La societe civile s’invite dans la reflexion sur la securite

The content originally appeared on: Le Nouvelliste

Il etait temps. Des personnalites de la societe civile, certaines avec une experience militaire et/ou un parcours dans la Police Nationale d’Haiti, se sont mis ensemble pour reflechir et -qui sait ? – faire des propositions sur la securite.

Depuis le depart des Duvalier et le renvoi du corps des Volontaires de la Securite Nationale (Tontons macoutes), des agents de la Prefecture et autres polices politiques de la dictature, premier gros choc de l’apres 1986, c’est la premiere fois que les mots <> et <> sont prononces dans une meme phrase.

Des premieres mesures du Conseil national de gouvernement (CNG) jusqu’aux atermoiements de l’ere Ariel Henry, les dispositions concernant la securite ont souvent ete enfants de l’urgence plus que fruits de pensees conscientes. Ne parlons meme pas de politique publique. On a souvent fait vite sans chercher a bien faire.

Les VSN, les polices politiques, les chefs de section de nos polices rurales, les attaches, les paramilitaires du FRAP, les militaires, les chimeres, les gangs et tous les autres corps armes ont souvent ete demobilises, renvoyes, dissous ou se sont evapores sans qu’aucune instance n’ait organise leur depart ou amenage leur remplacement.

Aujourd’hui que la societe civile s’invite enfin dans le debat securitaire, souhaitons que les discussions soient sereines. A la hauteur de nos problemes. En adequation avec nos moyens.

L’absence de responsables legitimes, d’elus en fonction et de projets de gouvernance clairs doivent aussi etre mis dans la balance.

Il ne faut ni tuer le bebe PNH ni jeter les FADH avec l’eau du bain.

L’exercice est delicat dans un pays ou la demande de justice est aussi mal servie que celle de securite. Dans un pays ou les disparites sociales sont aussi graves que l’erosion de la confiance dans les institutions, il est urgent de penser la securite et imperatif de ne pas se tromper de solutions.