Il n’y a pas d’electricite et cela passe comme une lettre a la poste

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Depuis qu’il a ete installe a la tete de la compagnie Electricite d’Haiti (EDH), le directeur general Jean Eroll Morose ne cesse de dire la meme chose : la compagnie n’est pas en mesure de fournir de l’electricite ni a la capitale ni au reste du pays.

Cet ancien haut cadre de l’EDH, qui a deja dirige l’entreprise dans le passe, joue carte sur table : il n’y a pas d’argent pour produire de l’electricite.

A bien l’ecouter, il n’y a pas d’argent non plus pour reparer les differentes infrastructures en panne. L’EDH est un champ de ruine qui coute trop cher a faire vivre.

La facture est d’autant plus elevee que la gourde perd chaque jour de la valeur, que les produits petroliers et les pieces de rechange vendus en dollars coutent chaque jour plus chers, que les usagers ne reglent pas leur facture.

Le cercle vicieux est parfait. Meme si l’Etat injecte des millions dans le secteur electrique ils ne seront jamais suffisants pour remonter la pente, reparer les anciennes usines, acquerir des nouvelles installations ou faire tourner les generateurs.

Pour tout reprendre, pour sortir du deficit chronique d’investissements necessaires a l’EDH, il faudrait des milliards. De dollars. Et des clients solvables.

Pour le moment, le pays n’a ni les milliards ni la situation economique pour assurer un projet d’electrification et de production pour passer au 24/24, 7 jours sur 7. Les clients solvables se comptent sur les doigts d’une main dans chaque quartier.

Nous sommes loin du reve du president Jovenel Moise. Reve que certains technocrates- pour citer Kesner Pharel- ont concocte avec le president, pour le president, en lui cachant la verite ou leur propre insuffisance. Allez savoir.

En attendant des jours meilleurs, de l’eau pour alimenter apres la saison pluvieuse le barrage hydroelectrique de Peligre- si on arrive a reparer les turbines en panne-, il est a craindre que le black-out s’etende et gagne le match.

Chaque Haitien fait de son mieux pour se procurer l’energie electrique dont il a besoin pour son domicile ou son entreprise. L’Etat n’adresse meme plus la question. Le sujet ne fait pas debat. Ni associations patronales ni hopitaux n’en parlent ou s’en plaignent.

Le black-out passe comme une lettre a la poste dans un pays qui n’a plus d’ambition de croissance depuis des annees.