La septic?mie ha?tienne ? l’?preuve de la g?opolitique

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En tant qu’analyste politique rompu aux asp?rit?s et d?rives du processus de d?mocratisation d’Ha?ti, j’en arrive aujourd’hui ? envisager trois scenarii : le statu quo apocalyptique, l’instauration d’un r?gime autoritaire et le coaching ?tranger.Autant le dire tout de suite, les deux premi?res hypoth?ses sont invraisemblables et la derni?re l’est moins. La rechute transitionnelle ha?tienne correspond d?sormais dans sa dimension ins?curitaire ? une septic?mie. L’apr?s-Jovenel Mo?se ressemble ? l’apr?s-Jean Bertrand Aristide (2004) mais avec d’autres ?l?ments de nature criminelle li?s ? l’effondrement complet de l’?tat et du discr?dit des forces repr?sentatives de la soci?t?, comme en 1915.

Contrairement ? 1915 et ? 2004, les puissances ?trang?res, les USA en tout premier lieu, ont d’autres chats ? fouetter avec l’invasion russe de l’Ukraine, sans oublier l’expansionnisme de la Chine continentale par rapport ? Ta?wan, entre autres. Dict?e par des calculs complexes l’attitude attentiste des Am?ricains et des Canadiens vis-?-vis d’Ha?ti renvoie directement ? des enjeux tant g?opolitiques que conjoncturels.Il faut dire que le traitement des maux dont souffre le processus rat? de d?mocratisation d’Ha?ti requiert aujourd’hui beaucoup de prudence et ,du coup, d’exigence. Ce pays appauvri et disloqu? , cern? par des bandes criminelles, est-il pr?t pour un r?gime d?mocratique lib?ral ? L’?tait-il d’ailleurs en 1986 ?

Voil? la question incontournable que nos tuteurs ?trangers auraient d? se poser il y a 36 ans?Pour que l’Etat de droit puisse s’enraciner, il faut des ?lites dirigeantes et poss?dantes ?clair?es , favorables aux r?formes structurelles. La pauvret? et l’ignorance sont des facteurs d?favorables ? l’implantation du r?gime d?mocratique en Ha?ti. Je le mentionne ,en toute lucidit?, sans aucune forme de g?ne discursive, en me r?f?rant, d’une part, aux pr?-requis culturels, structurels, historiques, propres ? l’implantation de l’Etat de droit et,d’autre part, aux exp?riences d?mocratiques d?sastreuses enregistr?es ailleurs ? la faveur de plusieurs interventions am?ricaines ,onusiennes ( Irak,Libye ).La d?mocratie par procuration ne marche pas ? tous les coups. En Afrique, le mod?le democratique peine ? se g?n?raliser : ici et l?, les coups d’Etat militaires surgissent de temps en temps et les pouvoirs illib?raux fleurissent, comme partout en Asie, au Moyen Orient, en Europe.

En Am?rique latine, la d?mocratie ?lectorale ? fini par s’imposer tant bien que mal, sauf ? Cuba, au Nicaragua, au Venezuela. Le cas d’Ha?ti est un anti-mod?le en tous points, dessin? par les pesanteurs d’une soci?t? endo-coloniale domin?e par des acteurs nationaux r?trogrades, avides d’argent et de pouvoir et des forces externes aux vues n?o-coloniales ou imp?rialistes. Des slogans ,d’?ternels agitateurs, des pr?varicateurs ,des mis?rablilistes, des contrebandiers ne peuvent pas remplacer des ressources humaines comp?tentes et honn?tes d?di?es v?ritablement ? la cause d?mocratique : stabilit?, justice, pluralisme, ?ducation, progr?s, etc. Apr?s 36 ans de mauvais choix et de crimes impunis de toutes sortes, c’est un pays exsangue, sans ressources humaines, mat?rielles, morales, organisationnelles suffisantes pour se redresser. Un pays en pleine d?tresse, en agonie,aux prises ? des malheurs terrifiants qui r?v?lent ? la fois la faillite de ses enfants et celle de ses tuteurs ?trangers. Pourtant, pour s’en sortir, il lui faut l’assistance internationale.

Il lui faut m?me une assistance bilat?rale ou multilat?rale,sans aucun doute. Sous quelle forme ? Une aide cibl?e ? Un coaching feutr?? Exc?d?s par nos TURPITUDES ? r?p?tition, les USA et le Canada qui attendent la conclusion d’un accord inclusif entre toutes les forces nationales ne semblent pas press?s outre-mesure, car le monde a chang? et les probl?mes ha?tiens sont incommensurables .Le dilemme est l? pour la Communaut? Internationale. Les Ha?tiens ont un r?le d?terminant ? jouer dans cette perspective d’aide externe. Mais lesquels ? L’approfondissement des sanctions nous permettra d’y voir clair.Conjoncturelles on ne peut plus,les interventions de 1994 et de 2004 ont laiss? des souvenirs amers. Une chose est s?re : sans la ma?trise du fl?au de l’ins?curit? que seule une force arm?e robuste, pour citer le secr?taire g?n?ral de l’ONU,peut ?radiquer, Ha?ti ne fera que s’enfoncer dans le chaos. Ni le gouvernement actuel ni un autre ( un gouvernement de large consensus ou un gouvernement de technocrates) ne pourra faciliter le retour ? la normalit? constitutionnelle sans ce pr?-requis. C’est la v?rit? ! Personne ne peut dire le contraire. Comment pourrait-on proc?der ? la r?forme constitutionnelle et ensuite organiser des ?lections dans de pareilles conditions ?

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