Vers une nouvelle solution importee, BINUH ou autre, helas !

A quelques jours de la fin du mandat des Nations Unies en Haiti, exerce a travers le fameux Bureau integre des Nations Unies en Haiti (BINUH), on ne sait pas ce que Haiti souhaite, espere ou attend de cette mission onusienne.

Le gouvernement penche-t-il pour un renouvellement tel quel du BINUH ? Prefere-t-il la fin de la mission ? Une redefinition du mandat ? Une mission avec d’autres moyens pour l’aider a faire face aux problemes du pays ? On n’en sait rien.

Comme souvent, a la derniere minute, Haiti adoptera la position des concepteurs et supporteurs du BINUH.

Il faut dire que la classe politique et la societe civile ne sont pas plus proactives. Depuis toujours, l’avenir du pays ne les concerne que dans une perspective de prise du pouvoir. <>, est la philosophie de nos acteurs du changement.

Ce n’est ni l’efficacite ni l’inutilite ni la transformation du BINUH qui preoccupe les hommes et femmes qui occupent ou lorgnent le pouvoir en 2021.

Nos elites- tous secteurs confondus- ecrivent tranquillement comme d’autres, avant eux et avec eux, de beaux chapitres sur l’incapacite chronique a prendre en charge l’avenir du pays. Helas !

Pendant que les Haitiens peinent a s’entendre sur les plus petits denominateurs communs, des pays amis appuient le renouvellement de l’appendice onusien. Ils trouvent le travail du BINUH extraordinaire. La poursuite de sa presence en Haiti est necessaire, selon eux.

Effectivement, le BINUH a accompagne, jusqu’a sa mort, toutes les mauvaises decisions du president Jovenel Moise. Il en a meme provoque certaines comme le projet de nouvelle constitution qui vise a faire du prochain president d’Haiti un dictateur parfait. Il n’a encore propose aucune solution a un probleme confronte par les Haitiens. Le BINUH est parfait dans son role de fossoyeur au chevet d’un pays a l’agonie.

Dans les jours qui viennent, le 18 octobre, un sous-secretaire general adjoint de l’ONU, Gille Michaud, charge de la surete et de la securite, sera dans nos murs. Il fera sans doute de nouvelles promesses et assurera premier ministre et forces politiques de tout le soutien du Palais de verre de New York, ou siege, sur les bords de l’East River, l’organisation mondiale.

Les promesses suffiront, comme a chaque fois, pour rassurer les autorites haitiennes et enfoncer encore plus le pays dans la crise.

L’ONU avance en Haiti tete baissee avec le Core group alors qu’elle doit faire un turnover de son personnel et une revision generale de ses politiques. L’ONU en Haiti doit reinventer sa mission, se questionner sur ses resultats, mais c’est trop demander a l’auguste tuteur.

Le renouvellement attendu du mandat de l’ONU pour gerer, cogerer, digerer Haiti intervient alors que dans toute l’Amerique latine des cris reclament une prise en charge regionale de la crise haitienne. De la crise migratoire provoquee par les Haitiens qui votent avec leurs pieds, esperance en bandouliere, en mettant le cap sur les Etats-Unis ou vers tout pays plus accueillant que le leur.

L’ONU, organisation mondiale, et les pays du Core Group ont echoue. L’Organisation des Etats americains (OEA), membre du Core Group, a echoue. Mais les presidents des pays de la region reclament une solution regionale a la crise haitienne…

Cette crise migratoire de 2021, dont la cause principale est comme souvent les mauvaises conditions de vie en Haiti a cause de la mauvaise gouvernance locale, finira, au train ou va la classe politique, par provoquer une stabilisation dans le pire et une legitimation de la mauvaise gouvernance comme seule issue possible au chaos haitien.

Avec un gouvernement qui pense que ne rien faire c’est bien faire, avec des opposants qui croient que rien de bon ne peut se faire sans eux, le changement en Haiti n’est pas pour demain.

Nous sommes les premiers responsables de nos malheurs et les seuls a patir de notre situation. Il faut le savoir, le reconnaitre et l’admettre pour pouvoir commencer a reclamer plus et mieux de nos amis comme de nos dirigeants et aspirants gouvernants.

Haiti, ses amis et tuteurs, doivent s’astreindre a commencer l’ecriture des prochaines solutions par une vraie autocritique de chacun. Mais c’est, sans aucun doute, trop demander.

Helas !