Les Madan Sara, ?ternelles victimes des “peyi l?k”

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Des “Madan Sara”, en provenance de plusieurs communes du d?partement de la Grand’Anse, qui ont l’habitude d’effectuer des voyages hebdomadaires afin de livrer leurs vivres ? Port-au-Prince, se trouvent depuis plusieurs semaines, pour la plupart clou?es chez elles. Quand ce n’est pas ? cayse de la raret? de carburant, c’est ? cause des troubles politiques que conna?t le pays ces derniers jours. Nombreuses sont celles qui choisissent d’autres options, ? savoir trouver une place au march? public de J?r?mie ou une entreprise de transformation pour ?couler leurs produits, un pari qui est souvent moins b?n?fique que celui de la capitale.

” ? cause de la raret? du carburant, nous avons l’habitude d’attendre deux ? trois jours, parfois une semaine, pour trouver un camion vers Port-au-Prince. Souvent, nous regardons pourrir nos produits. On les revend ? des prix d?risoires “, explique Venise, Madan Sara depuis plus de vingt ans.

? Jebo, localit? situ?e ? l’entr?e sud de la ville de J?r?mie, on retrouve plusieurs dizaines de marchandes qui attendent un bus pour Port-au-Prince. Dans ce point de stationnement, un chauffeur vient ? peine de confirmer qu’il est impossible de s’y rendre parce que la route est bloqu?e au niveau des Cayes et de Petit-Go?ve, ? cause des mouvements de protestation.

” Aujourd’hui, avec la hausse des prix des carburants, le peyi l?k, le transport est de plus en plus co?teux pour nous, affirme Jacqueline. Le prix du trajet est de 2000 gourdes, sans prendre en compte le prix pour les marchandises. On paie entre 1000 et 2000 gourdes par sac de marchandises. Et dire qu’on doit encore payer en cours de route pour nous laisser franchir des barricades, sans aucune garantie qu’on atteindra notre destination >>, a-t-elle ajout?.

Autre alternative pr?sent?e aux marchandes, est la possibilit? d’?couler leurs produits aux entreprises de transformation agricole. Mais le hic, elles ne sont pas nombreuses dans la Grand’Anse et sont souvent en manque d’argent pour tout acheter. Ce qu’affirme R?b?tha Charles, PDG d’une entreprise de transformation. Selon elle, pour cette semaine, elle a d?j? assez de bananes et de fruits ? pain (lam veritab) qui ne sont pas encore transform?s ? cause de la raret? du carburant. Elle ne peut pas en acheter davantage.

En attendant, ? cause des conflits arm?s ? Martissant, les crises politiques, la faiblesse de l’Etat ha?tien, la raret? et la hausse des prix des carburants, les Madan Sara se trouvent entre l’enclume et le marteau. Une situation qui risque d’entra?ner des cons?quences plus graves , ? la fois sur la disponibilit? des produits alimentaires sur le march? et sur l’avenir du secteur agricole.

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