Le Canada d?clenche un s?isme politique en Ha?ti

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Certains font un parall?le entre le s?isme du 12 janvier 2010 et l’annonce de sanctions, contre un ancien pr?sident et deux anciens premiers ministres ha?tiens, faite dimanche 20 novembre 2022 par le gouvernement canadien.

Sur l’?chelle politique, le s?isme canadien d?passe en amplitude le tremblement de terre du 12 janvier.

Le s?isme meurtrier de 2010 n’?tait pas la premi?re catastrophe naturelle du genre en Ha?ti. Les sanctions canadiennes, dans leur ampleur, sont une premi?re. Jamais dans l’histoire politique mouvement?e de notre pays un ancien pr?sident et deux anciens premiers ministres ne s’?taient trouv?s mis ? l’index comme le Canada vient de le faire.

Plus que le s?isme du 12 janvier et ses r?pliques, l’annonce canadienne s’inscrit dans un chapelet d’annonces. Avant l’ancien pr?sident Michel Martelly, les premiers ministres Laurent Lamothe et Jean Henry C?ant, le pr?sident du S?nat Joseph Lambert, l’ancien pr?sident de la Chambre des d?put?s Gary Bodeau, le s?nateur en exercice Rony C?lestin et l’ancien s?nateur Herv? Fourcand avaient ?t? frapp?s.

Quand on ajoute les sanctions am?ricaines aux canadiennes, c’est une cha?ne de sanctions qui d?vaste la classe politique, particuli?rement celle qui conduit les destin?es du pays depuis la fin de la pr?sidence de Ren? Pr?val.

Le Canada et les USA dessinent les contours d’un attelage qui r?unit chefs de gangs, ministres en exercice, ?lus, anciens ?lus, tous chefs au plus haut niveau dans le pays perdu qu’Ha?ti est devenu en moins de dix ans sous leur gouvernance.

Et, selon les informations obtenues par Le Nouvelliste, le Canada va annoncer d’autres sanctions dans les jours ? venir et les Nations Unies pr?parent une grande liste qui rendra mondiale l’application des sanctions contre les Ha?tiens vis?s. La chasse est ouverte et d’autres ?l?ves vont rejoindre la classe des sanctionn?s.

Il est m?me dit dans les milieux diplomatiques qu’apr?s l’ancien pr?sident de la R?publique, apr?s les anciens premiers ministres, apr?s les anciens et actuels parlementaires sous sanctions, apr?s les ministres qui ont d? partir du gouvernement Henry, la communaut? internationale va dans les prochains jours cibler des hommes d’affaires, contrebandiers et financiers de gangs les premiers.

Le s?isme des sanctions s’accompagne d’un tsunami politique.

Tous les groupes, tous les acteurs, tous les accords, qui depuis des mois dans une solidarit? de spaghetti ? l’ha?tienne, refusaient d’oeuvrer ? la naissance d’un consensus ha?tien, sont touch?s.

La classe politique est d?capit?e ? cause de son refus de condamner les gangs, d’appeler ? la paix et de supporter la venue d’une force sp?cialis?e arm?e. Ce n’est pas dit dans les pr?ambules des sanctions mais l’addition avant la facture est ?vidente.

La communaut? avait ferm? les yeux sur la corruption de nos politiciens, elle s’accommodait de leur investissement dans leur pays, acceptait les vols d’?lections et voil? qu’elle les tape pour n’avoir pas suivi les recommandations adress?es depuis des mois aux vrais chefs.

Il est d’ailleurs ironique de constater que ceux qui disaient vouloir d’un pays sans intervention ?trang?re dans les affaires politiques ha?tiennes, au risque de laisser la violence s’imposer comme la seule voie, sont aujourd’hui les m?mes qui applaudissent aux sanctions canadiennes forme supr?me de l’intervention.

Cela dit, pour le moment, Ariel Henry para?t ?tre le grand gagnant dans la situation. Rien ne dit que le s?isme des sanctions ne l’emportera pas lui aussi un matin.

Le premier ministre pourra-t-il appliquer les sanctions contre ses anciens alli?s le jour o? la communaut? internationale lui en fera la demande ? Car dans la logique des sanctions il ne doit pas y avoir de tani?re ni de personnalit? inaccessible. Ici ou ailleurs.

Il restera encore le plus compliqu? : aboutir au consensus ha?tien pour ?crire l’avenir. Ce consensus est toujours n?cessaire, les sanctions, d?j? prises et ? venir, ne r?solvent pas nos autres probl?mes.

Certains font un parall?le entre les sanctions canadiennes et le s?isme de 2010. D’autres y voient la fermeture probable de la parenth?se 2011-2021 des pr?sidences PHTK.

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