Une ?p?e de Damocl?s suspendue sur Ha?ti, pr?vient Jean Baden Dubois

The content originally appeared on: Le Nouvelliste

? la fois en proie ? l’instabilit? politique, l’ins?curit?, l’inflation galopante, ins?curit? alimentaire, le kidnapping, etc., Ha?ti doit encore craindre des sanctions du Groupe d’action financi?re (GAFI) ? en croire le gouverneur de la Banque de la R?publique d’Ha?ti (BRH), Jean Baden Dubois, qui intervenait le lundi 22 ao?t au centre de convention de ladite banque. Selon le gouverneur, aux nombreuses crises qui touchent Ha?ti, il faut ajouter cette ?p?e de Damocl?s suspendue sur le pays ? travers sa nouvelle classification sur la liste grise du Groupe d’action financi?re des Cara?bes (GAFI).

Depuis plusieurs ann?es, les autorit?s ha?tiennes se font souvent remonter les bretelles par cette entit?, le GAFI, ? cause de ses mauvaises performances dans la lutte contre le blanchiment. Depuis le mois de mars dernier, Ha?ti fait partie d’une vingtaine de pays juridictions dont le r?gime de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolif?ration pr?sente des d?faillances. Pour m?riter la confiance du GAFI et retrouver sa place au sein de cette entit?, Ha?ti a promis de faire les r?formes n?cessaires.

<>. Pour donner une id?e de ce que cela peut repr?senter en termes de sanctions, le gouverneur de la BRH explique que <>.

Ce qui revient ? dire que si Ha?ti devrait ?tre frapp?e par une telle sanction, aucune banque ?trang?re ne va accepter d’effectuer des transactions avec les banques ha?tiennes. Les exportations et les transferts d’argent vers Ha?ti, entre autres, seront tout simplement coup?s. Ce qui aurait des cons?quences encore plus d?vastatrices sur le pays que le s?isme du 12 janvier 2012.

Accompagn? par les autres membres du conseil d’administration de la BRH au cours de cette conf?rence qui visait ? apporter un ?clairage sur la situation ?conomique difficile du pays, les diff?rents d?fis auxquels font face les dirigeants, les d?cisions de politiques mon?taires adopt?es par ces derniers et les responsables de l’Etat en g?n?ral pour y faire face, Jean-Baden Dubois a profit? pour rappeler quelques faits qui sont ? la base de la situation actuelle. Il a notamment cit? : les troubles sociopolitiques qui ont cr?? un climat d’ins?curit? depuis la p?riode <> avec de effets n?fastes sur l’?conomie ;

La pand?mie de la covid-19 a aussi contribu? ? asphyxier l’?conomie.

Les mouvements des gangs arm?s qui ont coup? Port-au-Prince de quatre d?partements du pays. La s?paration de ces quatre d?partements (Sud-Est, Nippes, Grand’Anse, Sud) qui constituent le grenier du plus grand centre de consommateurs du pays, Port-au-Prince a une r?percussion n?gative sur l’?conomie.

Continuant sur sa lanc?e, le gouverneur a fait remarquer qu’au cours des 20 derni?res ann?es, l’?conomie ha?tienne n’a pas cr?? quatre mille emplois. Alors que pendant ce m?me laps de temps, plus de 4 millions d’Ha?tiens sont n?s dans le pays. Autrement dit, plus de bouches ? nourrir pour un pays devenu plus pauvre.

La psychose de peur cr??e par les vagues de kidnapping et d’assassinats spectaculaires dans le pays oblige beaucoup d’Ha?tiens ? rester chez eux. Ce qui a un impact n?gatif sur la consommation de biens et de services ; le tourisme int?rieur n’existe pratiquement plus. Cela favorise ?galement un exode de professionnels qualifi?s vers d’autres cieux plus cl?ments (?tats-Unis, Canada, R?publique dominicaine).

Cet exode massif de concerne pas seulement les professionnels, poursuit l’intervenant principal de la conf?rence. Beaucoup d’?tudiants universitaires ont choisi d’h?berger en R?publique dominicaine ces derni?res ann?es. Selon le gouverneur Jean-Baden Dubois, le d?part de ces professionnels et ?tudiants va avoir un effet n?gatif sur la performance des travailleurs. ? cela, il faut aussi ajouter la d?localisation de centaines de familles oblig?es de se mettre ? couvert sous la menace des bandits semant la terreur un peu partout.

Parfois la d?localisation se fait d’une zone ? une autre dans le pays mais aussi elle se fait vers un autre pays. Cette situation affecte le pays de deux fa?ons. Tout d’abord, elle affecte les familles qui doivent envoyer des devises pour permettre aux d?localis?s de continuer ? survivre l? o? ils sont. D’autre part, ces devises qui, en temps normal, ?taient destin?s ? Ha?ti, sont depuis quelque temps transf?r?es vers d’autres pays, g?n?ralement la r?publique voisine.

La hausse du prix du carburant a occasionn? une hausse d?mentielle des prix des produits de premi?re n?cessit? sur le march? ha?tien. Ce qui fait que pour la m?me quantit? de produits on doit disposer de deux fois plus d’argent. Qui plus est, dit le gouverneur, l’acc?s au port, ? la douane de Port-au-Prince est devenu un calvaire, ce qui rend encore plus difficile le captage des ressources. ? cela s’ajoute la quantit? effarante d’armes de guerre qui entre au pays par nos ports.

Ce sont tous ces faits que le gouverneur a pris le soin d’?num?rer avant de peindre la situation macro?conomique tr?s ?pineuse du pays. Tout cela une id?e de la dimension des d?fis auxquels le pays doit faire face avant de se lancer sur la route de la croissance durable.

Cyprien L. Gary

R?agir ? cet article

Please enable JavaScript to view the comments powered by Disqus.