S?rie de dettes publiques contract?es par Ha?ti sur le march? int?rieur et ext?rieur au XIXe si?cle (1825-1911) (suite et fin)

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La question de la dette et de l’endettement des ?tats issus du syst?me colonial esclavagiste du monde occidental touche aussi bien les chercheurs que les ?conomistes de l’Hexagone. Au d?but de l’ann?e 2020, l’?conomiste fran?ais Thomas Piketty, professeur, directeur des ?tudes ? l’?cole des hautes ?tudes en sciences sociales, r?put? pour ses travaux sur l’?conomie internationale, dans une interview accord?e au journal ha?tien, Le Nouvelliste, a reconnu qu’au minimum la France devrait rembourser plus de 28 milliards de dollars am?ricains ? Ha?ti[52]. Dans cet entretien, l’?conomiste a d?clar? sans ambages :

La monarchie fran?aise a impos? en 1825 une tr?s lourde dette ? Ha?ti afin de compenser les propri?taires d’esclaves spoli?s de leur droit de propri?t?. Cette dette inique a lourdement grev? le d?veloppement ?conomique, politique et humain de l’?le [Ha?ti]. Elle a ?t? officiellement rembours?e jusqu’au milieu du XXe si?cle. En r?alit?, c’est bien jusque nos jours que ce lourd h?ritage esclavagiste et colonial fait sentir ses effets.

De son c?t?, l’historienne ha?tienne Gusti-Klara Gaillard-Pourchet a ?crit cette r?flexion pleine de v rit? : <>[53] Pour ma part, je crois qu’avec cette fameuse ordonnance de 1825, Ha?ti est pass?e d’un statut d’?tat de souverainet? ? un ?tat de suzerainet?.

C’est dire que cette question de l’ordonnance royale de 1825, qui a finalement g?n?r? toutes les dettes successives d’Ha?ti, continue de faire d?bat. Au dire de Marl?ne Daut, ce stratag?me de spoliation utilis? par la France a d?finitivement appauvri la R?publique d’Ha?ti. La question est pos?e !

Par extension, on peut se demander si cette politique structurelle d’endettement d’Ha?ti au XIXe si?cle, un ?tat soumis au n?o-colonialisme, a inspir? Paris pour d’autres sph?res du monde, dont les territoires colonis?s d’Afrique o? la France a manifest? et continue de manifester sa puissance. Une fois de plus la question reste pos?e !

ANNEXE

Ordonnance de S. M. le Roi de France, concernant l’ind?pendance de l’?le de Saint-Domingue, du 17 avril 1825.

Charles, par la gr?ce de Dieu, Roi de France et de Navarre,

A tous pr?sents et ? venir, salut.

Vu les articles 14 et 73 de la Charte.

Voulant pourvoir ? ce que r?clament l’int?r?t du commerce fran?ais, les malheurs des anciens colons de Saint- Domingue et l’?tat pr?caire des habitants actuels de cette ?le ;

Nous avons ordonn? et ordonnons ce qui suit :

Article premier. Les ports de la partie fran?aise de Saint-Domingue seront ouverts au commerce de toutes les nations. Les droits per?us dans ces ports, soit sur les navires, soit sur les marchandises, tant ? l’entr?e qu’? la sortie, seront ?gaux et uniformes pour tous les pavillons, except? le pavillon fran?ais, en faveur duquel ces droits seront r?duits de moiti?.

Article 2. Les habitants actuels de la partie fran?aise de Saint-Domingue verseront ? la caisse f?d?rale des d?p?ts et consignations de France, en cinq termes ?gaux, d’ann?e en ann?e, le premier ?ch?ant au trente et un d?cembre 1825, la somme de cent cinquante millions de francs, destin?s ? d?dommager les anciens colons qui r?clameront une indemnit?.

Article 3. Nous conc?dons ? cette condition par la pr?sente ordonnance aux habitants actuels de la partie fran?aise de l’?le de Saint- Domingue l’ind?pendance pleine et enti?re de leur gouvernement.

Et sera la pr?sente ordonnance scell?e du grand sceau.

Donn? ? Paris, au Ch?teau des Tuileries, le 17 avril de l’an de gr?ce 1825, et de notre r?gne le premier.

Sign? : CHARLES.

Par le Roi :

Le Pair de France, Le ministre et secr?taire d’?tat de la Marine et des Colonies, (S) Comte de Chabrol.

Visa : Le pr?sident du Conseil, ministre et secr?taire d’?tat des Finances (S), J. de Vill?le

Vu au sceau : Le ministre et secr?taire d’?tat, Garde de -sceaux de France, (S) comte de de Peyronnet[54].

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[1] Louis-Joseph Janvier, Ha?ti aux Ha?tiens (2e ?dition), Paris, Marpon et Flammarion, 1884.

[2] Voir l’ordonnance royale de 1825, en annexe de l’article.

[3] Je tiens ? souligner que ce n’est pas la dette en soi qui pose probl?me, mais une mauvaise transaction dans les n?gociations pour l’obtenir et la mauvaise utilisation des fonds. En g?n?ral, un pr?t ou un emprunt mal utilis? se convertit en une dette s?che, non productive, socialement non rentable ? court, moyen et long terme et pr?judiciable aux int?r?ts de l’?tat (dans le cas qui nous concerne).

[4] Le scandale financier occasionn? par l’affaire de la Consolidation, dont la d?couverte a ?t? r?v?l?e ? l’opinion publique en 1902-1903, a abouti ? un proc?s retentissant sous le gouvernement du g?n?ral Pierre Nord Alexis en 1903-1904. Sur cette question, voir R?publique d’Ha?ti, Gouvernement du g?n?ral Nord Alexis, Le proc?s de la Consolidation (20 mars 1903 – 25 novembre 1904). Documents et pi?ces judicaires, Imprimerie Nationale, [1906], Reproduction par les ?ditions Fardin, Port-au-Prince, 1979 et 1998 ; Pierre Buteau, <>, Revue de la Soci?t? Ha?tienne d’Histoire, de G?ographie et de G?ologie, 82e ann?e, No 231, octobre-d?cembre 2007, pp. 16-31 ; Alain Turnier, Quand la nation demande des comptes, Port-au-Prince, Le Natal, 1988 ; Mirlande Manigat, <>, Le Nouvelliste, Port-au-Prince, 23-25 et 26-27 novembre 2018 ; Watson Denis, <>, qui sera publi?e prochainement.

[5] Le XIXe si?cle ha?tien est un si?cle long qui va de 1804 (date de la proclamation de l’ind?pendance d’Ha?ti ? 1915 (date fatidique de l’occupation politique et militaire d’Ha?ti par les ?tats-Unis d’Am?rique). Sur la port?e et la signification de cette p?riode, voir Michel Hector et Jean Casimir, <>, Revue de la Soci?t? Ha?tienne d’Histoire, de G?ographie et de G?ologie, No 240, juillet-d?cembre 2010, pp. 23-32. Cet article couvre 1825 – ann?e au cours de laquelle le gouvernement de Boyer avait l’accept? l’ordonnance royale – ? 1911 – co?ncidant avec l’inauguration de la BNRH ? Port-au-Prince.

[6] Je reconnais que toutes les dettes mentionn?es ici ne sont pas abord?es avec le m?me luxe de d?tails ; certaines informations qui auraient pu m’aider ? d?fendre un point de vue m’ont fait d?faut au moment de r?diger l’article.

[7] Pour raconter les faits relatifs ? la mission du baron de Mackau, je me suis r?f?r?, en grande partie, ? l’ouvrage de Thomas Madiou, Histoire d’Ha?ti, Tome VI (1819-1826), (nouvelle ?dition), Port-au-Prince, ?ditions Henri Deschamps, 1988 ; et celui de Beaubrun Ardouin, ?tudes sur l’histoire d’Ha?ti, Vol. 3, tomes 8, 9, 10 et 11, (1811-1846), reproduction par les Ateliers Fardin, Port-au-Prince, 2004.

[8] Il n’y a pas plus heureux pas plus que le baron Mackau sur la terre ha?tienne ; il est log? ? Port-au-Prince dans une belle r?sidence, au frais de la R?publique.

[9] Compte-rendu du baron de Mackau ? ses sup?rieurs, cit? par Leslie Manigat, ?ventail d’histoire vivante d’Ha?ti, Tome I : La p?riode fondatrice (1789-1838), Port-au-Prince, Collection du CHUDAC, p. 232.

[10] Lettre reproduite par Blancpain, Un si?cle de relations financi?res entre Ha?ti et la France (1825-1922), Paris, L’Harmattan, 2001, p. 58.

[11] Les ?pisodes de l’acceptation de l’ordonnance sont pr?sent?s par Watson Denis dans un travail intitul? : <> qui sera publi? prochainement.

[12] Madiou, Histoire d’Ha?ti, Tome VI, p. 472.

[13] Un peu ?tonnant quand m?me, les trois (3) ?missaires ha?tiens voyageaient avec le baron de Makau, qui les transportait comme des invit?s sp?ciaux dans son bateau de la Marine de guerre fran?aise.

[14] Jean-Fran?ois Bri?re, Ha?ti et la France, 1804-1848. Le r?ve bris?, Paris, Karthala, 2008, p. 162.

[15] Devant les difficult?s rencontr?es par Ha?ti pour honorer les termes annuels de l’indemnit? et la volont? de la France de recevoir l’argent co?te que co?te, m?me sur le long terme, les deux parties avaient jug? n?cessaire de ren?gocier le montant de l’indemnit?. ? la suite de ces n?gociations conclues en 1838, l’indemnit? a ?t? r?duite ? 90 millions de francs. Corollairement, ce trait? reconna?t le statut de <> aux deux parties contractantes. Cependant, il est clair, vu l’asym?trie existant entre les deux ?tats, que la r?ciprocit? d?clar?e ?tait un leurre, seule la France pouvait en jouir v?ritablement. Avec ce statut privil?gi?, les produits fran?ais pouvaient entrer sur le march? ha?tien avec une r?duction de 50 % de des droits de douane et des taxes fix?s par l’?tat ha?tien.

[16] Pour garder la chronologie des faits, j’?tudie l’emprunt de 1910, un emprunt ext?rieur, au quatri?me segment du travail, ? la suite des pr?ts consentis par l’?tat ha?tien sur le march? financier national.

[17] C’est quand m?me ?tonnant : en 1875, Ha?ti devait ? la France un reliquat de 8 millions sur le total de la double dette de l’ind?pendance contract?e en 1825 ; voil? que l’?tat ha?tien s’est engouffr? dans une nouvelle dette aupr?s du m?me ?tat -cr?ancier.

[18] Parmi ces travaux d’infrastructure figuraient la construction de cinq ponts sur les principales rivi?res, la construction et l’installation de six march?s en fer dans les six villes les plus peupl?es, la fourniture des appareils pour le dragage des ports, l’?tablissement de phares et la construction de deux lignes de chemins de fer destin?es ? relier Port-au-Prince, la capitale, aux zones les plus fertiles du pays. Voir Chambeau D?brosse, La v?rit? sur l’emprunt d’Ha?ti (Extrait du discours prononc? le 9 mars 1875), Paris, Casimir Pont, Libraire-?diteur, 1875, pp. 35-38.

[19] Le chef de l’?tat se mettait en route pour aller r?primer la r?volte du g?n?ral M?risier Jeannis qui s’?tait mobilis? ? Jacmel contre son r?gime. Accompagn? de son escorte et de ses ministres, il quittait le Palais national ? 3 h 30 du matin. En traversant la grand-rue, le chef de l’?tat succomba de son cheval et mourut. L’autopsie op?r?e sur le cadavre r?v?la qu’il avait ?t? victime d’une congestion c?r?brale et d’un arr?t du coeur. Voir Jean Fouchard, <>, Revue de la Soci?t? Ha?tienne d’Histoire, de G?ographie et de G?ologie, 53e ann?e, Vol. 37, No 123, juillet 1979, pp. 20-40. Voir ?galement Alain Turnier, Avec Merisier Jeannis. Une tranche de vie jacmelienne et nationale, Port-au-Prince, Le Natal, 1982, notamment pp. 301-310.

[20] Voir Roger Gaillard, La R?publique exterminatrice. Premi?re partie : Une modernisation manqu?e (1880-1896), Port-au-Prince, Le Natal, 1984.

[21] Les commer?ants, hommes d’affaires, n?gociants consignataires, banquiers informels, en g?n?ral de nationalit? ?trang?re – en majorit? des Fran?ais et des Allemands et quelques Nord-Am?ricains – occupaient les bords de mer des grandes villes du pays (Port-au-Prince, Cap-Ha?tien, Gona?ves, Les Cayes, J?r?mie, Saint-Marc, Port-de-Paix). Ils s’adonnaient au commerce import-export, aux transactions financi?res et parfois au financement des hommes politiques de l’opposition comme investissement sur l’avenir.

[22] On doit se rappeler que la conversion de la dette publique est une mesure de gestion tendant ? r?duire le taux d’int?r?t ? servir aux pr?teurs.

[23] Leslie F. Manigat, ?ventail d’histoire vivante d’Ha?ti, Tome III : La crise de d?p?rissement de la soci?t? traditionnelle ha?tienne (1896-2003), Port-au-Prince, Collection du CHUDAC, 2003, p. 24.

[24] Joachim, Les racines du sous-d?veloppement en Ha?ti, [1979], Port-au-Prince, ?ditions de l’Universit? d’?tat d’Ha?ti, 2014, p. 255.

[25] Cit? par Fr?deric Marcelin, Finances d’Ha?ti, emprunt nouveau, m?me banque, Paris, Imprimerie Kugelmann, 1911, premi?re page de l’avant propos.

[26] Cette sentence n’a pas ?t? appliqu?e, tout au moins dans son int?gralit?. Voir Propos d’introduction de l’ouvrage de Fr?deric Marcelin, Finances d’Ha?ti, emprunt nouveau, m?me banque, Paris, l’imprimerie Kugelmann, 1911, Nouvelle ?dition par la Banque de la R?publique d’Ha?ti et la SHHGG, Port-au-Prince, 2013.

[27] Antoine Pierre-Paul, <>, Revue de la Soci?t? Ha?tienne d’Histoire, de G?ographie et de G?ologie, Vol. 22, No 81, avril 1951, pp. 5 et 6.

[28] Gusti-Klara Gaillard-Pourchet, <>, La R?volution fran?aise. Cahiers de l’Institut d’Histoire de la R?volution Fran?aise, [Online] : <>, Open ?ditions Journals, Vol. 16, 2019, p. 10/24.

[29] Les sieurs Marcelin Jocelin, ?mile Deslandes et Tertilus Nicolas ont ?t? mandat?s par le gouvernement pour aller discuter et d?fendre ces nouvelles dispositions.

[30] Le Conseil des secr?taires d’?tat avait autoris? le 29 ao?t 1908 le secr?taire d’?tat des finances ad interim, le g?n?ral Septimus Marius, ? signer deux contrats avec MM. Georges Yver de la Buchollerie, d?l?gu? de la Banque de l’Union Parisienne et L. Treitel, associ? de la maison Hallgarten & Cie de New York, repr?sentant ladite maison et les maisons Thalmann et Cie de New York, et la Berliner Handelsgesellschaft, de Berlin. Le premier contrat concernait un emprunt de 65 millions de francs, et le deuxi?me portait sur la cr?ation d’une banque d’?tat, la Banque Nationale de la R?publique d’Ha?ti. Voir Marcelin, Finances d’Ha?ti, p. 113. De l’emprunt de 65 millions de francs, le gouvernement ha?tien recevait ? peine 47 millions. L? encore, de cette somme, il a ?t? sp?cifi? dans le contrat d’emprunt paraph? entre le gouvernement ha?tien et la Banque de l’Union Parisienne, article 25, qu’en plus du montant des droits de timbres fran?ais ou ?trangers exigibles sur les titres de l’emprunt, droits que la Banque de l’Union Parisienne acquittera pour le compte du gouvernement ha?tien, il sera ?galement pr?lev? la somme n?cessaire pour rembourser ? l’actuelle BNH le montant, int?r?ts et capital, de sa cr?ance envers l’?tat ha?tien. Marcelin, Finances d’Ha?ti, p. 131. C’est bien ce montant que Marcelin calcule ? pr?s de 12 millions de francs.

[31] Le 14 octobre 1910, alors m?me que les contrats de la banque et de l’emprunt se discutaient au parlement ha?tien, le gouvernement des USA, via un M?morandum du D?partement d’?tat, notifiait de mani?re formelle ses objections. Le gouvernement des USA jugeait que ces contrats ?taient pr?judiciables aux int?r?ts am?ricains, nuisibles ? la souverainet? d’Ha?ti et injustes pour le peuple et le gouvernement d’Ha?ti. Ces critiques ont ?t? interpr?t?es par les parties comme une menace exprim?e par la nouvelle puissance du monde. Finalement, les parties engag?es dans les n?gociations trouv?rent un arrangement. La National City Bank a ?t? int?gr?e dans le cercle des investisseurs. D?s lors, le D?partement d’?tat retira ses objections, et les contrats furent ratifi?s sans modification. Les actions ont ?t? ainsi reparties : groupe fran?ais : 75 %, groupe nord-am?ricain : 20 % et groupe allemand : 5 %. Voir Suzy Castor, L’Occupation am?ricaine d’Ha?ti, Port-au-Prince, Imprimerie Henri Deschamps, 1988, p. 53 et Roger Gaillard, La R?publique exterminatrice. Antoine Simon ou la modification (d?cembre 1908 – f?vrier 1910), Port-au-Prince, Le Natal, 1998, pp. 141-143. Il est important de signaler la pr?sence de capitaux nord-am?ricains dans cette transaction financi?re en Ha?ti. Fait rarissime, l’?tat ha?tien avait souscrit ? une dette ? l’?tranger dont les capitaux ne provenaient pas totalement des banquiers fran?ais. Les USA ont marqu? leur pr?sence sur la sc?ne ? travers cette participation au sein de l’institution bancaire. ? une ?poque o? ce pays commen?ait ? montrer sa pr?pond?rance dans les affaires du monde, tant dans le domaine ?conomique et financier que dans le champ politique, diplomatique et militaire. Selon l’explication fournie par l’historien Leslie Manigat, l’h?g?monie nord-am?ricaine se substituera ? la supr?matie fran?aise. Voir Leslie F. Manigat, <>, Revue d’histoire moderne et contemporaine, octobre-d?cembre 1976, pp. 321-355. Le gouvernement ha?tien ?tait d?j? bien imbu de la nouvelle donne internationale. Au cours de la m?me ann?e 1910, le gouvernement d’Antoine Simon avait ?galement sign? des contrats de chemin de fer et de figue-banane. M. James McDonald, de nationalit? nord-am?ricaine, fut le principal investisseur dans le contrat du chemin de fer. Les deux contrats concomitants, celui du chemin de fer et celui de la figue-banane, ont ?t? sanctionn?s respectivement par la Chambre des d?put?s et le S?nat de la R?publique en ao?t 1910. ? bien consid?rer, en ce d?but du XXe si?cle, le gouvernement ha?tien avait coup? la poire en deux : d’un c?t?, la France a obtenu la majorit? des actions au sein de la BNRH et de l’autre, les USA ont obtenu l’exclusivit? des contrats pour l’emprunt des chemins de fer et de la figue-banane. ?COURTER LA NOTE.

[32] Le contrat de la banque a ?t? ent?rin? par le S?nat le 22 octobre 1910. Trois jours plus tard, soit le 25 octobre, le gouvernement a promulgu? deux contrats. L’un sur l’?mission d’un emprunt ext?rieur de 65 millions de francs et l’autre sur la cr?ation d’une nouvelle banque d’?tat, la BNRH. Voir Roger Gaillard, La R?publique exterminatrice. Antoine Simon ou la modification (d?cembre 1908 – f?vrier 1910), Port-au-Prince, Le Natal, 1998, pp. 142 et 143.

[33] Antoine Pierre-Paul a ?t? d?put? de la circonscription des Cayes. Il a publi? de nombreux ouvrages sur le gouvernement d’Antoine Simon, parmi lesquels on peut citer : ?v?nements qui ont amen? Antoine Simon au pouvoir, Port-au-Prince, ?dition Panorama, 1966 ; Antoine Simon : son av?nement (1908), son gouvernement, sa chute (1911), (pr?sentation par Michel Soukar), Port-au-Prince, C3 ?ditions, 2018.

[34] Pierre-Paul, <>, p. 21.

[35] Marcelin, Finances d’Ha?ti.

[36] De l’emprunt de 65 millions de francs, le gouvernement ha?tien recevait ? peine 47 millions. L? encore, de cette somme, il a ?t? sp?cifi? dans le contrat d’emprunt paraph? entre le gouvernement ha?tien et la Banque de l’Union Parisienne, selon l’article 25, qu’en plus du montant des droits de timbres fran?ais ou ?trangers exigibles sur les titres de l’emprunt, droits que la Banque de l’Union Parisienne acquittera pour le compte du gouvernement ha?tien, il sera ?galement pr?lev? la somme n?cessaire pour rembourser ? l’actuelle BNH le montant, int?r?ts et capital, de sa cr?ance envers l’?tat ha?tien. Marcelin, Finances d’Ha?ti, p. 131. C’est bien ce montant que Marcelin calcule ? pr?s de 12 millions de francs.

[37] Marcelin, Finances d’Ha?ti, p. 83.

[38] Le fait nouveau dans la constitution de la BNRH : le capital financier originaire des ?tats-Unis d’Am?rique avait obtenu de force une participation. Une telle participation ?tait pr?visible. Apr?s les ?v?nements de 1898, la Guerre Cubano-Hispano-Am?ricaine qui ont fait des USA une puissance internationale, vu l’importance de la g?ographie dans les relations internationales, le poids de plus en plus consid?rable des USA dans le monde et dans la r?gion des Cara?bes en particulier, les capitalistes et les financiers nord-am?ricains ont tout fait pour obtenir une participation quelconque dans le remodelage d’une institution aussi importante que la banque en Ha?ti ; et ils l’ont obtenu. Il est ?vident que d?s la fin du XIXe si?cle, les financiers et les banquiers de Wall Street avaient les yeux tourn?s sur la r?gion des Cara?bes et sont parvenus ? la <>, sous plusieurs aspects. La diplomatie du dollar y ?tait pour quelque chose. Sur cette question, voir le travail de Peter James Hudson, Bankers and Empire. How Wall Street Colonized the Caribbean, Chicago, The University of Chicago Press, 2017. Cette <> nord-am?ricaine repr?senta un fait rarissime. L’?tat ha?tien avait souscrit ? un emprunt ext?rieur dont les capitaux ne provenaient pas totalement des banquiers fran?ais. Quelque chose de nouveau s’annon?ait. Selon l’explication fournie par l’historien Leslie Manigat, l’h?g?monie nord-am?ricaine se substituera bient?t ? la supr?matie fran?aise. Voir Leslie F. Manigat, <>, Revue d’histoire moderne et contemporaine, octobre-d?cembre 1976, pp. 321-355. De son c?t?, le gouvernement ha?tien ?tait bien imbu de la nouvelle donne internationale, suite ? la Guerre Cubano-Hispano-Am?ricaine de 1898 remport?e par les USA. Au cours l’ann?e 1910 au cours de laquelle la France a obtenu le contrat de la BNRH, le gouvernement d’Antoine Simon avait octroy? le contrat du chemin de fer et celui de la figue-banane ? M. James McDonald, de nationalit? nord-am?ricaine. Les deux contrats ont ?t? sanctionn?s par la Chambre des D?put?s et le S?nat de la R?publique en ao?t 1910. Que faut-il comprendre ? En ce d?but du XXe si?cle, le gouvernement ha?tien avait coup? la poire en deux : d’un c?t?, la France demeura avec la majorit? des actions au sein de la BNRH, de l’autre c?t?, les USA obtinrent l’exclusivit? des contrats pour les chemins de fer et de la figue-banane.

[39] Marcelin, Finances d’Ha?ti, p. 83.

[40] Comme illustration de ce fait, voir Gusti Gaillard, L’exp?rience ha?tienne de la dette ext?rieure ou une production caf?i?re pill?e (1875-1915), Port-au-Prince, Imprimerie Henri Deschamps, 1991.

[41] Il est ? noter que la France a impos? l’ordonnance en 1825, assortie de la fameuse indemnit?. C’est la dette pour la reconnaissance diplomatique de l’ind?pendance. Pour payer cette dette, Ha?ti a ?t? oblig?e d’emprunter de l’argent sur le march? financier de la France. C’est la double dette de l’ind?pendance.

[42] La conjoncture de 1910-1911 ?tait symptomatique d’un profond malaise dans la soci?t? ha?tienne. Les secteurs vuln?rables de la soci?t?, en particulier les paysans et les cultivateurs, subissaient les contrecoups de la crise politique et ?conomique. Si en 1910-1911, la cr?ation de la nouvelle banque pouvait susciter, tant soit peu, des espoirs au sein de l’?lite au pouvoir, les classes subalternes n’avaient pas d’alternative. En 1911, une ann?e-marqueur des luttes sociopolitiques, commen?a le d?clenchement d’une mobilisation sociale des classes subalternes qui ne s’arr?ta qu’? l’occupation politique et militaire du pays par les USA. En 1911, d?buta, comme au temps du pr?sident Sylvain Salnave (1867-1867), la remobilisation des Cacos ou le soul?vement des paysans du Nord et du Nord’Est du pays notamment, revendiquant de meilleures conditions d’existence. Leurs revendications s?culaires ont ?t? noy?es par des politiciens v?reux, g?n?raux de l’arm?e et seigneurs de la guerre luttant entre eux pour le pouvoir. Ces derniers utilisaient le client?lisme politique existant dans les relations sociales et les r?seaux de production et de l?gitimation pour parvenir au pouvoir. Les revendications des classes subalternes rest?rent insatisfaites.

[43] Cette h?g?monie a ?t? assum?e dans le contexte de la Premi?re Guerre mondiale (1914-1919), mais les autorit?s des USA montraient d?j? leurs ambitions depuis la fin des ann?es 1800, par exemple dans la conqu?te de la mer des Cara?bes, comme les travaux d’Alfred Thayer Mahan peuvent en t?moigner. Voir Alfred. T. Mahan, Influence of Sea upon History, 1660-1805, (nouvelle ?dition), Englewood Cliffs, N.J., Prentice-Hall, 1980. Pour le cas d’?tude sp?cifique ? Ha?ti, voir Watson Denis, “Miradas de mutua desconfianza entre dos rep?blicas americanas: el expansionismo americano frente a la francofilia haitiana, 1888-1898)”, th?se de doctorat, publi?e par University Microfilms Internationmal (UMI), Ann Arbor, Michigan, USA, 2004. Du m?me auteur, consulter “La francophilia haitiana: or?genes y manifestaciones, nacionalismo y politica extrior”, Secuencia, No 76, janvier-avril 2007, pp. 91-139.

[44] On peut toujours faire le calcul ou l’analyse de la diff?rence. Apr?s la perte de Saint-Domingue face ? l’arm?e indig?ne dirig?e par le commandant en chef, le g?n?ral Jean-Jacques Dessalines, la France avait d?cid? en 1803 de vendre la Louisiane, colonie de la France en Am?rique du Nord, aux ?tats-Unis d’Am?rique pour la somme de 15 millions de dollars, soit 80 millions de francs. Apr?s la vente, la transaction ?tait bel et bien termin?e. Pour Ha?ti, issue d’un mouvement r?volutionnaire triomphateur, la France exigea, imposa ? la pointe des ba?onnettes une indemnit? unilat?rale de 150 millions de francs-or ? payer en 5 annuit?s. Le paiement de cette indemnit? abusive devait courir jusqu’? la fin du XIXe si?cle. Deux poids, deux mesures. En 1825, la France resta et demeura une puissance esclavagiste et colonialiste !

[45] Beno?t Joachim, <>, La pens?e, No 156, avril 1971, pp. 19-32. Voir ?galement de cet auteur, qui s’est sp?cialis? dans les relations commerciales entre Ha?ti et la France, <>, Revue historique, No 500, Paris, d?cembre 1971, pp. 359-376 et <>, Annales, ?conomies, Soci?t? et Civilisation, No 6, Paris, d?cembre 1972, pp. 1497-1525

[46] Joachim, Les racines du sous-d?veloppement, [1979], Port-au-Prince, ?ditions de l’Universit? d’?tat d’Ha?ti, 2014, p. 252.

[47] Jean-Price-Mars, La vocation de l’?lite, 1919, cit? par Pascale Berloquin-Chassany, Ha?ti, une d?mocratie compromise (1890-1911), Paris, L’Harmattan, 2004, p. 114.

[48] Je profite de la publication actuelle du num?ro 2018-2019 de la Revuepour ?tendre mes r?flexions sur la s?rie de dettes publiques d’Ha?ti, en particulier celle de 1825. Ce faisant, je tiens ? souligner les relations existantes entre les dettes publiques d’Ha?ti du XIXe si?cle et son bas niveau actuel de d?veloppement socio-?conomique. C’est l’historien britannique Eric Hobsbawn, l’un de mes historiens pr?f?r?s, qui a ?crit dans un article devenu c?l?bre ce que l’histoire peut nous enseigner sur la soci?t? contemporaine. Voir Eric Habsbawn, <>, On History, New York, The New Press, 1997, pp. 24-36. Voir, du m?me auteur, dans le m?me ouvrage, <>, pp. 228-240. Il arrive qu’on confonde histoire et pass?. Certes, l’histoire se r?f?re au pass? des soci?t?s, aux mutations, aux changements et aux relations entre les individus dans le temps et l’espace, mais l’histoire n’a de sens v?ritable que pour les g?n?rations contemporaines. En ce sens, l’histoire inscrit son champ dans le pr?sent, et les historiens, de chaque g?n?ration, font l’histoire de leur propre g?n?ration suivant les probl?mes quotidiens auxquels les soci?t?s sont confront?es. Sur cette question mise en d?bat, voir Watson Denis, <>, Ha?ti, changer le cours de l’histoire, Publications du Centre Challenges, Port-au-Prince, C3 ?ditions, pp. 11-22.

[49] Cette loi est commun?ment appel?e <>.

[50] Voir Tontongi : <>, AlterPresse, 30 ao?t 2010.

[51] Voir Marl?ne Daut, “When France Extorted Haiti. The Greatest Heist in History”, The Conversation, 30 June 2020 (actualis? le 8 juillet 2021). Cet article a ?t? publi? en fran?ais et largement diffus? dans les m?dias en Ha?ti et ailleurs. Cette professeure d’Universit? a ?galement publi? sur la m?me th?matique : “France Pulled Off One of the Greatest Heists Ever. It Left Haiti Perpetually Impoverished”, Miami Herald, 15 July 2021..

[52] Voir l’interview de Thomas Piketty ? Thomas Lalime, <>, Le Nouvelliste, 20 janvier 2020. Quelques mois plus tard, ce m?me ?conomiste, a accord? un entretien au journal L’Observateur dans lequel il a d?clar? que <>. Voir L’Observateur, Paris, France, 15 avril 2021, pp. 52-54.

[53] Voir Gusti-Klara Gaillard-Pourchet, <>, Le Nouvelliste, 12 ao?t 2021.

[54] Document reproduit par Thomas Madiou, Histoire d’Ha?ti, Tome VI (1819-1826), Port-au-Prince, ?ditions Henri Deschamps, 1988, pp. 448, 449.

Watson Denis, Ph. D.