Folie meurtri?re

The content originally appeared on: Le Nouvelliste

Quand cela n’a pas d’effet sur la vie des autres, libre aux gens de se tromper sur eux-m?mes, de prendre la nuit pour le jour, de conter fleurette ? leur ombre, de vivre de promesses qu’ils ne sauraient tenir. Ce sont des erreurs sans cons?quence qui font des f?l?s sympathiques qu’on appelle le fou du village.

Mais quand on est Premier ministre de facto, qu’on ne rend compte ? personne, qu’on donne des ordres aux forces militaires et aux forces de police, qu’on utilize comme on veut les ressources financi?res d’un pays, lorsqu’on se trompe sur la r?alit?, cela devient tr?s vite une folie meurtri?re.

L’augmentation des prix des produits p?troliers, qui fait jouir des ?conomistes de droite, quand bien m?me on l’aurait jug?e in?vitable, ?tait-ce le moment de l’imposer ? une population aux abois, ? des gens qui vivent dans la mis?re et qui contestant un pouvoir qu’ils n’ont pas choisi, un pouvoir qu’ils ex?crent et qui a l’habitude de leur signifier que leur avis ne compte pas!

“Vle pa vle”, n’est-ce pas, monsieur le Premier ministre de facto?

“Vle pa vle”, vous allez aussi organiser des ?lections?

Monsieur le Premier ministre de facto, votre gouvernement n’est m?me pas capable d’organiser une rentr?e scolaire. Il n’est pas capable de faire le moindre geste susceptible de produire de l’apaisement. Il est l’agent et la preuve du d?labrement des institutions publiques. Il n’a pour amis et soutien que des mercenaires et des affairistes. Et vous pr?tendez que vous voulez organiser des ?lections!

De plus, comme vous avez le pouvoir de dire ce que vous voulez, vous nous insultez. Vous dites que nous ne voulons pas d’?lections. Mais, monsieur le Premier ministre de facto, nous voulons des ?lections. Je veux des ?lections pour choisir parmi les ?ventuelles offres politiques celle qui me semblera conduire vers plus de justice sociale et de bien-?tre collectif pour ma circonscription, ma ville, mon d?partement, mon pays.

Je veux, nous voulons des ?lections. Nous disons qu’elles ne sont pas possible avec votre gouvernement de facto ? la t?te du pays. Nous disons que votre gouvernement de facto est l’obstacle majeur ? la tenue des ?lections. Voil? un cas ?trange o? le kidnappeur reproche au kidnapp? de ne pas aimer la libert?.

Votre intervention malheureuse, le pays l’a re?ue comme une d?claration de guerre. Quand les chefs, en g?n?ral ill?gitimes, d?clarent la guerre ? la majorit?, que voulez-vous qu’elle fasse sinon r?sister! Ses moyens sont mis?rables compar?s aux v?tres. Les pierres, la rue, les barricades. Vous n’aurez de choix que de partir ou de r?primer.

J’entends dans votre discours que vous ?tes r?solu ? tuer pour rester au pouvoir. Peut-?tre vous trompez-vous sinc?rement sur vous-m?me et la conjoncture. On a vu r?cemment des noirs se prendre pour la reine d’Angleterre ou pleurer la derni?re comme s’ils pleuraient leur m?re. On a ?cout? des dictateurs se vanter d’?tre des d?mocrates avec l’audace du crapaud qui veut jouer au chanteur de charme.

Mais le chemin que vous avez pris, r?solument, sur le ton du m?pris, vous plonge, sauf marche arri?re, dans le mauvais c?t? de l’Histoire. Plus vous persisterez dans votre volontarisme, plus les gens seront nombreux ? vous dire que votre pouvoir est ill?gitime. (N’avez-vous pas vraiment id?e de l’ampleur de la constatation?) Plus vous serez isol? et forc? de r?primer. Jusqu’ici on pouvait encore, avec une bonne dose d’indulgence, vous consid?rer comme un homme qui se trompe de bonne foi. Vous avez franchi un cap. Vous ?tes appel? ? tuer pour rester au pouvoir.

R?agir ? cet article

Please enable JavaScript to view the comments powered by Disqus.