Signes de detresse de la culture en Haiti

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En ces temps ou le pays connait une crise sans precedent, les consommateurs de produits culturels qui necessitent des deplacements ont pris un grand coup. La crise du carburant a une repercussion sur tout.

L’offre des services et des pratiques culturels se reduit a une portion congrue dans le champ de nos activites. C’est par la culture qu’on irrigue nos champs intellectuels pour les rendre productifs.

Les manifestations culturelles stagnent. Depuis des annees, plusieurs secteurs d’activites lancent des appels de detresse. Ils se meurent.

La crise du carburant est un symptome de toutes les crises que traverse Haiti. La faillite de l’Etat a provoque une onde de choc lorsque toutes les institutions sont tombees dans cet abime qui entraine le pays vers le fond.

Se recreer est un luxe pour les Haitiens. Il n’y a pas si longtemps, a Petion-Ville, une salle de cinema, Revcine, avait ouvert ses portes. Les jeunes, surtout, allaient se distraire. Tranquillement installes devant le grand ecran, ils pouvaient s’evader. A l’avenue Jean-Paul II, du cote de Turgeau, le restaurant Piment Rouge, avait ouvert aussi une salle de cinema. Deux salles obscures pour faire vivre la magie du septieme art.

Les Haitiens adorent danser. Il fut un temps ou nos orchestres autant que nos mini-jazz jouaient un peu partout. Les corps exprimaient leurs emotions sur deux carreaux. C’est un trait de beaucoup de danseurs du compas quand le rythme marche dans leur sang.

Beaucoup de fanatiques de bal vous diront qu’ils ne se rappellent pas de la derniere fois qu’ils ont danse sur une piste.

La mauvaise gestion d’une crise a multiple facettes a fige nos corps dans la sedentarite pour etre ravages par le stress, des symptomes comme l’hypertension arterielle, les crises cardiaques, les accidents vasculaires cerebraux (AVC), etc.

Les festivites patronales, une occasion pour renouer son corps avec le rythme, l’espace et le temps, n’attirent plus grand monde. Les Haitiens de la diaspora et les fetards venus de plusieurs departements du pays n’arrivent plus a vivre ces moments de pur bonheur.

La multiplication des gangs et la proliferation des armes et des munitions sur le territoire ont tire un trait sur ces loisirs.

Des cerveaux issus de differents champs d’activites preferent s’organiser en gangs pour paralyser Haiti. Ainsi nos groupes de musique fuient vers d’autres cieux.

Le secteur du theatre est moribond depuis longtemps. Mais c’est un monde bourre de talents qui n’arrivent pas a deployer ses ailes.

Des cerveaux structures pour le malheur d’Haiti cassent tout elan vers le renouveau du theatre. Toutefois il reste au pays quelques poches de resistance qui veulent rester en Haiti et lutter pour que le spectacle continue sur les planches, dans la rue, partout ou il y a un public receptif a cet art.

L’ecrivain, comedien et metteur en scene, Guy Regis Jr, lui, ne veut pas baisser les bras. La 18e edition du Theatre Quatre Chemins n’entend pas rester muette.

Dans une interview accordee au journal Le Nouvelliste, Regis Jr declare : <> Et de poursuivre : <>

L’homme de theatre prend la realite comme elle est. Haiti a toujours connu des troubles. Il ne veut pas que notre espace soit colonise par une actualite moutonniere dans les medias sur toutes les levres : la faillite de l’Etat, la montee en puissance des gangs, la crise vertigineuse du carburant.

Et l’art dans tout ca ?

<>

Contre vents et marees, la 18e edition du festival souffle en Haiti. Une note rejouissance dans ce contexte ou prend place dans tous les esprits un cocktail explosif de crises.