Neurosciences de la conscience : ceremonie de collation de diplomes reussie a l’UNIFA

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C’est desormais une tradition, les ceremonies de collation de diplomes de l’Universite de la fondation Dr Aristide draine la grande foule et fait l’objet d’une grande attention sur les reseaux sociaux.

Avant l’hymne national et celui de l’UNIFA dont les paroles et la musique sont du Dr Jean- Bertrand Aristide, comme d’habitude, c’est l’orchestre philharmonique Sainte-Trinite qui ouvre la ceremonie avec des morceaux executes avec maestria.

Cette annee, c’est la recipiendaire Nissia Oracius qui lance les propos de bienvenue.

<> declare Nissia Oracius tout en invitant les futurs diplomes a vivre pleinement ce moment de joie qui est le fruit de longues annees d’etudes.

Le moment fort de la ceremonie, comme chaque annee, est le discours du president de l’UNIFA, le Dr Jean-Bertrand Aristide.

<>, clame le Dr Jean-Bertrand Aristide.

Remerciant sa femme, les parents, le staff et l’UNIFA ainsi que les gradues, le president de l’UNIFA se lance dans une envolee neurophysiologique pour expliquer des phenomenes simples en apparence comme la joie, le langage, l’audition ou la lecture du mot succes.

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Decriptant la situation sociopolitique du pays a coups de metaphores, le president de l’UNIFA pointe du doigt la fuite de nos cerveaux vers l’exterieur.

<< Effectivement, chers recipiendaires, la ou d'autres ont malheureusement echoue, vous, vous avez reussi. Le taux d'abandon scolaire s'eleve a 7% au cours de la premiere annee des classes primaires. Environ 10% des eleves abandonnent avant la 6e annee d'enseignement fondamental et 40% avant la fin de la 9e annee. Comme la grande majorite de nos enfants

haitiens, vous parlez francais en classe et creole a la maison. Pourtant vous avez pu traverser la barriere diglossique franco-creole susceptible de vous condamner a l’echec >>, se felicite le Dr Jean-Bertrand Aristide.

Se servant d’un personnage fictif qui s’appelle “Toto”, le president de l’UNIFA imagine des conversations qui depuis font polemique.

<< Papa l di l : Toto kijan fe kane a gen tout zewo sa yo ladan l ?

Ou pa jennen ? Toto reponn : Non papa, m pa ta ka jennen

Paske se pa mwen menm ki ekri tout zewo sa yo nan kane a…

Papa Toto fache, li di : Ki pawol tet chat sa yo. M pini w repete !

Wow, Toto kraponnen, li vire koze a e l di : Tet chat sa a telman bwe let mwen yo, met chat la manje chat la, menm moun fou sezi.>>

Dans un autre registre, en choisissant les neurosciences de la conscience comme theme de cette graduation, le Dr Jean-Bertrand Aristide souhaite surtout susciter une prise de conscience de ces etudiants du climat social deletere dans lequel ils evoluent en vue de le transformer.

<< Contrairement a Toto, chers recipiendaires, vous avez reussi avec succes et vous pourrez

aisement decrypter la conscience sociale. Le mal est profond. Voila pourquoi j’ai choisi de ne

pas exclure l’humour therapeutique. Quand on rit, notre corps secrete des endorphines, c’est-a-dire des hormones qui reduisent la production du cortisol generee par le stress. Je le redis, le mal est profond. Chaque jour, de Tabarre, Croix-des-Bouquets a Cite Soleil, La Saline, Bel-Air, Martissant, Grand-Ravine, Carrefour, de Port-au-Prince a Petion-Ville ou partout a travers nos 10 departements, jaillissent les signaux lumineux d’un tableau hideux, ecoeurant et revoltant : le genocide d’Haiti, a deplore le Dr Aristide.>>

Fidele a sa tradition qui consiste a melanger politique et actualite a travers des paraboles, il invitent les “inconscients” a prendre le vaccin de la conscience.

<< Tout moun ki vle trennen nou nan eleksyon seleksyon Avan yo tabli bon jan sekirite, merite vaksen konsyans.

Tout kandida ki avan eleksyon, met ajenou devan w, pou answit met jenou yo sou kou w, merite vaksen konsyans.

Tout gwo gnbis

Tet kale bobis

K ap mande bis

Sou tet otobis

Petrokaribe a,

Merite vaksen

KONSYAN, a lache l’ancien president Aristide >>

Apres ce long discours rythme par les applaudissements d’un public en admiration, les maitresses de ceremonie ont invite les etudiants des facultes et ecole a recevoir leurs parchemins en prononcant les serments de chaque profession, dont le serment d’Hippocrate pour la medecine.

Toujours pour respecter la tradition, la deuxieme partie de la ceremonie consistait a prononcer un discours de remerciement suivi de passation de flambeau d’une promotion a une autre.

Dans la troisieme partie, les laureats des differentes disciplines ont prononce un discours de remerciement.

Il s’agit de Fedner Lewis Elien, Dona Eliabinaleel, Josner-Evens Louis pour la faculte de medecine et des sciences de la sante ; Johanna Elisabeth Mellon pour la faculte des sciences infirmieres ; Christie Rebecca Pierre pour l’ecole de physiotherapie; Sergeline Pierre Paul pour la faculte des sciences juridiques et politiques ; Ruthza Lysius pour la faculte de genie et d’architecture.

Tous ont mis en exergue les difficultes qu’ils ont rencontrees au cours de leurs etudes marquees par la pandemie de Covid-19, l’insecurite, entre autres. Aussi, ils ont tenu a remercier tout le staff de l’UNIFA a tous les niveaux pour la formation recue durant toutes ces annees.

En premiere dans la reponse medicale apres le seisme du 14 aout 2021 dans le grand Sud, l’UNIFA a honore les etudiants qui avaient risque leur vie pour aider la population des departements touches.

Apres la presentation du staff directoire des differentes facultes de l’UNIFA, la ceremonie s’est terminee avec une composition musicale vieille d’environ quatre siecles de Johann Pachelbel.

Une autre ceremonie reussie pour l’UNIFA.