Pluies d’octobre

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Un artiste meurt. Depuis, tout le monde l’avait ?cout?, compris, aim?. Il y a beaucoup d’absents dans certaines formes de la musique ha?tienne. Ce n’est pas souvent qu’on y entend <>. Dans cette hybridit? ou cette polyvalence qui faisait son art, il y avait de la place pour les oubli?(e)s. C’est aussi cela qu’il ne faudra pas oublier.

Il pleut. Ariel Henry, les gangs, le chol?ra…

Une phrase par un invit? qui n’a pas sa langue dans sa poche. Elle secoue l’animateur et une partie de son public. Dans le genre: <>. Au-del? de la peur qu’une telle sentence peut provoquer, peur que l’on peut comprendre, quand on pousse la mis?re ? bout c’est vain de lui demander de s’inscrire dans une <> qui ressemble ? du continu.

Il pleut. Ariel Henry, les gangs, le chol?ra, l’Occident qui blablate aux Nations Unies, l’occupation, viendra, viendra pas… ?

Un tr?s bel article d’Edwidge Danticat dans le New Yorker. Contre l’id?e de l’envoi d’une force militaire en Ha?ti. C’est beau une plume qui a de la m?moire.

Un Ha?tien sur la derni?re liste du Goncourt. Esp?rons que la troisi?me fois sera la bonne. L’homme n’est pas facile (mais qui l’est ?), il y a chez Mackenzy Orcel une quantit? de r?el impressionnante, son oeuvre ne parle pas de rien, et dans son ?criture du travail et une fureur indompt?e.

Ici il pleut. Ariel Henry, les gangs, le chol?ra, l’Occident qui blablate aux Nations Unies, l’occupation viendra, viendra pas… ?, tel petit pays se portant volontaire, une lumpenbourgeoisie qui appelle au secours par peur de son vis-?-vis, le lumpenprol?tariat, la grisaille ? domicile pour qui vit dans un domicile, la grisaille des rues pour qui marche sans aller nulle part…

La col?re d’un peuple qui ne <> pas. Un gouvernement de facto qui s’accroche au pouvoir. Mais qui repr?sente-t-il ? A quelle l?gitimit? peut-il pr?tendre ? Impopulaire, d?cri?, ne portant aucune promesse, pourquoi ce refus de n?gocier un d?part avec un reste de dignit? ? Pour le bien de qui ? Deux choses pourtant ?videntes : le peuple ne pourra pas faire face ? la hausse des prix et il veut un gouvernement de transition digne de ce nom. S’opposer ? cela, c’est un acte de guerre. On ne peut pas faire la guerre ? quelqu’un et lui demander d’agir en paix.

Il pleut, c’est un octobre gris. Pas m?me l’?lectricit? pour regarder le retour du grand Messi, quelques merveilles match apr?s match. Mais c’est fantaisie. Pour de nombreuses personnes, pas m?me de quoi manger. Et l’eau qui d?vale, s’installe, avec le lot de salet?s et d’infections qui fait les maladies qui <> l’humanitaire. Ah, merveille que l’international ! Aider ? enfoncer un pays dans un bourbier politique et lui proposer le b?ton de la force militaire et la carotte de l’humanitaire.

Il pleut.

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