Il faut beaucoup plus pour stimuler le developpement de la peche en Haiti

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Haiti dispose de 1 700 kilometres de cote. Ce qui le place au 157e rang au monde des pays avec la plus longue cote. Lors d’une conference-debat tenue a l’universite Quisqueya, le 8 septembre dernier a l’occasion de l’anniversaire de l’agronome Jean Andre Victor, le recteur de l’universite et l’agronome Victor n’ont pas manque d’exposer les richesses de la mer. Cette conference se tenait dans une perspective de presenter la mer comme un moteur de richesse et grand generateur de revenu. Malheureusement, explique l’agronome Jean Andre Victor, on n’arrive toujours pas a exploiter cette richesse, ce, au grand dam de la population.

L’economie bleue, dans son ensemble a ete debattue et decortiquee lors de cette activite. Mais, l’emphase a ete mise sur la peche maritime. Des organisations non gouvernementales et le ministere de l’Agriculture, affirment les intervenants, ont consenti des efforts dans le but de developper le secteur. Des seances de formation ont ete tenues. Il a ete egalement mentionne la mise en place de chaines de froid et de conditionnement, sans oublier du materiel de peche comme des bateaux a fibres de verre et des moteurs.

Un programme de developpement de la peche est en train d’etre implemente dans les departements du Sud, de la Grand-Anse et du Sud-Est. Toutes les activites susmentionnees ont ete realisees dans le cadre de ce projet finance par la Banque interamericaine de developpement (BID). Le 13 aout dernier, une trentaine de moteurs ont ete distribues aux vingt associations concernees par le programme de cofinancement. Selon le coordonnateur de ce projet, Laurent Merisier, neuf bateaux devaient etre mis a la disposition de ces pecheurs dans l’optique de developper le sous-secteur.

Avec cette enieme activite, les pecheurs de ce departement et des deux autres susmentionnes disposent de plusieurs dizaines de bateaux et de moteurs. Vu leur situation initiale, les pecheurs n’ont pas tari d’eloge sur des tenants de ce projet, car, font-ils savoir, leurs revenus sont nettement ameliores depuis son implementation. Le directeur departemental agricole du Sud, Marcelin Aubourg, croit qu’avec ce materiel l’on peut s’attendre, encore plus, a une amelioration des conditions de vie de cette tranche de la population.

Mais pour les intervenants de la conference-debat a l’Universite Quisqueya, il en faut beaucoup plus pour stimuler le developpement de cette branche d’activite. Trop de pecheurs sur les cotes. <>, laissent-ils entendre. Le courant nord equatorial conduit dans les eaux marines haitiennes plusieurs especes de poissons pelagiques. Ce sont des especes gregaires. Donc, estime l’agronome Jean Andre Victor, il faut se donner les moyens pour ce genre de prise.

Des bateaux etrangers s’installent dans nos eaux territoriales et procedent a la peche industrielle, sans autorisation de l’Etat haitien. Avec un peu d’investissement, l’on peut se mettre a la hauteur de ces pecheurs. <>, informe l’ancien directeur general du ministere de l’Agriculture. Le pays comporte neuf departements maritimes. Avec un bateau par departement, estime M. Victor, une partie importante du probleme sera resolu.

Aussi, l’universitaire insiste sur la necessite de mieux organiser le sous-secteur. Pour y parvenir, il faut impliquer, dit-il, tous les acteurs concernes, car, estime-t-il, on ne peut pas faire le developpement contre la collectivite, contre la grande masse.

Avec ses 35 000 kilometres carres de superficie de mer territoriale, Haiti detient un potentiel a exploiter. Les efforts des autorites ne sont pas a la hauteur de ce que represente la mer. D’autres initiatives doivent etre prises pour stimuler l’investissement dans cette branche d’activite, en commencant par l’achat de plusieurs bateaux industriels. Il faut arriver a une peche semi-industrielle, recommande l’agronome Victor