Echec des negotiations menées par le GPE de la CARICOM en raison de la méfiance des acteurs

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Echec des négotiations menées par le GPE de la CARICOM en raison de la méfiance des parties prenantes.

Alors que les acteurs politiques tergiversent encore, le peuple reste le grand perdant et le pays s’enfonce davantage. Les réactions des participants à ces négociations en vue d’une solution à la crise dans la quelle est plongée le pays qui ressemblent beaucoup plus à des joutes verbales où seul le fait de discuter ou de s’opposer à l’autre importe laissent présager un nouvel échec. Les espoirs placés dans la proposition de sortie de crise du groupe des éminentes personnalités de la CARICOM qui a reçu tout le soutien des Etats-Unis et de l’ONU notamment s’amenuisent.

Selon des comptes-rendus hors micro de plusieurs acteurs à Juno7, les deux camps ont été inflexibles en essayant de privilégier les intérêts qu’ils défendent tout au début. Les discussions étaient cristallisées autour de l’exécutif bicéphale ou la réforme du haut conseil de la transition (HCT) mais en vrai c’est l’éjection de Ariel Henry un peu plus tard qui était en filigrane.

Pour l’équipe du 21 décembre, ils envisagent un remaniement du Haut conseil de la transition qui deviendra un conseil de la transition, qui sera érigé sur le modèle d’une co-gestion du pouvoir en étant au même rang que le premier ministre Ariel Henry en ce qui concerne certaines prérogatives présidentielles. Le président du CT pourra ainsi participer au conseil des ministres et co-signer les arrêtés avec le premier ministre. Et, selon eux c’est le conseil des ministres qui exercera les attributions présidentielles.

Pour l’équipe en face, leur position s’arcboutait à la proposition des signataires de la déclaration de Kingston, qui veulent un collège présidentiel dans le cadre d’un exécutif bicéphale, qui aura les rênes du pays au-dessus du premier ministre. En ce sens, ils veulent que le Conseil de la transition exerce toutes les prérogatives présidentielles au dessus du premier ministre.

Dans cette bataille rangée, ce fut donc la pierre d’achoppement de ces négociations. Le camp de l’accord du 21 décembre ne veut pas qu’une entité soit placée au dessus du chef du gouvernement. Au pire des cas, ils pensent qu’à la première occasion, ils vont l’éjecter du pouvoir. Ils ont fait montre d’une certaine méfiance. Pour le camp de Kingston, il faut absolument limiter le pouvoir de Ariel Henry pour qu’il ne soit plus le seul maitre à bord quitte à évoquer la misère de la population, l’insécurité et le désespoir des jeunes comme s’ils vont mieux faire.

L’autre point de discorde entre les acteurs en plus des attributions du conseil de transition (CT), c’est la composition de cedit conseil. Les signataires de l’accord du 21 décembre veulent garder les trois membres du HCT et en ajouter deux ou quatre autres membres alors que les signataires de la déclaration de Kingston, veulent un remaniement complet du haut conseil de la transition qui sera transformé en conseil de transition avec de nouveaux membres.

Le Groupe de la société civile a de son côté demandé aux deux camps de mettre de côté leurs intérêts pour trouver un juste milieu. Ils ont prêché une conciliation entre les deux propositions afin d’aboutir à une solution réaliste dans l’intérêt du pays.

Aux côtés du GPE, les acteurs politiques qui étaient présents à ces négociations pour 21 décembre : André Michel , Sorel Jacinthe, Marjory Michel, Jorchemy Jean Baptiste,Daniel Supplice entre autres, pour la déclaration de Kingston: Egard Leblanc Fils, Himler Rebu, Emmanuel Menard, Pasha Vorbe, Claude Joseph entre autres, pour le Groupe de la société civile : Me Gédéon Jean, Franck Wilbert Georges et pour le gouvernement en place : le docteur Ariel Henry et Alix Richard.

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