Honneur et respect pour SHOUBOU

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Il a toujours ?t? magnifique, magn?tique, majestueux. Il a impr?gn? son groupe du charisme de sa voix. Roger M. Eug?ne (Shoubou) ?tait destin? ? devenir c?l?bre. Ses pas de danse d’estropi?s, son amusant jeu d’?paule, ses citations latines nous ont s?duit.

Son groupe Tabou Combo a plus d’un demi-si?cle. Il est un r?f?rentiel de la musique urbaine d’Ha?ti. Shoubou en fut l’un des signes vitaux. Nos souvenirs sont meubl?s de ces tubes. Qui d’entre nous, qui avions connu cette p?riode du Konpa ”old school” n’aurait pas une histoire, une anecdote, une blague ? retenir ou ? raconter de ce chanteur. Nos souvenirs sont meubl?s des tubes de cette l?gende : New York City, Et Alors, B?b? Paramount, Hommage ? Nemours Jean Baptiste, Lakay.

Brusquement, le 12 novembre c’est la d?ception. Le rideau tombe sur l’ic?ne. Une vid?o amateur film?e na?vement, je pr?sume, s’invite. Un d?cor sans perspective, un plan sans mise en sc?ne se pr?sentent. Une cam?ra insolente aura capt? le tout. Ce que je vois n’est pas ? la hauteur de mes expectatives. Des images d?cal?es qui d?gradent mes souvenirs. Sur mon t?l?phone, on dirait que c’est l’aura de l’artiste qui r?tr?cit pour s’adapter ? la mesure de l’?cran.

Je ne me rappelle plus qui disait :” La vie priv?e, c’est ce dont on a le droit de priver les autres”. M?me si nous sommes ? l’?re des r?seaux sociaux et de la capture de portraits, Shoubou et tous les humains ont droit ? l’honneur et ? la dignit?.

Mais quelle ironie ! Nous avons, successivement, honor? Mika et pr?caris? Shoubou, nous ne faisons pas dans l’?quilibre. Devrait-on croire que le seul bon ha?tien est un ha?tien mort !

ET pourtant, dans une chanson ?crite par Tuco Bouzi ”Onore yo”, sur l’album Les Rois du Compas 1, il chante que nous devrions honorer les artistes de leur vivant :

”Pandan je yo louvri

Pa tann l? yo mouri

Pou n al pale de yo

Pou nou onore yo”

Pr?senter nos artistes dans leur vuln?rable intimit?, cela les d?shonore. C’est ?galement une atteinte ? la m?moire collective. Il ne s’agit pas de cacher la maladie, encore moins la vieillesse qui sont des fatalit?s de la vie. Il faut seulement prot?ger leur image. D’ailleurs, si une image vaut mille mots, elle ne doit pourtant pas avoir le dernier mot.

Aly Acacia

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