Retour sur les silences coupables

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C’est la vie qui meurt ici. Les commerces fermes, les entreprises qui ferment ou ne travaillent plus a plein temps. Les citoyens qui ne peuvent plus circuler. La culture, l’economie, la sante, tout ce qui allait deja tres mal ne va quasiment plus.

Les responsabilites qu’on peut dire criminelles, qui ne commencent pas avec les gangs, on les a deja etablies : le PHTK ayant erige l’utilisation politique de la criminalite et la destruction des institutions etatiques en mode de gouvernement, et les secteurs de la <> qui l’ont soutenu et legitime dans leur politique du faire semblant. Il fallait faire comme si la << democratie formelle << fonctionnait ici. Peu importaient les massacres, la corruption, l'incompetence, toutes les horreurs couvertes par le mensonge.

Aujourd’hui, celle des politiques et des secteurs dits <> de la societe civile qui tardent trop a trouver un compromis. Les porteurs des accords du Montana et du PEN se doivent, nous doivent de le trouver. Quitte a ramener a plus de bon sens certains signataires de l’accord avec Ariel Henry. Quelle tristesse et quelle honte d’avoir signe un accord et de n’avoir d’autre ressource que de se plaindre (aupres de qui ?) de sa non application.

Mais, dans le lot des responsabilites, ne pas oublier les crypto intellectuels, professeurs des universites, maitres en ci ou ca, specialistes de la resquille courant apres des postes dans la fonction publique qu’ils payent de leur lachete, de leur silence, les hauts fonctionnaires qui n’ont pas eu le courage de demissionner, se contentant de dire <>.

Il a manque de dignite chez les clercs et dans les milieux universitaires. A quoi servent diplomes et seminaires, pretendues expertises payees par les producteus et travailleurs qui donnent ses ressources a l’Etat si l’on n’a pas le courage de dire non ! Nous n’avons pas ete assez nombreux a dire non dans les milieux intellectuels.

Le simple citoyen n’ayant pas depasse le certificat d’etudes primaires pouvait le dire que le PHTK et la communaute internationale nous enfoncaient dans un merdier duquel il fallait sortir au plus vite, et pour cela creer un large front du refus. De jeunes journalistes pouvaient le dire, certains l’ont paye de leur vie. Mais parmi les cretins (le deficit de production et d’idees nouvelles justifie le qualificatif) qui jouent aux doctes, certains etaient trop occupes a faire l’antichambre aupres de tel ministre ou patron influent pour obtenir un poste, quitte a pousser dans le dos d’un collegue. D’autres trop occupes a preserver leurs postes pour faire montre d’un eprit critique.

Oui, dans les milieux dits <> ou <>, comme dans la haute fonction publique, nous n’avons pas ete assez nombreux a prendre le risque de denoncer publiquement la derive PHTK ni assez nombreux a s’engager dans des actions collectives pour aider le pays a s’en sortir.

Dans une entrevue qu’il m’a accordee recemment le professeur Herold Toussaint, un vrai celui-la, parlait du <> chez des personnes ayant beneficie, ce qui est un privilege, d’une formation universitaire. Ils veulent tout, la gloriole du statut, un poste assure et n’ont pas suffisamment de conviction pour defendre autre chose que leur reproduction. On n’a pas assez fait le compte des bassesses, lachetes, compromissions au sein des elites intellectuelles face a la derive PHTK. Oui, un jour il faudra faire la sociologie des universitaires et <> face a la drive PHTK. Ce monde intellectuel qui <> comme l’ecrivait Prevert. Mais il y en a qui doivent etre trop occupes a courir apres les postes pour lire les poetes.