Penurie de carburant, le prix du pain explose

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Deja precaire depuis plusieurs annees consecutives, le pouvoir d’achat de la population continue de se deteriorer. Dans les marches publics et dans les supermarches, tout est a la hausse. Pour ce mois de novembre, les prix de certains produits ont cru de plus de 25%. Le cout du panier alimentaire explose. Le riz, le mais, le pois et le haricot, la farine de ble et ses produits derives, aucun produit n’est epargne. La penurie de carburant vient corser encore plus l’addition en ce qui a trait au pouvoir d’achat d’une frange importante de la population dont plus d’un tiers etait deja en situation de crise et d’urgence alimentaire.

Dans les boulangeries, celles qui ont le moyen de fonctionner, les marchands de pain sont dans l’attente. Le prix a augmente mais vu l’importance de ce produit dans la consommation quotidienne, ils n’ont pas le choix. <>, a affirme une marchande au detail. Selon elle, c’est le consommateur final qui va en faire les frais, car il est oblige d’ajuster le prix. Les sachets de pain qui se vendaient a vingt-cinq gourdes se vendent desormais a 35 gourdes, soit une augmentation de 40% et une augmentation de 25% a ete constatee pour le pain qui se vendait a 100 gourdes le sachet sur le marche informel.

La situation n’est pas differente dans les supermarches. A la difference du marche informel, l’ecart n’y est pas aussi grand. Le sachet de pain qui se vendait a 90 gourdes se vend dans certains supermarches a 100 gourdes et dans d’autres a 110 gourdes. Tandis que celui qui etait a 105 gourdes se vend desormais entre 115 et 120 gourdes, soit une augmentation autour de 15 a 22%.

Markenson Jeanty, gerant d’une boulangerie a Delmas 33, s’est dit preoccupe par la situation. <> a-t-il explique avant de mentionner la tendance a la hausse du produit fini. La hausse du prix du pain s’explique, entre autres, a poursuivi le commercant, par un ensemble de facteurs dont la penurie de carburant se trouve au centre. <>, a assure M. Jeanty qui a ajoute que s’il devait prendre en compte les prix de toutes les matieres utilisees dans la production du pain, le prix sur le marche serait encore plus eleve. Pour disposer d’un camion d’eau, on est pret a proposer le triple du cout habituel, a-t-il deplore, et la encore on n’est pas toujours sur que l’eau soit delivree.

La situation se revele difficile. Les autres produits de grande consommation ne sont pas exempts de cette hausse de prix. Le prix du riz, du mais moulu, du haricot et du pois, du spaghetti, du sucre, la farine de ble, de l’huile vegetale ont tous cru de 15 a 25%. Un camion d’eau non traitee se vend jusqu’a 8 000 gourdes dans certains endroits de la capitale.

Pour le mois de septembre 2021, le panier alimentaire, selon le bulletin de la Coordination nationale de la securite alimentaire (CNSA), a accuse une augmentation de 18% en rythme annuel et pres de 40% par rapport au debut de l’annee. Avec la crise du carburant combinee a l’augmentation de certains produits sur le marche international, la note devrait et est encore plus salee pour les petites bourses qui depensent meme ce qu’elles n’ont pas rien que pour se nourrir.