Et si la litt?rature ha?tienne se mettait ? l’anglais

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Ce 17 juin s’est tenue la derni?re manifestation avec public organis?e dans le cadre de la 28e ?dition de Livres en folie. La Banque interam?ricaine de d?veloppement (BID) a re?u dans son <> des invit?s pour parler du livre dans ses aspects de cr?ation et d’objet commercial.

A cette occasion, les invit?s d’honneur Louis-Philippe Dalembert et Pierre-Raymond Dumas, la ministre de la Culture et de la Communication mais aussi ancienne directrice g?n?rale du Bureau ha?tien du droit d’auteur, de la Biblioth?que nationale d’Ha?ti et de la Direction nationale du livre et ?crivaine en tout temps, Emmelie Proph?te-Milc?, les Prix Deschamps 2019, F?dia Stanislas et 2021 Luis Bernard Henry et Ana?se Chavenet de la firme Communication Plus, ont ?chang? pendant deux heures.

Chacun est revenu sur son entr?e en litt?rature, sur ses m?thodes et succ?s pour se faire ?diter, s’auto-?diter ou pour vendre des livres. Dans certains cas, l’?diteur s’occupe de tout comme pour Dalembert et Proph?te. Dumas a r?v?l? ses strat?gies pour publier tout seul ses livres et est satisfait de son statut d’auteur qui publie ? compte d’auteur alors que Stanislas, qui a re?u un millier de livres imprim?s, en r?compense du Prix Deschamps, dit avoir ?coul? ses livres en participant et en organisant des ?v?nements autour du livre alors que Luis Bernard Henry, r?cipiendaire du m?me prix, avoue avoir beaucoup de difficult?s ? vendre les siens, n’?tant pas port? sur le commerce et fuyant un peu les projecteurs,

Dans les d?bats, comme un cri du coeur, F?dia Stanislas a avou? qu’elle a toujours voulu ?tre ?crivain pour ?tre c?l?bre et immortelle. Louis-Philippe Dalembert a avou? avoir ?t? motiv? par l’app?t du prix lors de sa premi?re participation ? un concours de po?me. ?tudiant en France, les dix mille francs de l’?poque promis repr?sentaient pour lui quatre mois de vie.

En expliquant son cheminement, Pierre-Raymond Dumas a laiss? entrevoir sa principale force : il est m?thodique. Il ?crit des articles qui deviennent des ouvrages et, une quarantaine de titres plus tard, publi?s ou en passe de l’?tre, il continue d’accumuler des heures d’?criture et des tonnes d’archives.

Lisez. Faites des travaux d’?criture comme un musicien fait des gammes, ont recommand? les deux invit?s d’honneur qui cumulent pr?s d’un si?cle de lectures et d’?criture.

Le travail acharn?, le travail assidu et le travail passionn? sont les cl?s du succ?s, ? bien entendre les intervenants. A chacun ses motivations mais rien ne remplace le travail pour l’?crivain comme pour les autres cr?ateurs.

Pour ce qu’il est de l’avenir de l’objet livre, il est ?vident, ? ?couter Ana?se Chavenet, que les maisons d’?dition ha?tiennes ont besoin d’?tre renforc?es. Il faut faire plus pour faire conna?tre les oeuvres et viser les march?s qui nous entourent avec un potentiel d’acheteurs plus riches que nos amants de la lecture qui sont souvent des jeunes gens fauch?s. L’anglais et m?me l’espagnol devraient ?tre des langues de publication et de traduction pour les ouvrages ha?tiens. Autant il est difficile de trouver les livres d’Edwige Danticat en fran?ais, autant on ne trouve pas Gary Victor en anglais. Ce n’est pas normal.

La ministre de la Culture et de la Communication dont le premier titre publi? est <> a du pain sur la planche pour donner une nouvelle vie ? nos pages blanches.