L’ONU s’inquiete du recrutement d’enfants par les gangs haitiens

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Le bureau de l’ONU en Haiti a exprime mercredi son inquietude face a l’embrigadement d’enfants par les gangs qui gangrenent Haiti alors qu’au moins 39 civils ont ete tues depuis le 24 avril, lors d’affrontements entre bandes criminelles.

La representation des Nations unies a Port-au-Prince “s’inquiete particulierement du recrutement de mineurs au sein des gangs, une des six violations graves du droit de l’enfant”, a-t-elle indique sur Twitter.

Depuis plusieurs decennies, les bandes armees sevissent dans les quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince mais elles ont drastiquement accru leur emprise a travers la ville et le pays ces dernieres annees, multipliant assassinats et enlevements crapuleux.

La semaine derniere, une video, qui a largement circule sur les reseaux sociaux en Haiti, montre un enfant d’une dizaine d’annees, son visage masque, qui exhibait une arme automatique de gros calibre.

Dans ce clip, tourne a Martissant, un quartier pauvre de l’ouest de Port-au-Prince totalement controle par des gangs depuis juin dernier, le garcon explique etre en guerre avec le chef d’une bande armee rivale a la sienne.

L’ONU a denonce cet enrolement d’enfants dans la criminalite organisee alors que les affrontements entre gangs paralysent desormais aussi la banlieue nord et est de la capitale haitienne.

Le bureau des Nations Unies en Haiti a ainsi “condamne la violence des gangs armes depuis le 24 avril qui affecte les communes du nord et nord-est de Port-au-Prince, tuant des dizaines d’Haitiens et blessant et deplacant des milliers d’autres”.

La protection civile haitienne a notamment estime mercredi “qu’entre le 24 avril et le 2 mai, au moins 39 personnes auraient ete tuees, 68 blessees et 8 portees disparues” dans cette zone qu’au moins 9.000 personnes ont ete contraintes de fuir precipitamment en raison des violences.

“Quarante-huit ecoles, cinq centres medicaux et huit marches ont ete fermes a cause de la situation”, precise l’institution publique.

L’etablissement d’un bilan humain precis de ces affrontements est encore impossible car les equipes de la protection civile et celles des organisations de defense des droits humains ne peuvent se rendre dans ces quartiers ou les fusillades resonnent quotidiennement.

La police nationale et le gouvernement ne se sont pas encore exprimes sur cette flambee de violence qui empeche actuellement toute sortie securisee de la capitale par voie routiere.

amb/dax