Haiti: Extension du labyrinthe politique

Dans un pays normal, des observateurs tableraient sur des changements majeurs a l’horizon. Un changement de ministres, de premier ministre, un coup d’Etat ou une revolution. Tous les elements sont en place en Haiti ce vendredi pour un chantier complique qui ne concourt ni a renforcer l’Etat ni a resoudre les problemes de la population.

Le gouvernement Henry est dechire entre un premier ministre qui se rapproche des opposants de celui qui l’a choisi et des ministres en rebellion ouverte contre le chef de qui ils detiennent leur place.

Il y a aussi ces accords qui grapillent appuis et signatures. Un camp ou l’autre finira par crier victoire sans que personne ne soit en mesure de predire ce qu’il adviendra dans un cas ou l’autre.

Il y a aussi le secretaire general du Conseil des ministres qui sort de plus en plus de son role d’animateur d’un secretariat pour s’eriger en gardien du temple. Qui peut interpreter les lois en absence de Parlement et de Cour constitutionnelle dans un pays sans president a la tete de l’Etat?

Et comme les gangs tiennent les rues, comment ne pas souligner la treve autoproclamee pour permettre au pays de ne pas s’immobiliser faute de produits petroliers.

Comme si cela ne suffisait pas, l’envoye special pour Haiti de l’administration americaine dit haut et fort que l’actuel gouvernement ne pourra pas organiser les elections sans un accord politique. Sans etre renforce.

L’avenir va-t-il s’ecrire avec Ariel Henry ou pas ? Avec un executif monocephale ou bicephale ?

Quel accord finira par s’imposer ou s’effondrer ? Qui peut rapprocher les divers camps ou creer un nouveau regroupement ?

Ce vendredi, toutes les questions sont sans reponse. On ne peut meme pas dire quelle autorite sera encore autorite dans les prochains jours. Ni avec qui, des gangs, de la PNH ou des FADH, le pays doit parler securite.

Depuis janvier 2020, les pecheurs en eaux troubles de la Republique enfoncent les institutions et les lois dans la vase de leurs ambitions. En ce mois de septembre 2021, aucune des options permises par la Constitution en vigueur ne peut s’appliquer parfaitement.

Il ne reste que le consensus ou le coup de force.

Avec des acteurs habiles a ne pas resoudre les problemes, le labyrinthe politique a tout pour connaitre de nouvelles extensions.

Comme des enfants dans un magasin de farces et attrapes, la classe politique et la societe civile refusent de chercher la sortie, trop heureux de jouer gratuitement et sans consequence pour eux-memes. .. avec l’avenir du pays.