Une hausse du carburant est-elle la bienvenue ?

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Le d?cor est plant? pour une nouvelle semaine de tensions ? Port-au-Prince et quasiment dans le tout pays apr?s une premi?re semaine tr?s agit?e marqu?e par des sc?nes de violences et de pillages sur tout le territoire. Le moment de r?pit observ? du vendredi 16 au dimanche 18 septembre s’est achev? dans la soir?e du dimanche apr?s la prise de parole du Premier-ministre Ariel Henry. Ce dernier, ? travers ses d?clarations, non seulement ne montre aucune vell?it? de revenir sur sa d?cision d’augmenter exag?r?ment les prix des carburants mais aussi n’a pas trop tenu compte de la situation de faim, d’ins?curit? et de mis?re dans laquelle patauge la grande majorit? de la population.

En annon?ant l’augmentation de 250 ? 570 gourdes pour la gazoline, de 335 ? 570 gourdes pour le diesel et de 352 ? 565 pour le k?ros?ne le 11 septembre 2022, le gouvernement n’a fait que rallumer la flamme de la mobilisation au sein d’une population d?j? frapp?e par les 12 plaies d’Egypte. Et les mouvements violents de protestation enregistr?s au cours de la semaine derni?re n’ont pas suffi pour dissuader le chef du gouvernement ? faire machine arri?re sur cette d?cision qui risque de faire des torts irr?parables ? une frange importante de la population croulant sous le poids d’une inflation galopante.

Personne n’ignore la relation ?troite existant entre le carburant et le cout de la vie. D’ailleurs les premiers pics de l’inflation pour l’ann?e en cours ont commenc? avec les derniers ajustements de l’essence en d?cembre et se sont accentu?s avec la guerre en Ukraine. Jointe ? l’ins?curit? g?n?r?e par les gangs arm?s qui, d’une part, handicape grandement le commerce interr?gional paralysant le va et vient des ”Madan Sara” et d’autre part, cr?e une raret? de produits de premi?re n?cessit? dans certaines r?gions du pays dont le grand Sud. En effet, cette r?gion enregistre depuis plusieurs mois le plus haut taux d’inflation dans le pays.

Cette augmentation du prix des produits p?troliers annonc?e par le Premier-ministre Ariel et support? par une partie du secteur priv? des affaires, aussi b?n?fique qu’elle puisse ?tre pour l’?conomie, ne sera pas sans effet sur les couches d?favoris?es du pays. Abandonn?es par l’Etat central, englu?es dans le ch?mage et ne b?n?ficiant d’aucune protection sociale, elles seront les premi?res victimes de la hausse imminente du prix du gaz ? la pompe.

En outre, quand on combine la hausse des prix des produits p?troliers en d?cembre derniers ? celle annonc?e par l’actuel gouvernement, cela donne une augmentation totale de 183,5% (201 ? 570 gourdes) sur la gazoline ; une augmentation de 296,6% (169 ? 670 gourdes) sur le diesel et une augmentation de 307,9% (163 ? 665 gourdes) sur le k?ros?ne.

N’est-ce pas un fardeau trop lourd ? porter pour une population dont 5. 6 millions vivent d?j? dans l’ins?curit? alimentaire, selon des donn?es vulgaris?es par l’ONU, le mois dernier. Quand on se rappelle qu’au d?but de l’ann?e en cours, le nombre d’Ha?tiens concernes par l’ins?curit? n’?tait que de 4,6 millions, il y a lieu de se faire du souci. Car, en d’autres termes, c’est environ un million d’Ha?tiens qui se sont appauvris en moins d’un an sous le poids du ch?mage, de l’ins?curit? et de l’inflation.

Dans de pareilles conditions, peut-on souhaiter une hausse aussi prononc?e du carburant en Ha?ti ?

Cyprien L. Gary

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