L’innovation dans l’agriculture pour un secteur plus performant

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La fete de l’Agriculture et du Travail c’est dans deux jours. C’est le moment de discuter sur la production agricole, ses forces et contraintes et surtout de proposer des pistes de solutions pour une agriculture rentable. Sous l’auspice de l’Association des industries d’Haiti (ADIH), une causerie-debat, suivie d’une foire agricole, a ete organisee le 29 avril. Les trois intervenants, sous des angles differents, ont enumere un ensemble de contraintes auxquelles est confrontee l’agriculture haitienne. A cote d’un manque d’investissements publics et de financement bancaire, le manque d’innovation a ete mentionne du doigt comme l’un des freins au developpement de ce secteur.

De l’avis de l’economiste Etzer Emile, l’on aborde tres mal les problemes lies au secteur agricole. L’on pense rarement a l’innovation. Et, poursuit-il, c’est ce qui permet de faire mieux et plus avec moins de ressources dans un contexte ou la main-d’oeuvre se rarefie et est de plus en plus vieillissante. Selon le P.DG de Haiti Efficace, avec l’innovation, on peut mitiger les risques lies aux catastrophes naturelles, lesquelles representent l’un des principaux facteurs de decroissance du pays et du secteur agricole.

L’innovation dont parle Etzer Emile doit prendre en compte les procedes de production, le produit, le marketing autour du produit et l’organisation. Car, fait-il savoir, l’insecurite alimentaire est une consequence liee a la disponibilite, a l’acces et la qualite. Donc l’agriculture haitienne, avec une telle organisation, ne peut pretendre a des resultats extraordinaires.

<>. Elles ameliorent en fait les techniques de production, comme par exemple des semences a haut rendement ou une irrigation plus efficace. Les “innovations de produits” sont creees par les industries en aval et comprennent des produits nouveaux et ameliores, tels que des aliments plus sains ou de nouveaux produits chimiques ou pharmaceutiques. Les “innovations de marketing et d’organisation” sont egalement de plus en plus importantes tout au long de la chaine d’approvisionnement.

S’il est vrai qu’on peut faire des miracles par le biais de la technologie, l’agronome Jean Parnel Dimanche croit qu’on ne doit pas calquer des modeles qui marchent dans d’autres pays. Car le pays, dit-il, a ses caracteristiques propres. Dans un contexte ou l’espace agricole diminue de plus en plus, M. Dimanche opte pour une agriculture verticale surtout dans le milieu urbain. L’agriculture hydroponique, explique-t-il, parait le modele parfait pour le pays. Elle offre plusieurs avantages dans le sens qu’elle permet d’echelonner la culture sur toute l’annee, controler le rendement et faire une economie d’eau de 70 a 80%.

Mais tout cela est impossible sans l’accompagnement des decideurs. Il s’agit des choix politiques qui doivent prendre en compte le developpement du pays. Car la relance agricole depend des politiques economiques et fiscales. Donc, il revient a l’Etat, de l’avis d’Erick Balthazar, de donner le ton en prenant des mesures incitatives et d’autres visant la protection de la production nationale. Car toutes les economies agricoles ont une speculation sur laquelle s’appuyer et Haiti doit en faire autant si elle veut redonner espoir aux producteurs agricoles du meme coup, attirer des investissements dans ce secteur.