Gonaives : dans le noir total, l’insecurite gagne du terrain

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Il est 9h p.m. ce mardi 29 mars aux Gonaives ; nous sommes pres du rond-point du centre-ville. Les rues Vernet, Fabre Nicolas Geffrard et Lamartiniere, les plus frequentees du centre-ville, sont presque desertes. Sans electricite ni lampadaires, seuls les phares des rares voitures et motocyclettes qui filent eclairent la chaussee. A la rue Vernet, pres de la cathedrale, Dieula, une marchande de barbecue d’une trentaine d’annees connue pour etre <>, se prepare deja a partir. La commercante affirme avoir ete victime de braquage la semaine derniere en rentrant chez elle.

<>, a-t-elle declare.

Comme Dieula, de nombreuses autres commercantes se plaignent du probleme d’electricite qui aggrave l’insecurite et empeche aux gens de rester dans les rues le soir. Responsabilite oblige, certaines de ces marchandes s’efforcent de rester un peu tard quand meme afin d’ecouler leurs produits. C’est le cas de Carole, une jeune dame assise a cote de son mari. Elle est obligee de rester jusqu’a 11h du soir malgre le risque d’etre depouillee de ses effets en rentrant car l’obligation des frais reguliers comme la cooperative l’exige.

<>, a confie Carole d’un air resigne.

Des riverains et motocyclistes interroges ont exprime leurs inquietudes face a cette situation. Les motos-taxis affirment qu’ils ont peur de transporter des passagers dans certains quartiers le soir, les passagers eux aussi evitent les chauffeurs car il y en a qui sont impliques dans ces genres de mefaits. Une mefiance qui reduit considerablement le trafic.

Parents et etudiants font le forcing vers les energies solaires

Aux Gonaives, nombreuses sont les familles qui s’efforcent de se procurer de l’energie solaire qui coute une fortune pour l’achat de panneaux solaires, de batteries, d’un inverter et d’un regulateur. James Emmanuel, etudiant en sciences de l’education a l’Universite publique de l’Artibonite des Gonaives (UPAG), a affirme que lui et quelques autres etudiants sont obliges de reunir leurs moyens en vue d’acheter un petit panneau et un inverter rudimentaire afin qu’ils puissent etudier a la tombee de la nuit.

<>, affirme James.

A l’instar des parents d’Emmanuel et de ses amis, d’autres ont investi dans l’energie solaire afin que leurs enfants puissent etudier sans se rendre dans les rues en cette periode d’insecurite a la recherche de lampadaires qui sont d’ailleurs de plus en plus rares dans la ville.

Le probleme des moteurs persiste a la centrale Simon Bolivar

Construite en 2008 grace a un don du gouvernement venezuelien, la centrale Simon Bolivar fait face depuis environ une annee a des pannes de moteurs. Sur les huit moteurs de la centrale, seuls deux fonctionnent periodiquement tandis que la ville necessite au moins six moteurs pour son alimentation. En revenant de Port-de-Paix lors du carnaval national organise par la ville l’annee derniere, l’ancien president Jovenel Moise avait fait savoir que la centrale ferait peau neuve dans le cadre de son projet d’electricite 24/24 prone par son gouvernement.

Contacte par le journal, le responsable de communication du bureau regional de l’institution, Samuel Thelusma, n’etait pas en mesure de confirmer quand un retour a la normale est envisageable. Cependant, il a promis qu’une fois que la centrale sera alimentee en carburant, certains quartiers beneficieraient d’un peu d’electricite durant quelques heures.

Du cote des autorites policieres, des changements sont effectues a des postes de police dans des zones strategiques de la ville. Le responsable du commissariat, Wesly Joseph, se dit determine a lutter contre toute forme d’insecurite et que des mesures seront prises a cet effet.