Ultime semaine avant un Mondial ? nul autre pareil

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Le football de clubs est en pause, les stars s’envolent vers le Qatar o? le troph?e est arriv?: dimanche d?bute le premier Mondial de football dans le monde arabe, le premier aussi ? susciter autant de critiques, sur l’environnement ou les droits humains.

Organis? ? l’automne pour ?viter les chaleurs insupportables, le Mondial-2022 s’ouvrira par un Qatar-Equateur in?dit dans le stade d’Al Bayt, ? une quarantaine de kilom?tres au nord de la capitale.

Le pays-h?te, ? la faible tradition footballistique, en saura plus sur ses chances de passer la phase de poules d’une comp?tition que le tenant du titre, la France, entamera contre l’Australie le 22 novembre. Apr?s quasiment six mois de pr?paration ? huis-clos en Europe, la s?lection qatarie vient de rentrer au pays, o? les s?lections arrivent au compte-gouttes.

Beaucoup ont encore jou? ce week-end, ? l’instar des stars du Paris-SG, le Br?silien Neymar, le Fran?ais Kylian Mbapp? ou l’Argentin Leo Messi, qui a ?t? acclam? lundi par des milliers de personnes lors d’un entra?nement public de sa s?lection ? Abou Dhabi, dans l’?mirat voisin du Qatar.

Ces t?tes d’affiche du football mondial seront bien l?. En revanche les champions du monde fran?ais, d?j? priv?s de leurs milieux Paul Pogba et N’Golo Kant?, devront faire sans leur d?fenseur central Presnel Kimpembe, “insuffisamment r?tabli” d’une blessure.

Les derni?res listes des s?lections ont ?t? annonc?es lundi, comme celle de l’Iran qui jouera un match historique contre les Etats-Unis. La star Zardar Azmoun, qui s’?tait bless?e, critique de la r?pression du mouvement de contestation dans son pays, sera du voyage. Tout geste symbolique des joueurs de la “Team Melli”, arriv?e lundi, sera observ? de pr?s lors de leur premi?re apparition, contre l’Angleterre le 21.

D’autres grands noms sont retenus sans savoir s’ils tiendront leur rang, diminu?s par des blessures, comme Sadio Man? (S?n?gal), Son Heung-min (Cor?e du Sud) ou Romelu Lukaku (Belgique).

Et pour son ultime Mondial, quel visage montrera le Portugais Cristiano Ronaldo, qui vit un chemin de croix avec Manchester United ?

Investissements pharaoniques

Des d?buts sans loup?s d’organisation seraient une premi?re victoire pour le petit ?mirat gazier du Golfe, qui a d? affronter de nombreuses critiques depuis qu’? la surprise g?n?rale, la Fifa l’a pr?f?r? aux Etats-Unis en d?cembre 2010.

Ce choix a n?cessit? des investissements hors-normes, ?valu?s par certaines sources autour de 200 milliards d’euros.

Apr?s les accusations de corruption, vinrent les attaques sur l’impact environnemental de cet ?v?nement. Les m?dias occidentaux ont insist? sur l’absurdit? de stades climatis?s.

Mais c’est surtout la construction des stades de 40 ? 80.000 places (sept construits enti?rement, un huiti?me enti?rement r?nov?) qui p?sera, selon les ONG qui ne croient pas ? l’objectif affich? de neutralit? carbone.

‘Juste de football ‘

Dans la derni?re ligne droite, les attaques les plus virulentes, venues principalement d’Europe occidentale, ont port? sur les droits humains au Qatar.

“Nos relations avec ces pays doivent ?tre reconsid?r?es apr?s la Coupe du monde. Ils veulent nous faire ?chouer apr?s tous les efforts d?ploy?s et tout l’argent d?pens?”, a mis en garde dans une interview ? la presse locale l’ancien ministre de l’Energie et de l’Industrie, Abdullah bin Hamad Al Attiyah.

Le sort des travailleurs migrants, rouages essentiels d’un pays o? les Qataris ne repr?sentent que 10% des trois millions d’habitants, a ?t? point? du doigt, certaines ONG avan?ant le chiffre de milliers de morts sur les chantiers, bilan que Doha d?ment avec vigueur.

Autorit?s qataries et Fifa insistent sur les progr?s sociaux en un temps record, avec l’instauration d’un salaire minimum (environ 270 euros mensuels), de sanctions contre les employeurs qui ne le versaient pas, et un d?mant?lement du syst?me de parrainage qui obligeait tout salari? ?tranger ? obtenir l’autorisation de son employeur pour d?missionner.

A plusieurs reprises, Amnesty International et Human Rights Watch ont exhort? la Fifa ? verser une compensation financi?re aux travailleurs qui ont construit les stades.

Le traitement des personnes LGBTQ+ est un autre sujet d’inqui?tude dans un pays conservateur o? homosexualit? et relations sexuelles hors mariage sont criminalis?es, m?me si les autorit?s ont assur? qu’elles seraient accueillies sans discrimination. Les capitaines de huit s?lections, dont la France, ont annonc? qu’ils porteraient un brassard ? bandes color?es contre les discriminations.

Pas s?r que l’initiative plaise au pr?sident de la Fifa Gianni Infantino, qui a intim? aux 32 s?lections de ne plus “donner de le?ons de morale”.

Il sera rass?r?n? par les Australiens, qui avaient publi? sur les r?seaux sociaux une vid?o tr?s critique le 27 octobre. “Ce que nous avons dit dans cette vid?o a ?t? dit, ce qui devait ?tre entendu a ?t? entendu, et maintenant tr?s franchement, nous nous occupons juste du football, on ne parle plus vraiment de tout ?a”, a ?vacu? d’embl?e lundi leur attaquant Mitchell Duke.

“Je peux ?tre d’accord ou pas avec leurs id?es mais je dois montrer du respect” au Qatar, a pour sa part d?clar? lundi le capitaine des Bleus Hugo Lloris, interrog? au sujet du brassard inclusif.

AFP

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