Un autre 12 janvier, pas assez de bonnes nouvelles

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Ce 12 janvier ram?ne l’anniversaire du terrible tremblement de terre de 2010. C’est le temps de nous rappeler ses morts par milliers, son cort?ge de destruction, la fin d?finitive de l’h?g?monie du centre-ville de Port-au-Prince comme ?picentre de la zone m?tropolitaine, l’entr?e de la grande corruption en Ha?ti avec la communaut? internationale qui soustrait l’argent de la reconstruction et les autorit?s ha?tiennes qui pulv?risent le fonds PetroCaribe.

Treize ans plus tard, les ravages de la catastrophe initi?e le 12 janvier 2010 continuent de se propager en cercles concentriques. Chaque jour, depuis le 12 janvier 2010, un nouveau secteur est affect?, une nouvelle zone est frapp?e, un pan du pays s’enfonce. Les catastrophes que nous connaissons sont naturelles et humaines. Nous ne nous sommes toujours pas relev?s pour sortir du chemin de croix commenc? ce jour-l?.

Les mauvaises nouvelles nous assaillent. Les raisons de se r?jouir sont rares. Le cycle ne s’arr?te pas. Le cirque qui l’accompagne non plus. Les responsables ? tous les niveaux font des promesses mais ne font rien pour les tenir.

A la Une de cette ?dition du Nouvelliste un exemple parfait de l’engrenage des catastrophes qui broie l’espoir de la reconstruction : le cas compar? de l’H?pital de l’Universit? d’Etat d’Ha?ti avec celui de l’H?pital Universitaire de Mirebalais.

Deux projets, deux gestions diff?rentes et deux destins oppos?s, dans le m?me secteur, celui de la sant?, dans le m?me pays meurtri, Ha?ti. Les deux h?pitaux devaient s’?pauler, l’un devait prendre exemple sur l’autre, il n’en n’est rien.

A Mirebalais, est sorti de terre un h?pital flambant neuf, ? Port-au-Prince, le principal h?pital du pays est encore un chantier qui accumule les retards.

La multinationale Digicel, apr?s le 12 janvier 2010, d?s 2011, avait lanc? les rendez-vous du 12 janvier avec une s?rie d’inaugurations. Une, deux inaugurations plus tard, la compagnie a cess? d’importuner les autorit?s ha?tiennes et la soci?t? ha?tienne en g?n?ral car rien de marquant pour souligner la reconstruction ne venait des acteurs locaux. Nous, les Ha?tiens, avons extirp? toute signification au 12 janvier. Il ne sert ni comme une date-souvenir pour marquer le deuil ni comme une date-levier pour symboliser la reconstruction.

On a transform? le 12 janvier comme le 1er janvier en temps d’une c?r?monie ? la sauvette.

Et encore heureux.

Le 12 janvier aurait pu finir comme le 7 f?vrier.

Le s?isme a ?t? une catastrophe en 2010, la trag?die est permanente. Le mat?riau humain ha?tien se r?v?le ces temps-ci plus friable que nos murs.

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