Haiti cherche son cap

Le Premier ministre Ariel Henry n’a pas tenu de vraie conference de presse depuis qu’il est en fonction. Il n’a pas pris la parole pour s’adresser formellement a la population non plus. Il parle sporadiquement lors d’occasions specifiques. Le chef de gouvernement et president de fait distille des petites phrases, mais il n’a pas encore annonce son cap definitif. Il navigue, au jour le jour, entre accords, ecueils et desaccords.

Ses ministres non plus ne parlent pas ou tres peu depuis l’incident du conseil des ministres evente sur la brouille autour de la dissolution manquee de l’Agence nationale d’intelligence (ANI).

Depuis la crise migratoire, le ministre des Affaires etrangeres et l’ambassadeur d’Haiti a Washington postent leur photo en compagnie de responsables americains. On les trouve dans la posture de ceux qui rassurent le professeur fouettard qui a frappe leur enfant turbulent.

La diplomatie haitienne est en mode survie mais ne suit pas le cap de l’interet national ni celui du necessaire redressement.

Les hommes d’affaires ne font pas mieux. Les associations du secteur prive ont disparu de la circulation. Elles ne s’inquietent meme plus, publiquement du moins, de la degradation continue de la situation securitaire, economique et sociale.

Pour sortir du lot, l’Association nationale des industries d’Haiti (ADIH), l’une des plus anciennes et plus importantes instances organisees du patronat, s’est fendue d’une page dans le Miami Herald. La parole de l’ADIH, que Le Nouvelliste partage dans cette edition, s’adresse avant tout aux etrangers, aux fameux investisseurs dont le pays esperent desesperement la venue depuis soixante ans. Les indications vers les chemins menant vers l’emploi et la croissance, vers l’espoir de lendemains meilleurs, ne sont pas dans le vocabulaire actuel de nos entrepreneurs.

L’elite economique du pays ne demande rien ouvertement au gouvernement et ne dit rien a la population.

Chacun devra trouver son cap tout seul.

En parlant de cap, les membres du CEP Mesadieu sont semble-t-il a la recherche d’un cap. Ils rejettent la decision du premier ministre Ariel Henry de mettre fin a leur aventure electorale.

Il y a quelques semaines, c’etaient les secretaires d’Etat non reconduits qui avaient annonce ne pas accepter leur non reconduction dans le nouveau gouvernement.

Ce deni de realite et la publicite que les interesses donnent a leur revendication disent beaucoup des temps tourmentes que nous vivons dans un pays qui n’est assis que sur des institutions illegales ou fragilisees.