Ha?ti, pays dysfonctionnel

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Les derni?res nouvelles ne sont pas bonnes. Le palais de justice, temple sacr?, n’est plus contr?l? par les officiers de justice ni par ceux de la police. Il est aux mains de bandits depuis plus d’une semaine et la situation se normalise.

Le bureau officiel du premier ministre qui est dans le m?me quartier au Bicentenaire ouvre ses portes rarement et avec prudence. On ne sait jamais.

Si les juges et autres n’ont plus de palais ni de r?sidence de substitution, le chef du gouvernement se contente de sa r?sidence officielle.

A quelques centaines de m?tres de l’ancienne ambassade am?ricaine devenue la Primature, ce sont les installations portuaires, douani?res et de transport maritime qui sont victimes des bandits. Quand on ne les attaque pas ? l’arme lourde, les camions de marchandises sont d?tourn?s ou les employ?s sont kidnapp?s. Tout le commerce est d?stabilis?. Apr?s la justice. Apr?s le gouvernement.

Sur un plan plus global, le minist?re de l’Education nationale a d? annoncer ce premier jour de la s?rie des examens officiels que tout ?l?ve peut composer dans n’importe quel si?ge. A cause de l’ins?curit? rampante on ne sait pas quel si?ge d’examen peut garder ses portes ouvertes. Des quartiers entiers sont impraticables alors les ?l?ves n’ont plus d’adresse. Un centre permanent d’?valuation est m?me mis sur pied pour pallier au pire.

Dans un autre registre qui touche un plus large public, les distributeurs de produits p?troliers, complices ou victimes, ne peuvent pas assurer l’approvisionnement des pompes ? essence en produits p?troliers. Le carburant est import?, livr? en Ha?ti, stock?. Il sort des cuves sur des camions-citernes mais n’arrive pas ? destination. L’essence, la gazoline particuli?rement, est disponible dans les rues, dans les gallons de plusieurs centaines de revendeurs au prix fort, tr?s peu dans les stations-services.

Ha?ti devient chaque jour un peu plus un pays dysfonctionnel. Tous les ingr?dients, toutes les autorit?s et tous les besoins sont l? mais les m?canismes pour les mettre au service de la population et de l’avancement du pays font d?faut.

Chaque jour, ici, on oublie comment faire pays. On dirait que le prospectus est perdu. L’Etat tourne en rond sans but.