Haïti veut inscrire “Bois Caïman” parmi les lieux liés à l’histoire et à la mémoire de l’esclavage de l’UNESCO

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Haïti propose à l’UNESCO d’inclure le site historique “Bois Caïman” parmi les lieux liés à l’histoire et à la mémoire de l’esclavage.

La Délégation permanente d’Haïti auprès de l’UNESCO ayant à sa tete l’ambassadeur Dominique Dupuy a annoncé, dans un communiqué publié le jeudi 11 janvier, qu’elle a, en collaboration avec la Commission nationale haïtienne de coopération avec l’UNESCO, officiellement proposé que le site historique “Bois Caïman” soit inclus dans le Réseau UNESCO des lieux liés à l’histoire et à la mémoire de l’esclavage.

C’est la première fois qu’Haïti propose un site pour une inscription à ce registre mondial. Et cette initiative s’inscrit, selon la delegation permanente du pays, dans les dispositions du Gouvernement haïtien relatives à la mise en valeur du patrimoine et à la célébration de la mémoire.

Pour sa démarche, Haïti a relevé la correlation entre la date du 23 août qui est désignée par l’UNESCO comme « Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition », et son lien direct avec la cérémonie politique du « Bois Caïman », qui transcende son aspect historique pour devenir un véritable mythe fondateur, incarnant dans l’imaginaire collectif haïtien la lutte pour la liberté, l’égalité et la dignité.

Le site du « Bois Caïman » a été classé comme patrimoine touristique national en 1982 et est décrété d’utilité publique par arrêté en 1995. En septembre 2023, l’actuel gouvernement a réalisé le bornage du site, ouvrant la voie à divers projets, dont la construction d’un musée de l’esclavage.

La procedure pour obtenir l’admission au réseau et les avantages qu’elle procure.

La demande sera examinée sur des critères comme : la documentation historique authentifiée relative au lieu ; l’importance du lieu; la contribution attendue du lieu au devoir de mémoire et comment sa promotion, sa préservation et sa gestion peuvent être mises en œuvre ; le bon état du lieu en lien avec sa gestion, sa protection et sa préservation ; la viabilité de la proposition.

L’admission au Réseau n’est accordée qu’après délibération favorable de l’UNESCO, en consultation avec les membres du Comité scientifique international du projet de l’UNESCO: Routes des personnes mises en esclavage : résistance, liberté, héritage. L’admission au Réseau sera accordée pour une période de cinq ans. Elle pourra être renouvelée tous les cinq ans à la demande du pays concerné.

Selon l’organisation, les lieux qui appartiennent au Réseau UNESCO des “lieux d’histoire et de mémoire liés à l’esclavage et à la traite”, et qui sont liés à la traite transatlantique, pourront partager leurs bonnes pratiques et concevoir des activités communes, tout en bénéficiant du soutien de l’UNESCO sous la forme d’une assistance technique, d’un travail de sensibilisation commun et d’une visibilité accrue.

L’UNESCO et le Comité scientifique international soumettront leurs recommandations à la Directrice générale pour une décision. L’annonce des lieux admis au Réseau est prévue deux fois par an, le 25 mars, Journée internationale de la commémoration des victimes de l’esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, et le 23 août, Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition.

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