Nu Look et Arly executent une belle partition a l’Olympia!

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Frantz Duval : Le 17 avril, Nu Look a donne son concert a l’Olympia. Ce n’etait pas cette date qui etait prevue au depart. Racontez-nous les peripeties de ce concert.



Arly Lariviere : L’evenement etait prevu le 13 fevrier 2022. Mais a cause de la pandemie, la France avait adopte des mesures de restriction s’etalant de decembre 2021 jusqu’au 16 fevrier 2022. Nous avons du reporter l’affiche. Je sais que cela n’a pas plu a tout le monde. Mais nous etions obliges.


F.D. : Quel est le sens de ce concert pour Nu Look ?



A.L. : Je pense que c’est le couronnement de tous nos efforts. C’est une consecration. C’est une confirmation de carriere. En 22 ans, nous avons connu des moments difficiles. Ce concert est une recompense apres toutes les souffrances et peripeties que nous avons endurees. Nous ne nous sommes jamais detournes de notre objectif principal qui consiste a produire afin de plaire au public. A cause de l’adversite, on dit beaucoup de choses. Mais a Nu Look, on voulait maintenir notre identite, rester nous-memes et offrir ce que nous savons faire : la bonne musique. Le concert du dimanche 17 avril 2022 est le resultat de plusieurs annees de travail. C’est ce que nous estimons au sein de l’equipe.


FD : Vous avez egalement souligne que vous celebrez vos 25 annees de carriere professionnelle…



AL : Je parle de 25 ans de carriere professionnelle parce que j’ai debute dans la musique depuis bien avant. Je jouais depuis l’ecole ; Arly a debute comme musicien au sein de CND Express (chez les peres du College Notre-Dame dans sa ville natale, puis est passe a Kazak Feeling jusqu’a Lakol au Cap-Haitien, NDLR) Quand je parle de carriere professionnelle, je fais reference a mes experiences avec Zenglen, D-Zine et Nu Look.


FD : Aujourd’hui, il y a un autre Arly Lariviere. Celui qui etait derriere le clavier, le chanteur de charme, a laisse sa place a un <>, un lead vocal, qui harangue son public. Racontez-nous cette metamorphose.



AL : (rires). Nu Look etait toujours un melange de deux styles. Quand j’ai pris la decision de dire <> je savais que je devais m’ajuster afin de jouer les deux roles. Oui, on me connaissait comme Arly le charmeur. Je n’avais pas de contact direct avec le public. Maintenant, dans mon role de <>, je suis oblige de travailler sur ma communication avec le public. C’est tres important. C’est ce qui motive le public. Les gens aiment participer au show. Cela nous a pris du temps pour le comprendre. Derriere le clavier, je me faisais une petite idee de ce que cela requiert. Cela m’a facilite la tache. Ce n’est pas un cadeau. C’est le fruit de beaucoup d’efforts et de travail.


FD : Arly derriere son clavier est seulement pour le studio ?



AL : Seulement (rires).


FD : Vous avez joue avec une formation de Nu Look un peu differente. Qui etait la ? Qui etait absent ?



AL : Malheureusement, on a refuse le visa a quatre de nos musiciens. Nous avons entrepris beaucoup de demarches qui n’ont pas abouti. Je ne sais pas pourquoi. J’en parlerai avec le promoteur pour en determiner la raison exacte. Nos deux guitaristes, une choriste et un keyboardiste n’ont pas pu voyager avec nous. Nous avons du les remplacer par des musiciens qui comprennent notre musique. Nous avons fait appel a Patrick, un ami de vieille date, Yanick qui connait parfaitement bien Nu Look, Nono <> qui avait deja joue avec nous en Haiti, et Alex, un guitariste qui sera sur notre prochain album.


FD : Pourriez-vous enumerer les etapes marquantes au cours des 22 ans de Nu Look jusqu’au concert a l’Olympia ?



AL : En realite, je ne retiens pas assez les succes. Je me souviens du spectacle du 20e anniversaire a l’hotel El Rancho, de notre passage en Guyane en 2015, de la ferme Perrine en Martinique, etc. Nos concerts au Cap-Haitien nous marquent aussi. C’est toujours tres special de jouer au Cap-Haitien. Mais ce qui me motive le plus, ce sont les difficultes. Cela me pousse a apporter des corrections. Je ne me souviens pas vraiment des grandes prestations. C’est sur que je vais me souvenir eternellement de l’Olympia. Ce moment est inoubliable. Mais je ne suis pas marque par les succes. Si vous me parlez des difficultes, je peux vous en dire beaucoup.


FD : Enumerez-nous certaines de vos difficultes.



AL : L’experience 22-22 Zenglen-Nu Look au Djoumbala m’a marque (ce bal tres attendu a l’epoque n’avait pas pu se tenir et le club avait ete saccage (NDLR). Nous en avons tire beaucoup de lecons. Il y a eu beaucoup d’autres mauvaises experiences. Elles nous ont permis de corriger beaucoup de choses et de parvenir la ou nous sommes aujourd’hui. Nous avons compris qu’il fallait mettre du serieux dans ce que nous faisons afin d’exister dans l’industrie.


FD : Nu Look avait la reputation d’etre toujours en retard. Vous avez egalement apporte une correction a ce niveau ?



AL : Tout a fait. Cela a permis que l’on joue a l’Olympia. Dans cette salle, la ponctualite est imperative. Tout est chronometre. Nous etions dans la salle depuis 4 heures de l’apres-midi alors que le spectacle etait prevu pour 8 heures. Nous ne lesinons plus sur la ponctualite.


FD : Hier, vous avez rendu deux hommages : l’un a votre pere Daniel Lariviere et l’autre a Andre Dejean des Freres Dejean de Petion-Ville. Pourquoi ces deux hommages ? Que representent-ils pour vous ?



AL : Monsieur Andre Dejean est un nom dans la musique haitienne. C’est un privilege de partager une scene avec Andre Dejean. Quand vous l’avez sur scene, il faut que les gens le remarquent. Il etait important de faire chanter Marina des Freres Dejean de Petion-Ville par le public.

En ce qui concerne mon pere, il m’a introduit a la musique. Il m’a achete mon premier keyboard quand j’etais encore gamin. Je ne me souviens plus de l’annee. Mon amour pour la musique, je le tiens de mon pere. Ma carriere musicale a beaucoup a voir avec mon papa. Je ne pourrais pas celebrer mes 25 ans de carriere sans mentionner la cause de mon amour pour la musique. Il m’etait impossible de celebrer sans creer un espace pour le remercier. Meme s’il ne voulait jamais que je devienne musicien. Mais l’Eternel en a decide autrement. C’etait important pour moi de le remercier pour tout ce qu’il represente pour moi et pour ce qu’il m’a legue en heritage.


FD : Quelles sont les prochaines etapes pour Nu Look ?



AL : Nous allons continuer a travailler, a programmer des affiches aux Etats-Unis. Notre prochain album doit paraitre dans quelques mois. Nous avons une affiche a Bercy, <>, en novembre. Nous aurons des spectacles en Guadeloupe, Martinique, etc.

Quoique la situation est difficile en Haiti, nous y serons certainement en ete prochain pour offrir au public la prestation de l’Olympia. J’amenerai Olympia a Port-au-Prince. Je suis oblige de le faire. Parce que c’est Port-au-Prince, le Cap-Haitien, Hinche, les Cayes, Ouanaminthe, etc. qui detiennent la paternite de l’Olympia. Nous devons remercier le public en Haiti pour son support et son amour.


FD : Hier soir, il y avait le compas, les freres Dejean, Tropicana, Daniel Lariviere, Nu Look, Arly a l’Olympia. Quel regard portez-vous sur le compas aujourd’hui ?



AL : Je pense que ca va tres bien dans la production. Les groupes essaient de soigner ce qu’ils produisent. Il y a de jeunes talents qui emergent. Il y a de jeunes groupes qui ont emerge. Ils ont marque la periode de la pandemie. Ils continuent leur route. Je crois que le compas est sur une bonne voie. Il revient aux musiciens d’identifier ce qu’exige le public, les consommateurs, afin de mieux les servir.


FD : Les femmes sont tres a la mode dans le compas ces derniers temps. Beaucoup de groupes cherchent les services d’une chanteuse. On verra cela prochainement dans Nu Look ?



AL : Nous observons et on verra.


FD : Dans le prochain album il y aura un duo entre Arly k ap plenyen et une femme ?



AL : Rires. On n’est pas encore arrive la. Je ne sais pas encore. On continue de travailler.



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Propos recueillis par Frantz Duval et retranscrits par Jean Daniel Senat



Legendes



FD : Frantz Duval



AL : Arly Lariviere