L’opposition et les alliés du pouvoir s’accusent mutuellement de l’échec des négociations

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L’opposition et les proches du pouvoir s’accusent mutuellement d’être trop irréductibles ce qui a conduit à l’échec des négociations

Sans aucun accord, sans même une avancée majeure dans les négociations, le groupe des éminentes personnalités de la CARICOM a laissé le pays. Les deux camps sont des irréductibles. Dans l’opinion, on déduit qu’ils ne pensent pas aux intérêts supérieurs du peuple. Le sentiment général c’est que la population est abandonnée à son sort par une classe politique engagée dans des négociations depuis 6 mois mais incapable de voir plus loin que ses propres intérêts.

André Michel, signataire de l’accord du 21 décembre a tiré à boulet rouge sur l’opposition. « L’intransigeance des compatriotes de l’opposition, leur volonté de prendre tout le pouvoir sans aller aux élections et leur obsession à renverser le Premier Ministre Ariel Henry ont fait échouer le dernier round de Négociations politiques », dit-il.

Il précise que son camp a besoin d’une entente politique minimale pour la mise en place d’un Gouvernement d’Union Nationale sous le leadership du Premier ministre Ariel Henry, la Formation d’un CEP crédible et l’élargissement de l’HCT dans sa composition et ses attributions. En tant que défendeur zélé du pouvoir en place, M. André Michel appelle à la poursuite du dialogue inter-haïtien.

André Michel croit qu’il faut profiter de la Force multinationale pour organiser les élections le plus vite possible. Néanmoins, il n y a aucun calendrier avancé pour le déploiement de cette force. Alors que le Kenya fait des tergiversations, les bandits gagnent du terrain notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, ce qui menace la survie de la population en aggravant la misère et fait de l’organisation des élections un voeu pieux.

L’autre camp, celui de la déclaration de Kingston, qui ne voit en l’actuel premier ministre un « has been » qui n’a essayé ou n’est parvenu à apporter aucune solution aux différents maux du pays depuis deux ans notamment l’insecurité, accuse leurs vis-à-vis d’être trop attachés à leurs privilèges.

Nous avions contacté sans succès Edgard Leblanc, point focal de la déclaration de Kingston qui voulait à tout prix une transformation du HCT et conseil de transition poussant de toutes les prérogatives présidentielles. Pour sa part, Emmanuel Menard de Force Louverturienne Réformiste réagissant au fait que les discussions n’ont pas permis de conclure un accord a dit: « il est certain que tous les participants ne cherchaient pas une issue au bénéfice de la population et n’ont pu s’élever à la dimension du rêve des ancêtres pour notre Patrie. Se parler est nécessaire mais le dialogue des sourds est un leurre. »

De son coté, Me Gédéon Jean du groupe de la société civile a exprimé sa stupéfaction de voir que des acteurs qui prétendent parler au nom de la population, sont incapables de trouver un consensus minimum pour le bénéfice de cette population. Il a dit d’ailleurs que son groupe a travaillé en ce sens pour trouver un juste milieu en essayant de concilier les propositions des deux camps.

Selon lui, les personnalités de la CARICOM sont très déçus de la réaction des leaders politiques haïtiens à qui ils ont fait une leçon sur l’histoire du pays. Ils ont décidé de ne plus revenir dans le pays à moins qu’ils aient été sollicités par les acteurs s’ils sont prêts, cette fois-ci, à faire preuve de bonne foi dans les discussions.

Me Gédéon croit que les acteurs doivent continuer la discussion, puisque malgré les deux extrêmes – 21 décembre et déclaration de Kingston – un certain groupe plus conciliant est émergé lors des dernières discussions.

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