Fuyant une guerre civile dans son pays, un Africain trouve refuge en Ha?ti

The content originally appeared on: Le Nouvelliste

Ce lundi marque la comm?moration de la Journ?e mondiale des r?fugi?s. Si les Ha?tiens se r?fugient un peu partout ? travers le monde, fuyant notamment l’ins?curit? et la vie ch?re, des ressortissants d’autre pays font le chemin inverse. En effet, l’agence onusienne des r?fugi?s (UNHCR) compte pas moins d’une douzaine de r?fugi?s et de demandeurs d’asile en Ha?ti, a racont? Thomas, originaire d’un pays de l’Afrique centrale, et qui s’est lui aussi r?fugi? en Ha?ti depuis plus de 10 ans, en raison des menaces sur sa vie.

Thomas explique au Nouvelliste qu’il a d?barqu? en Ha?ti en septembre 2011 pour travailler comme chef de projet pour une organisation internationale. En 2014, il a obtenu un mandat pour une nouvelle mission dans un autre pays en Afrique centrale. Apr?s ce mandat, il a d?cid? de revenir en Ha?ti. <>, explique-t-il.

Demandant ? Thomas d’?tablir une comparaison entre les niveaux d’ins?curit? en Ha?ti et dans son pays, il croit que la situation est certes difficile en Ha?ti mais les menaces sont pires chez lui. <>, dit-il.

Thomas a un bac + 5 en sciences ?conomiques. Il a travaill? comme chef de projet au sein d’une ONG avant de soumettre sa demande d’asile. Ensuite, il a travaill? comme consultant pour certaines entreprises, institutions et un parti politique. Il est p?re de deux filles. Et selon lui, la naissance de ces filles est la chose la plus merveilleuse qui lui soit arriv?e. <>, raconte-t-il, soulignant que, malheureusement, il n’entretient plus de relation avec la m?re de ses deux enfants.

S’il arrive quand m?me ? s’int?grer et ? s’adapter en Ha?ti, la vie n’est pas toujours rose pour Thomas ici. Il indique avoir v?cu de nombreuses d?convenues. << En Ha?ti, il y a des gens qui m'ont exploit?. Ici on utilise le verbe anglais use. J'ai travaill? pour eux mais ils ont refus? de me payer. Je n'ai pas choisi la confrontation, je pr?f?re n?gocier avec eux pour r?cup?rer mon argent. Ensuite, j'ai subi plusieurs braquages notamment en revenant d'une banque et dans un tap-tap. Ce n'est pas facile d'obtenir un bon boulot. J'entends dire ici qu'il faut avoir <>. Les Ha?tiens sont un peuple hospitalier. Mais on refuse de m’appeler par mon nom. On m’appelle toujours l’Africain. Cela me fait beaucoup de peine. J’ai d?j? crois? quelqu’un qui m’a demand? de rentrer chez moi. J’ai ?t? choqu? de l’entendre. Mais je sais aussi qu’il s’agit d’une action isol?e. Sur l’ensemble, les Ha?tiens sont tr?s hospitaliers. Je les adore >>, t?moigne-t-il.

Vivant dans un quartier dans la plaine du Cul-de-Sac, Thomas a v?cu les affrontements entre les gangs 400 Mawozo et celui dirig? par <>. Comme tous les riverains, il ?tait lui aussi contraint de rester chez lui. Il a expliqu? au journal comment il a v?cu tout ?a et pourquoi il ne compte pas d?m?nager. <>, estime-t-il.

Thomas reste en contact avec ses parents dans son pays d’origine. Ces derniers ne peuvent pas s’emp?cher d’?prouver des inqui?tudes pour sa suret?. Il indique qu’il tente ? chaque fois de les rassurer, convaincu qu’il sera plus en danger s’il retourne dans son pays. En attendant que les choses se calment chez lui, Thomas indique qu’il profite au maximum de la cuisine, du cr?ole et de la musique ha?tiens.

NDLR : Thomas est un nom d’emprunt. Des informations pr?cises sur le pays d’origine de l’intervenant et ses affectations ne sont pas pr?cis?es afin de ne pas compromettre sa s?curit?.