Sortir du chaos, le defi a relever

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Haiti, pays minuscule en termes de territoire, est en plein chaos dans un continent stable. Ce pays qui a des <> parmi les pays les plus riches du monde est en train d’etre etrangle par une crise multiforme. Celle-ci n’est pas une malediction, mais une soigneuse construction de ceux qui se sont succede au pouvoir depuis le depart des Duvalier en 1986. Au lieu de faire mieux que les Duvalier, ils renforcent son oeuvre et detruisent toutes les institutions du pays. C’est cet acharnement qui nous maintient dans le petrin aujourd’hui.

Face a la criminalite, le pays est desarme. N’est-ce pas une consequence de la decision des autorites haitiennes avec la benediction des Etats-Unis de dissoudre les Forces Armees d’Haiti a la suite du coup d’Etat du 30 septembre 1991? La Police nationale d’Haiti, creee pour suppleer aux FAd’H, peine a jouer son role de proteger et servir. Nous payons aujourd’hui le choix de n’avoir pas epure, renforce et modernise l’institution militaire.

Le pays n’est pas seulement incapable d’assurer sa securite, il est aussi incapable de decider qui a la legitimite de le diriger. Sans Parlement, ni Conseil electoral, ni Cour de cassation fonctionnelle, Haiti fait face aujourd’hui a une crise de gouvernance sans precedent. Dans de telles conditions, le pays n’est ni en mesure d’organiser des elections ni de demander des comptes au gouvernement mis en place par la communaute internationale apres l’assassinat du president Jovenel Moise.

Entre-temps, nos conditions de vie se degradent. Les gangs se renforcent. Le cout de la vie augmente au quotidien. En un mot, la population haitienne vit la faillite de l’Etat.

Tout cela semble etre trop peu pour porter les Haitiens – ceux qui sont au pouvoir et ceux qui y aspirent – a se mettre d’accord sur un plan de sauvetage de la barque nationale. L’accord de Montana, celui de la Primature, c’est peut-etre un debut, mais la situation exige plus et encore plus de ses fils et de ses filles.

Depuis le sanglant coup d’Etat de 1991, on ne compte plus les interventions – militaires et civiles – etrangeres en Haiti. Au fil des annees, elles se sont revelees plus nefastes que productives. Apres les 12 ans de la presence militaire de l’ONU en Haiti a la suite du depart force de l’ancien president Jean-Bertrand Aristide du pouvoir, la communaute internationale semble avoir tire des lecons. Les Etats-Unis comme l’Organisation des Etats americains demandent aux Haitiens eux-memes de trouver la solution a la crise.

La situation est grave. Personne n’a besoin de loupe pour la constater. L’appel des Etats-Unis et du Canada a leurs ressortissants a quitter le pays en est la preuve. Pour ne pas nous gener, nos amis nous laissent seuls dans notre labyrinthe. Aux Haitiens de montrer qu’ils sont capables d’en sortir.