Le gouverneur Ronald Gabriel explique la baisse du taux de change constatée ces derniers jours

The content originally appeared on: juno7 – Haïti News

Le gouverneur Ronald Gabriel explique la baisse du taux de change constatée ces derniers jours

Le nouveau gouvernement de la banque de la République d’Haïti (BRH), intervenant à l’émission Rendez-vous économique animée par l’économiste Kesner Pharel a apporté des explications en faisant une analyse poussée sur le regain de force de la gourde par rapport au dollar. Actuellement, on est plus à 153 gourdes pour un dollar comme ce fut le cas au courant de l’année mais à environ 132 gourdes selon le taux de change de référence publié au mercredi 3 décembre par la banque centrale.

Ronald Gabriel, dans son intervention, a évoqué les défis rencontrés au cour de cette année économique très difficile qui ont contribué à rendre instable le taux de change. Il cite l’insécurité qui a causé des dommages extrêmement importants sur le fonctionnement des activités économiques d’abord par la rupture des circuits d’approvisionnement qui entraine un manque de mobilité des facteurs de production ainsi que l’arrêt de certaines entreprises dans les zones les plus difficiles. Ces facteurs négatifs ont provoqué une altération des prix relatifs et une augmentation de l’inflation de près de 50% constatée pendant tout le premier semestre de l’année écoulée.

Le deuxième cout de l’insécurité c’est sur le capital humain, affirme le gouverneur qui précise au passage que la fuite des cerveaux qu’a connu le pays cette année touche à la fois les secteurs public et privé. Le départ des personnels qualifiées vers l’étranger à des impacts sur le fonctionnement des entreprises, par exemple l’industrie bancaire qui a enregistré pour 2023, près de 243 cas de démission au niveau des fonctions critiques comme la conformité et autres. Toutefois Ronald Gabriel n’explique pas cette fuite de cerveau par la cause de l’insécurité uniquement mais également au regard des opportunités que peuvent offrir d’autres cieux.

Quant aux facteurs qui ont permis de faire baisser cette pression sur la monnaie locale qui était très volatile en début d’année, le gouverneur avance qu’à partir du deuxième semestre il y a eu une amélioration dans le fonctionnement et la performance des organismes de perception, notamment, au niveau de la douane grâce aux mesures administratives qui permettent à l’État d’avoir plus de recettes. Aussi, nous avons constaté, dit-il, une diminution de plus de 200 % des pertes sur les recettes de produits pétroliers ainsi qu’une meilleure distribution de ces produits qui a fait fléchir la dynamique qui n’augmente plus au même rythme qu’autrefois.

L’économiste Ronald Gabriel met en avant aussi les efforts consentis par le gouvernement et la banque centrale pour un meilleur comportement dans la gestion des finances publiques en ce sens que le financement monétaire est passé de 49 milliards de gourdes à 17 milliards de gourdes en 2023. Ceci a pour conséquence d’éliminer les liquidités générées dans l’économie et donc favorise une stabilité du taux de change.

Autre facteur influant sur le taux de change que le gouverneur a mis en avant c’est la réponse apportée par les mesures de politique monétaire. Il précise que la BRH a toujours une posture serrée de politique monétaire. Les taux d’interêts ont été révisés à la hause même depuis le début de l’année. Ils sont fixés à 6, 8 et 11, 1/2 % sur les bons BRH par rapport à 4,6 et 8%. Et la banque ajoute-t-il, maintient toujours la réserve Obligatoire en appliquant une politique d’assèchement de liquidité.

Par ailleurs, M. Gabriel a évoqué la circulaire 114-3 qui fait obligation aux banques et maisons de transfert de payer les transferts internationaux en gourdes dans tous leurs points de service au taux de référence calculé par la BRH. Selon lui, en raison de cette disposition, en forçant les acteurs à faire la majorité des opérations de changes dans le secteur formel on a enregistré 50 et 60 millions de dollars de transactions sur le marché formel contrairement à 30 et 40 millions de dollars par le passé. Le marché formel est donc mieux approvisionné ce qui contribue à stabiliser le taux de change.

A lire aussi :

Pour ce nouvel an, le RDNP reste attaché à la concertation avec des acteurs nationaux et internationaux pour une solution à la crise