Gangs, politiciens et communaut? internationale, entre terreur et cynisme

The content originally appeared on: Le Nouvelliste

La crise ha?tienne s’envenime quotidiennement. Le pouvoir des gangs arm?s- qui prennent plusieurs quartiers de la capitale ha?tienne et de certaines villes de province en otage- est la face visible de la d?t?rioration de cette crise qui plonge toute une population dans le d?sespoir. Une population qui est prise entre deux feux : la terreur des gangs et le cynisme des politiciens et de leurs alli?s de la communaut? internationale.

Apr?s l’assassinat d’un inspecteur de police ? l’int?rieur d’une ?glise au cours du mois de juillet ?coul?, la mise ? sac du parquet de la Croix-des-Bouquets, l’incendie partiel de la Cath?drale de Port-au-Prince, la paralysie des activit?s au centre-ville ? cause de la guerre des gangs, il est ?tonnant qu’aucune autorit? ne tire les cons?quences ni m?me se prononce. Aucune mesure ? la dimension des ?v?nements tragiques n’a non plus ?t? annonc?e. La Police nationale d’Ha?ti, sur tous les fronts dans la lutte contre les gangs, continue de faire ce qu’elle peut, mais elle est jusqu’ici incapable de ramener la paix dans le pays. D’ailleurs, l’institution continue elle aussi d’?tre la cible des bandits. On ne compte plus les policiers tu?s par les gangs depuis qu’ils imposent leur loi. Le cas le plus r?cent est celui de l’agent de l’UDMO, Anthony Dumas, dans l’Artibonite la semaine ?coul?e.

Entre-temps, le Premier ministre Ariel Henry et son cabinet continuent de diriger le pays comme si de rien n’?tait. A quand remonte la derni?re r?union du Conseil sup?rieur de la Police nationale d’Ha?ti ? Soit le Premier ministre Ariel Henry, chef du CSPN, les ministres de l’Int?rieur, de la Justice et celui de la D?fense agissent dans l’ombre, soit ils oublient qu’il y a des responsabilit?s attach?es ? leurs fonctions.

Alors que la situation s?curitaire du pays se d?grade et que la mis?re se renforce, les Ha?tiens qui risquent leur vie dans des embarcations de fortune ? la recherche de cieux plus cl?ments sont en nette augmentation. Des voyages qui tournent certaines fois en catastrophe. A la fin du mois de juillet, les corps de 17 compatriotes ont ?t? r?cup?r?s dans les eaux des Bahamas. Cinq autres corps d’Ha?tiens ont ?t? retrouv?s dans les eaux portoricaines. Un autre drame a ?t? ?vit? suite au naufrage d’une embarcation de fortune remplie d’Ha?tiens dans les eaux cubaines le week-end ?coul?.

Ces drames, qui deviennent monnaie courante depuis l’aggravation de la crise ha?tienne, n’?tonnent plus personne. Cela ne fait bouger ni les autorit?s ha?tiennes ni nos ?lites. Quant ? la communaut? internationale, elle laisse au petit Bureau int?gr? des Nations-Unies dont le mandat vient d’?tre renouvel? la t?che de r?diger des rapports sur nos trag?dies. Pour ?tre fid?le ? son objectif, le BINUH vient de publier un nouveau rapport sur les affrontements arm?s dans la zone m?tropolitaine entre les mois d’avril et mai derniers. Un rapport qui fait ?tat de 188 personnes tu?es, 120 bless?s et 12 disparus.

Rien n’emp?che aux gangs de continuer ? s’affronter et ? semer le deuil au sein de la population. Cela donnera de la mati?re pour d’autres rapports. Il est une ?vidence que la population ha?tienne, d?sarm?e face ? la crise, doit boire le calice jusqu’? la lie.

R?agir ? cet article

Please enable JavaScript to view the comments powered by Disqus.