Qualite de services des compagnies de telephonie, l’aveu d’impuissance et de complicite de l’Etat

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Il faut combien de tentatives pour reussir un appel ? Combien de temps pour envoyer un fichier ou un message ? Aucun appel ne passe sans difficulte. Les coupures sont a repetition. En termes de telecommunications en Haiti, tout est complique. Certaines zones du pays et pas les moindres passent des jours entiers sans aucune couverture telephonique. Certaines autres sont couvertes partiellement, par intermittence ou n’ont acces qu’a un seul des operateur. Le signal internet est lent ou n’existe pas. A bien des egards, la population en fait les frais. Le pire est que rien n’indique que la situation va s’ameliorer dans les prochains jours.

La posture des autorites face a cette depredation est critique. Le probleme perdure tandis que l’organe regulateur ne pipe mot. Les tests sur la qualite des services voix et donnees des operateurs de telephonie mobile ne s’effectuent plus. Pourtant, c’est par ces derniers que l’Etat juge la qualite des services fournis par les differents operateurs, lesquels sont indispensables a la protection des consommateurs.

Quand le regulateur s’adresse au grand public, son discours ne differe pas de celui des operateurs. Tandis qu’on s’attend aux exigences formelles de la part du Conseil national des telecommunications (CONATEL), le directeur general de cette institution, Jean Marie Guillaume s’est plutot contente a fournir des explications concernant la mauvaise qualite de services fournis et se dit n’etre pas en mesure de penaliser les compagnies qui, explique-t-il, font face a des difficultes enormes.

Reprenant le discours du directeur general de la Digicel, Jean Philippe Brun, le numero un du CONATEL a pointe du doigt l’insecurite et les actes de sabotage dont seraient l’objet les compagnies de telephonie mobile. Ces derniers seraient, selon lui, a la base de la degradation continue de la qualite de leurs services. <>, a soutenu M. Guillaume.

Le responsable indexe egalement le sabotage des materiels des compagnies. Il devient courant que le materiel subit des dommages et, a-t-il ajoute, certains sites endommages sont responsables d’alimenter plusieurs autres sites, ce qui conduit a des trafics sur les reseaux. Et ce n’est pas tout. <>, a-t-il insiste.

Le probleme est complexe. Les services de telephonie coutent de plus en plus chers et sont de moins en moins de bonne qualite. Le gouvernement se dit avoir les mains liees. Aucune mesure n’est a l’horizon, aucune sanction n’est a prevoir. <>, s’est questionne Jean Marie Guillaume. En fait, l’Etat ne peut pas non plus penaliser les bandits et les saboteurs encore moins les ranconneurs. Ces derniers n’agissent pas dans l’ombre. La situation est chaotique. La population est la seule a etre penalise a la fois dans sa poche et dans la disponibilite des services.