gies pr?conis?es par les diff?rents protagonistes impliqu?s dans la <> pour combler le vide de pouvoir et remettre le pays sur les rails.

– Selon le premier courant, il suffit de mettre en place rapidement les structures appropri?es en vue de faciliter l’organisation des ?lections g?n?rales dans le plus bref d?lai. Les tenants de cette position estiment qu’une fois le processus lanc?, on s’accommodera des conditions et des espaces que voudront bien laisser les bandes arm?es pour mener campagne et s’exprimer. La police sera appel?e en renfort pour limiter leurs actions partout ? travers le pays, surtout, en particulier, de celles qui colonisent tous les quartiers de la capitale o? r?side plus d’un tiers des ?lecteurs. Le discours du Premier Ministre du 11 Septembre 2022, quatorze mois apr?s sa prise de fonction voudrait s’inscrire dans cette logique.

– Le deuxi?me courant est plus ambitieux. Il pr?conise que des <> prennent le contr?le de l’appareil d’Etat sur un temps plus long (2 ou 3 ans) :

o pour le mettre en ?tat de fonctionnement,

o pour r?tablir la s?curit?,

o pour modifier la constitution,

o pour cr?er les conditions pour la mise en fonctionnement des trois pouvoirs de l’Etat (Parlement, Justice, Ex?cutif) ;

o pour organiser les ?lections g?n?rales.

Ces deux propositions sont trompeuses. Elles souffrent l’une et l’autre des m?mes faiblesses . Elles consid?rent le probl?me des gangs comme une simple affaire de d?linquance dans les quartiers pauvres (donc de simple police) et nie leur cod?pendance et leur articulation avec les milieux politiques et ?conomiques. Transition longue, transition courte : m?me aveuglement, m?mes cons?quences n?fastes pour la soci?t? dans son ensemble. Fr?d?ric Marcelin les appelait d?j? au XIXe si?cle <>. Les deux propositions cherchent l’une et l’autre ? r?gler le probl?me de <> en Ha?ti, en agissant sur ses cons?quences . Les r?els d?terminants des crises qui g?n?rent cette instabilit? sont g?n?ralement ?lud?s et ignor?s. On colmate les br?ches en essayant de gagner du temps sur la conjoncture et en renvoyant la r?solution des probl?mes r?put?s plus difficiles ? plus tard. Ils reviennent toujours plus tard, amplifi?s parce qu’entretemps agr?g?s avec d’autres, tout aussi non r?solus.

La question du dialogue national

Les deux propositions se rencontrent sur un point : il faut parvenir ? un accord politique, fruit d’un dialogue politique. Mais ils diff?rent sur le moment et l’agenda de ce dialogue.

Pour les tenants de la <>, le dialogue politique est pr?alable ? toutes autres d?marches. Il doit se baser sur les conditions devant faciliter les ?lections : nomination d’un CEP, r?vision des listes ?lectorales et audit de la Carte d’Identification Nationale, identification des moyens de financement des ?lections et des partis politiques participant, renforcement de la police et des forces de s?curit? publique, renforcement du pouvoir judiciaire, neutralisation des bandes arm?es, consensus sur la <>, etc. C’?tait le mandat de ce gouvernement depuis son installation, il y a quatorze mois. Aucun progr?s d’aucune sorte n’est r?alis? sur ce terrain. Les raisons sont multiples. L’une d’elles concerne la qualit? des interlocuteurs. Ils sont tr?s nombreux, souvent ne repr?sentant que leur propre personne et n’ont pas vraiment de l?gitimit? ad?quate.

L’ambition de ceux qui pr?nent la transition longue est de remettre l’Etat debout avant de parler de dialogue et d’?lections. Imposer l’autorit? de l’Etat d’abord, dialoguer ensuite. Le dialogue serait alors la derni?re ?tape dans la d?marche de construction d’une soci?t? qui se cherche. Il sera rendu possible par la claire s?paration : bossale versus cr?ole, noiriste versus mul?triste, national versus lib?ral, makout versus anti-Duvali?riste, TetKale versus Lavalas. D’autres proposent d’autres types de cat?gorisations encore moins ?videntes, moins claires. Cette pr?sentation binaire du probl?me ha?tien remonte au XIXe si?cle et a ?t? ? la base de toutes les transitions que nous avons connues. En plus de simplifier ? l’extr?me la nature de la crise et de reprendre une vieille formule rab?ch?e qui nous a valus tant de d?boires au cours de notre histoire, cette proposition ne pr?cise pas comment on parvient ? la mettre en place en l’absence de l’arm?e. Elle ne dit pas non plus d’o? <> tireront leur l?gitimit? pour avoir les moyens de gouverner.

o De la violence des rues ? Qui contr?le la violence des rues ? Pourquoi les slogans n’ont-ils pas tellement chang? d’une g?n?ration ? l’autre, les propositions de sortie de crise non plus, alors que les acteurs politiques, eux, changent ? Quelles sont les constantes ? toutes les crises des trente derni?res ann?es ? Qu’ont-elles en commun ou de diff?rent avec celles des g?n?rations pass?es ? Comment ?viter qu’une fois de plus, la puissance de la foule ne se mette au service du <> contre le peuple ?

o Devrait-on s’en remettre ? l’international ? Comment logiquement penser que des ?trangers peuvent d?finir ? notre place notre mani?re de vivre ensemble ? Plus de trente ans d’occupation ne nous ont rien appris des limites de l’action des Nations Unies dans la construction des ?tats. Ce n’est pas leur vocation, ce n’est pas leur comp?tence, ce n’est pas leur responsabilit?.

Cet interr?gne, cette p?riode d’incertitude extr?me – qui efface les rapports de causalit? habituels et qui nous expose ? tous ces ?v?nements inattendus, dangereux : assassinats crapuleux, kidnappings, d?placements massifs de population, destruction des institutions, destruction de patrimoines, pertes de rep?res g?n?ralis?e -, peut provoquer des configurations qui nous ?loignent d?finitivement ou durablement des conditions n?cessaires au retour ? un fonctionnement normal dans une soci?t? d?mocratique civilis?e. Notre histoire nous l’a enseign? ? maintes reprises. Cette fois-ci les menaces ne sont pas seulement int?rieures. Il y a un vrai risque de perte d?finitive de souverainet? de la Nation Ha?tienne.

Dialoguer c’est reconnaitre la l?gitimit? de l’autre dans ses diff?rences

Aucun probl?me ne peut ?tre r?solu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendr?, disait Einstein.

Qui peut encore raisonnablement aujourd’hui avoir l’audace, l’arrogance de croire que les 58 chefs d’Etats qui se sont succ?d? au pouvoir depuis 1804 ont ?t? tous des satrapes, des incomp?tents, des apatrides ? Que seuls ceux qui sont dans l’opposition ont les qualit?s ad?quates pour diriger le pays ? Comment expliquer pourquoi le successeur port? aux nues ? sa prise du pouvoir connaitra toujours le m?me sort que celui qu’il a remplac? et qu’il vilipendait ?

Qui se souvient de 1986 et des slogans des ?tudiants de la FENEH (F?d?ration Nationale des Etudiants Ha?tiens) de l’?poque ? Ils portaient tous les r?ves d’un Ha?ti aux lendemains qui chantent. Et ils s’?taient tous engag?s ? le rendre possible.

Qui ne se rappelle pas les discours du p?re Aristide du haut de sa chaire ? Saint-Jean Bosco qui mobilisaient une bonne partie de la population et de la jeunesse ?tudiante ? Qui ne pr?tait pas l’oreille aux interventions souvent pleines d’esprit ? la t?l?vision ou ? la radio de Marc Bazin, de Lesly Manigat, de Hubert de Ronceray, de Gerard Pierre-Charles, de Gerard Gourgue, de Victor Benoit ou de Serge Gilles ? Qui ne se souvient pas des envol?es de Ren? Th?odore ? Tous ?taient des gens prestigieux dont notre ?poque est tr?s nostalgique. Qui ne se rappelle pas les belles promesses du <> du Groupe-184 au moment de la crise de 2004 ? Qui n’a pas en m?moire les propos de l’homme d’orchestre Michel Martelly quand il critiquait l’irresponsabilit? des gens au pouvoir ? Qui ne consid?rait pas que les propos de l’entrepreneur Jovenel Moise ?taient sinc?res et refl?taient une encourageante ligne de conduite d’un digne repr?sentant du peuple ?

Personne ne pouvait douter de la bonne foi de tous ces gens quant ? leur vision du futur envisag? pour le pays. On pouvait discuter de leurs m?thodes, de leurs approches des probl?mes, et c’est normal. C’?tait la marque de leurs diff?rences id?ologiques -, mais tous revendiquaient l’ambition de faire d’Ha?ti une terre o? il fait bon vivre pour tous ses enfants.

Il est difficile, m?me sur un plan purement statistique, de consid?rer que tous ces gens sont mauvais et irresponsables et que seuls ceux qui n’ont pas encore ?t? au pouvoir aiment le pays et savent ce qu’il faut pour am?liorer le sort du peuple. Tout esprit lucide qui a un tant soit peu de jugement comprendra que la soci?t? ha?tienne, dans toutes ses composantes, est victime de quelque chose de plus grand qui la d?passe et l’instrumentalise. Toute d?marche dans la recherche de solutions qui n?glige de prendre cela en consid?ration est vou?e ? l’?chec, et ne fera rien d’autre que de d?placer le probl?me en l’aggravant.

Pour la signature d’un pacte de Vigilance et de Sauvegarde de la Nation Ha?tienne (CVSN)

Notre propos ici n’est pas de pr?cher quiconque. Tout le monde a pleinement conscience que l’avenir de la Nation est r?ellement menac?. Nous avons essay? toutes les combinaisons au cours de notre histoire. Pour un bilan honteux. La seule exp?rience positive a ?t? le Congr?s de l’Arcahaie, quand les g?n?raux noirs et mul?tres (sous la menace d’?tre assassin?s tous par les troupes de Rochambeau) avaient compris qu’ils ?taient manipul?s et que leur salut d?pendait uniquement de leur capacit? ? se parler, ? se comprendre, ? se pardonner et ? avancer ensemble. ?a nous a valu 1804 !

Trouver une solution durable humainement et socialement satisfaisante ? la crise contemporaine, avatar de ces crises historiques jamais vraiment r?solues, requiert l’abn?gation de la part de tous, ? la dimension de celle des p?res fondateurs. Fr?d?ric Lenoir exprime tr?s bien cette id?e que nous tirons de son <> :

<>

Frederic Lenoir, Petit trait? de vie int?rieure, 2010, Plon.

Il est clair que notre g?n?ration n’aura aucune excuse pour justifier qu’elle n’a pu rien faire pour ?viter l’effondrement de la Nation – et pour ne pas avoir ? porter le flambeau de la couardise et de l’irresponsabilit?. C’est en acceptant de se r??duquer ? l’humilit? et au respect des valeurs sup?rieures que sont l’int?grit?, l’authenticit?, l’amour de la patrie, qu’elle peut se placer dans le sens du mouvement vers la r?demption du pays.

Le Pacte de Vigilance et de Sauvegarde de la Nation Ha?tienne constitue en r?alit? un ensemble d’engagements que les diff?rentes composantes de la soci?t? prennent les uns envers les autres pour permettre l’av?nement d’une nouvelle ?re qui rend possible les progr?s ?conomique, social et humain en Ha?ti. Il part du principe qui est inscrit dans notre embl?me national : <>. Il est initi? par les anciens hauts dignitaires de l’Etat (anciens pr?sidents de la R?publique et anciens chefs de gouvernement). Il comprend cinq composantes principales :

Composante 1

Pacte de Sauvegarde de la Nation ha?tienne proprement dit. Il engage l’ensemble des anciens pr?sidents de la r?publique et des premiers ministres ? tout faire pour calmer les tensions au sein de leurs groupes de supporteurs par des discours et actions diverses. Une action solennelle o? l’ensemble de ces dignitaires se pr?sente devant la Nation pour porter un message d’apaisement enverra un message fort ? la soci?t? et au monde. Ce sera une mani?re de dire que Ha?ti veut rentrer dans la majorit? politique et d?passer les vieilles rancoeurs qui ont caus? tant de tort ? la soci?t?. Ces hauts dignitaires s’entendent avec le Premier ministre actuel, le tiers du S?nat restant ainsi que les regroupements politiques et associations de la Soci?t? Civile pour supporter la mise en place d’un gouvernement provisoire compos? de professionnels exp?riment?s et comp?tents qui inspirent confiance ? toutes les parties et acceptent de s’engager ? cr?er les conditions pour l’organisation des ?lections g?n?rales dans le pays dans un d?lai qui ne d?passe pas un an.

Composante 2

– Un Pacte de Civilit?. Il sera sign? par tous les aspirants candidats ? l’?lection pr?sidentielle. Ainsi, ils reconnaitront que la violence au cours des ?lections pour forcer les r?sultats dans un sens contraire aux desideratas du peuple constitue un crime. C’est la cause principale de toutes les crises politiques que nous avons connues au cours de notre histoire. Ils s’engagent donc ? avoir un comportement digne et responsable pour inspirer confiance ? la population et la porter ? s’exprimer librement et ? participer massivement aux ?lections. Ce qui est un premier pas extr?mement important vers la stabilit? politique durable en Ha?ti. Ils s’engagent en outre ? reconnaitre les r?sultats des ?lections une fois le processus termin? et valid? par les autorit?s comp?tentes. Ce Pacte de civilit? sera ?tendu aux aspirants candidats aux ?lections l?gislatives et locales qui voudront bien s’engager sur la base des m?mes principes.

Composante 3

Un Pacte de responsabilit? sociale des entreprises et des entrepreneurs. Comme les acteurs politiques, le monde des affaires est point? du doigt aussi comme principal responsable de la descente aux enfers actuelle du pays. Si le rapport de la Banque Mondiale sur la concentration des richesses en Ha?ti en 2016 ?tablit que 46 familles contr?lent l’ensemble des activit?s et des transactions ?conomiques qui se r?alisent dans le pays, dans les milieux diplomatiques, <>. Pire, certains seraient soup?onn?s d’alimenter les activit?s des gangs.

Beaucoup d’entrepreneurs ha?tiens estiment que cette mani?re de pr?senter les choses ne dit rien sur les difficult?s auxquelles ils sont confront?s pour continuer leurs activit?s dans le pays. Certains se sont exprim?s publiquement et veulent en finir avec cette repr?sentation qui ternissent leur image et leur statut dans la soci?t?. Le Pacte de Responsabilit? Sociale des entreprises sera sign? par tous les membres des Chambres de Commerce Nationales ainsi que ceux du Forum du Secteur Priv? et les autres associations patronales qui partagent cette ambition du renouveau national. Par ce pacte, ils s’engagent ? aider l’Etat ? combattre la corruption, la contrebande et le blanchiment d’argent, ? payer r?guli?rement leurs imp?ts, et ? avoir une attitude plus positive et plus propice ? l’investissement et ? la concurrence, ce qui sera rendu possible par le nouveau cadre institutionnel qui d?coulera de ces pactes.

Composante 4

Un Pacte d’engagement citoyen. Les citoyens ha?tiens appuieront une telle d?marche en signant un registre qui sera rendu disponible partout dans les mairies de la r?publique, dans les consulats ha?tiens ? l’?tranger et en ligne pour r?clamer l’institutionnalisation et la pacification des moeurs politiques dans le pays et prendre acte de la volont? des principaux acteurs politiques qui s’engagent ? travailler dans ce sens. Ce pacte sera ?tendu aux ha?tiens vivant ? l’?tranger. En effet, la diaspora ha?tienne devra, cette fois-ci, prendre l?gitimement toute sa part dans l’effort de reconstruction d’Ha?ti. Elle repr?sente une r?serve de capital humain et financier sous-utilis?e et surtout mal utilis?e ? cause de toutes les contraintes institutionnelles que le pays lui impose. D’abord, en signant ce pacte, elle rend possible la r?volution culturelle en Ha?ti. Elle s’engage ? aider ? la modernisation de tous les ?chelons du syst?me ?ducatif national, ? rendre possible la r?alisation d’investissements de qualit? en mettant en place de nouveaux instruments comme un fonds de la diaspora g?r? par ses soins et selon les standards internationaux. Elle accompagnera la dynamisation des territoires qui seront transform?s en milieux actifs en aidant ? d?centrer le coeur ?conomique et culturel du pays.

Conditions critiques

a) Ces pactes partent du postulat que chercher ? r?gler le probl?me de la prolif?ration des gangs criminels par la seule mobilisation de la police ne r?soudra jamais le probl?me. Tous les rapports le disent, les d?clarations quotidiennes des acteurs dans la presse le confirment, ces jeunes, pour une bonne part, sont instrumentalis?s par les op?rateurs politiques et ?conomiques. En signant ces pactes, l’ensemble de la population reconnait que ce ne sont pas les porteurs d’armes qui sont les plus dangereux pour la soci?t?, c’est plut?t le syst?me qui les a instrumentalis?s et qui a rendu de telles atrocit?s possibles qui doit ?tre jug?. Elle donne ainsi mandat ? l’Etat, de :

o Exhorter ceux qui veulent t?moigner et rendre leurs armes en vue de se r?ins?rer socialement ? le faire ;

o Isoler, combattre et punir s?v?rement ceux qui le refusent.

b) L’international est un acteur majeur dans tout ce qui se fait en Ha?ti, au moins, particuli?rement depuis les trente derni?res ann?es. Il doit clairement :

o Accepter d’accompagner techniquement et financi?rement le processus de stabilisation politique, dont l’initiative doit revenir exclusivement aux Ha?tiens ;

o Aider ? reconstituer les forces de s?curit? nationale : arm?e et police ainsi que le Pouvoir judiciaire, et accompagner le processus de d?sarmement et de d?mobilisation des gangs ;

o Aider ? la mise en place d’un programme d’?ducation populaire ? la paix et ? la d?mocratie ;

o Aider ? la modernisation et au renforcement des organes de communication de l’Etat, surtout la radio et la t?l?vision nationales ainsi que le journal d’Etat. La programmation de ces m?dias devra ?tre compl?tement revisit?e pour s’aligner sur les nouvelles exigences qu’impose le besoin de modernisation de la soci?t? et de l’?conomie ha?tiennes.

o Appuyer la mise en place d’un Task Force Interinstitutionnel (TFI) ? l’initiative du gouvernement pour identifier et mettre en oeuvre un train de mesures urgentes visant l’am?lioration des conditions de vie des groupes vuln?rables en articulation avec des politiques sociales et ?conomiques structurelles prioritaires.

c) La presse (ANMH et AMIH) a un r?le critique ? jouer pour faire ?voluer les moeurs politiques dans le pays. Elle s’engage ? se renforcer, ? accepter de revisiter ses programmes pour accompagner et rendre possible la pacification politique du pays.

Composante 5

Un Pacte pour le D?veloppement Economique et Social. La r?alisation de ces d?marches pr?alables cr?e les conditions n?cessaires ? l’?laboration d’un Programme de D?veloppement Economique et Social coh?rent et inclusif pour les 30 prochaines ann?es, intitul? : PDES-HAITI 2054. Il mobilisera l’ensemble des secteurs organis?s de la soci?t? et tiendra compte de tous les travaux d?j? effectu?s au sein de l’administration depuis les 10 derni?res ann?es. Les grandes lignes de ce plan constitueront les lignes de base des programmes des candidats et des partis politiques qui voudront briguer la magistrature supr?me de l’Etat.

Comit? de Suivi

Les diff?rents protagonistes signataires des engagements pr?c?dents s’entendront sur les choix de quelques personnalit?s respect?es de la Soci?t? Civile qui constitueront le Comit? T?moin, responsable du suivi de l’application de ces pactes.

V. Conclusion

Nous savons que certaines des positions exprim?es dans ce manifeste peuvent choquer. Des personnes ont souffert dans leur chair et dans leur ?me les effets de ces d?rives sociales et politiques et voudront pouvoir se faire justice elles-m?mes. Qui peut leur contester ce droit ? D’autres ont cultiv? des inimiti?s politiques tellement tenaces qu’ils sont pr?ts ? passer le reste de leurs vies ? se faire la guerre. C’est une approche de r?solution des probl?mes ? laquelle notre histoire commune nous a habitu?s. Les r?sultats sont l?, affligeants et indignes. Nous pensons que le moment est venu pour les Ha?tiens de faire un trait sur une certaine mani?re de vivre collective pour laisser germer la possibilit? du renouveau du pays. Pour cela, il nous incombe d’accepter d’agir individuellement et collectivement de mani?re responsable. C’est le sens de notre combat, c’est le sens de notre engagement.

Ha?ti pour se recr?er, a besoin de cr?er de l’id?al. C’est en agissant en toute conscience et de mani?re d?termin?e contre les causes internes et externes de sa destruction latente que nous pouvons d?finitivement gagner la bataille pour la refondation de la Nation ha?tienne. Le pays a besoin de se remobiliser intellectuellement, moralement et politiquement, pour ressusciter la foi civique et des projets communs. Notre adh?sion aux valeurs d?mocratiques nous fait obligation de reconnaitre comme l?gitimes les devoirs et les obligations de chacun par rapport ? la R?publique et de convenir que nous ne pouvons plus continuer ? faire n’importe quoi.

Signataires :

M. Jean-Michel AUGUSTE

M. Louis-Naud PIERRE

M. Jocelyn JEAN

M. Mathias PIERRE

M. Thomas JACQUES

M. Ricot PIERRE-LOUIS

Mme Edwine BLAISE

M. Jean-Claude VERDIER

M. William PIERRE

M. Pierre-Raymond DUMAS

M. Antoine FLEURANT

M. Carlo MARCELIN

Mme Marie-France A. LALEAU

M. Wilson LALEAU

M. Donald JOSEPH

Mme Myriam FETHIERE

M. Bentley DOUCEUR

M. John Kelly CENAT

M. Pascal Jerry ALEXANDRE

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