Nordine, visé par sept tirs policiers à Stains, un “miraculé” face à la justice

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Sept balles tirées par des policiers l’ont transpercé en août 2021 à Stains (Seine-Saint-Denis). Nordine A., qui risque mardi quatre ans de prison ferme pour refus d’obtempérer aggravé, se voit comme un “miraculé” et…

Sept balles tirées par des policiers l’ont transpercé en août 2021 à Stains (Seine-Saint-Denis). Nordine A., qui risque mardi quatre ans de prison ferme pour refus d’obtempérer aggravé, se voit comme un “miraculé” et peine à garder espoir en la justice.

“Je suis un miraculé. Chaque balle que j’ai reçue était mortelle, celle de Merryl (sa compagne, ndlr) aussi. C’est un miracle qu’on soit en vie”, déclare Nordine A., qui a requis l’anonymat dans un entretien accordé vendredi à l’AFP.

Lors d’un contrôle routier en août 2021, “j’ai reçu sept balles à bout portant”, décrit l’homme de 38 ans en désignant ses bras, son thorax et son pubis.

En parallèle d’une instruction ouverte à Bobigny sur les tirs policiers, une procédure vise Nordine pour “violences avec arme” (la voiture qu’il conduisait étant considérée comme une arme par destination) et “refus d’obtempérer aggravé” à l’encontre des policiers, légèrement blessés lors de l’intervention. 

Le 18 février 2022, il a été condamné en première instance à Bobigny à deux ans de prison et incarcéré, avant d’être libéré pour raisons médicales.  

Mardi, la cour d’appel de Paris rendra sa décision dans ce volet de l’affaire. En octobre, l’avocate générale a demandé, au terme de réquisitions sans concession, quatre ans d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt. 

“Je suis très heureux que nos mères n’aient pas pleuré nos décès”, confie-t-il, droit dans sa chemise bleu nuit, les yeux embués. 

Depuis le début de l’année 2022, douze personnes sont mortes après des tirs de la police, dans le cadre de refus d’obtempérer.

Cheveux courts et barbe de trois jours, Nordine A. a désormais le bras gauche rétréci de 10 centimètres, après quatre opérations dont une greffe osseuse. En janvier, il doit subir une nouvelle opération. 

Depuis, les projets de celui qui était chauffeur de bus en intérim sont mis sur pause: “je suis toujours entre l’hôpital, les psys, mon avocat”.

Sa vie a basculé dans la nuit du 15 au 16 août 2021, alors qu’il rejoignait, en voiture et alcoolisé, le Val-d’Oise où il réside, avec sa compagne Merryl.

La vidéo amateur de son contrôle routier à Stains, en Seine-Saint-Denis, avait enflammé les réseaux sociaux. 

On y voit une voiture à l’arrêt, encerclée par trois hommes. L’un d’eux tente de s’introduire dans la voiture, par la fenêtre du conducteur. Le véhicule redémarre, fait marche arrière puis marche avant. 

Deux d’entre eux sortent leurs armes. Huit balles sont tirées. Sept se logent dans le corps de Nordine et la dernière traverse celui de Merryl, allongée à l’arrière de la voiture.

Enceinte, elle perdra l’enfant qu’elle portait.

“Victimes”

Les hommes en civil sont fonctionnaires de police, en poste à la brigade anti-criminalité (BAC) de Stains. Leur intervention interroge jusque dans les rangs de la police nationale.

D’abord placés en garde à vue pour “tentative d’homicide volontaire”, les deux policiers, âgés de 28 et 31 ans, qui faisaient usage de leur arme pour la première fois, ont été mis en examen en septembre et octobre pour violences volontaires avec arme.

Ils ont aussi été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de porter une arme et d’exercer sur la voie publique.

“Nous sommes victimes. Malgré ça, la justice n’admettra jamais que ces policiers étaient en tort et je pense qu’ils me condamneront”, lance sans ciller Nordine.

“Je ne comprends pas pourquoi la justice s’acharne sur moi”, insiste-t-il.

Tout comme au procès, il le maintient: les faits ne relèvent pas du refus d’obtempérer car les policiers ne portaient pas de brassard, n’avaient pas mis leur gyrophare. Ils n’avaient pas décliné leur fonction, ajoute-t-il, ce que les intéressés contestent. 

Ne sachant pas qui étaient ces hommes, “mais dans le doute”, il avait d’abord obtempéré, s’était arrêté. Puis avait pris peur et redémarré. Les tirs l’ont arrêté dans sa lancée.

“J’ai toujours su que c’était difficile de porter plainte contre la police (…) mais je me rends compte aujourd’hui que c’est plus que ça, ils sont vraiment intouchables”, estime l’habitant de Persan (Val-d’Oise), regrettant la présence dans l’institution de “mauvaises personnes qui salissent cet uniforme”.

Toutefois, Nordine A. “a bon espoir” concernant l’instruction en cours à Bobigny sur les policiers. “On croit toujours à cette justice et on lui fait confiance tant bien que mal.”

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