La violence ? Martissant a un an et ce n’est pas la pire nouvelle

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Depuis le 1er juin 2021, Martissant, quartier de la sortie sud de Port-au-Prince, est devenu une zone de non-droit o? la violence aveugle fait la loi.

Les exactions commises par les gangs ? Martissant d?frayent l’actualit? mais personne ne peut faire le d?compte des morts et des bless?s survenus dans le p?rim?tre de ce quartier ou le long de la route nationale num?ro 2 qui le traverse.

Chacun conna?t quelqu’un qui a d? quitter la zone mais personne ne peut pr?ciser combien de personnes ont d? abandonner leur domicile, changer d’adresse ou perdre totalement la jouissance de leur bien immobilier.

Il n’existe plus de vie ?conomique ? Martissant mais personne ne peut dresser l’inventaire des entreprises qui ont ferm? leurs portes et qui ont disparu tout simplement du jour au lendemain.

Personne ne compile les statistiques des chiffres d’affaires qui se sont envol?s en fum?e, et ce, sans aucun recours.

Les implications sur le transport de passagers, sur la circulation des marchandises, sur les prix pour une partie du d?partement de l’Ouest, pour les d?partements du Sud-Est, des Nippes, du Sud et de la Grand’Anse, ne sont pas comptabilis?es.

Personne ne peut expliquer pourquoi exactement les gangs se battent ? la sortie sud de la capitale ha?tienne un an apr?s le d?but des affrontements. Il y a des hypoth?ses qui ne sont pas valid?es.

Quels sont les buts poursuivis ? Les objectifs ? La finalit? ? Pourquoi cette obsession de la table rase ? Rien n’est clair.

Un an apr?s le d?but des hostilit?s, les bilans humain, social, ?conomique et s?curitaire sont autant de n?buleuses, de trous noirs. Martissant ?chappe ? toute analyse rationnelle.

En d?pit de tout et pour le plus grand malheur du pays et des Ha?tiens, la situation a Martissant n’est pas la pire des nouvelles sur le front de l’ins?curit?. La pire des nouvelles est que Martissant n’est pas une exception. Martissant n’est pas un ?lot de violence.

Un an plus tard, Martissant appartient ? l’archipel de l’ins?curit? et de la violence.

Le drame qui a pris naissance ? Martissant le 1er juin 2022 se comporte comme un organisme vivant. Il s’?tend, colonise d’autres zones.

Processus dynamique, la m?canique des zones de non-droit issue de la situation ? Martissant a impos? sa logique. Le pays est pris dans un engrenage. Il y a des Martissant partout. Avec plus ou moins de violence. Et le m?me tableau de d?ch?ance de quartiers autrefois paisibles.

La principale caract?ristique de la situation ? Martissant est l’absence de r?ponse de la part des autorit?s politiques et/ou des forces de l’ordre. Cette faiblesse est constat?e dans tous les autres quartiers o? la violence surgit un matin.

L’Etat ha?tien et ses institutions assistent comme le commun des mortels ? la multiplication des zones de non-droit dans un non-dit confortable et confondant. S’il existe des Martissant, nos autorit?s en sont les g?niteurs ou les p?res nourriciers. Ils encouragent, laissent faire ou ignorent les probl?mes qui d?g?n?rent.

Martissant a un an ce 1er juin et aucun responsable n’en parle. Il n’y a m?me pas une promesse de redressement. Rien.

La pire nouvelle est que le pays s’installe dans la gestion du pire et la cohabitation avec la violence aveugle sans aucune visibilit? sur un retour ? la normale.