Haiti seule dans l’adversite

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Ce que la population haitienne vit ces derniers temps est inimaginable. Cela semble depasser les dix plaies d’Egypte. La guerre des gangs dans la plaine du Cul-de-Sac n’est que la pointe de l’iceberg. Grace a la magie de la technologie, le monde entier a suivi en direct les scenes horribles de centaines de personnes fuyant leurs maisons pour se mettre a l’abri des balles perdues des gangs. Si le bilan provisoire de cette guerre fait etat de 39 morts, il est difficile, voire impossible, d’evaluer ses impacts sur la population. Peut-etre ne saura-t-on jamais les consequences de ces luttes intestines sur la sante mentale des enfants, jeunes et vieux laisses a la merci des bandes armees. Ni le nombre exact des victimes, tuees ou blessees.

Le systeme educatif deja branlant paie un lourd tribut a ce climat deletere. Depuis deux semaines, la majorite des ecoles de la plaine du Cul-de-Sac gardent leurs portes fermees. Certains s’interrogent, a raison, si les eleves ne vont pas perdre le reste de l’annee scolaire. Sur le plan economique, il est trop tot pour dresser un bilan de cette guerre des gangs. Il est cependant a craindre que des entreprises ferment definitivement leurs portes faute de tranquillite pour poursuivre leurs activites.

Ce qui arrive dans la plaine du Cul-de-Sac s’etait deja produit a Martissant et dans certains quartiers de la commune de Croix-des-Bouquets. A cela, il faut ajouter le kidnapping qui sevit dans la zone metropolitaine et dans certaines villes de province. Le Premier ministre Ariel Henry, place au pouvoir par la communaute internationale, multiplie les vaines promesses de reprendre le controle de la situation. Pourtant, le climat sociopolitique se deteriore jour apres jour.

Le kidnapping, les assassinats en plein jour, le blocage des routes, la prise en otage de quartiers par des gangs sont devenus des faits divers. Ces faits ne sont pas nouveaux, mais s’accentuent sous la gouvernance d’Ariel Henry. Tout cela semble etre trop peu pour porter la communaute internationale a voler au secours de la population haitienne. Il ne s’agit pas de demander a la communaute internationale d’agir a notre place, il revient de lui demander de reparer des torts qu’elle a faits au pays en imposant des incapables a la tete de l’Etat.

A un moment ou les pays occidentaux deploient de grands moyens pour soutenir l’Ukraine, en Haiti, les gangs ont carte blanche pour tuer, violer et kidnapper. La Police nationale d’Haiti, creee, entrainee et armee par les pays <> d’Haiti accuse ses limites dans la lutte contre l’insecurite qui met a genoux le pays depuis des annees.

La communaute internationale, notamment la France, les Etats-Unis, le Canada, multiplie des reunions regulieres et dresse des rapports periodiques sur la situation du pays. Ce qui laisse croire qu’elle est informee des malheurs de la population meme s’il n’y a pas toujours de reactions a la hauteur des drames quotidiens. Cette attitude envers Haiti prouve que la communaute internationale n’avait rien appris du genocide rwandais il y a presque trois decennies.